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MESURE DU GONFLEMENT DE LA LAINE

Nous n'avons pas trouvé, dans la littérature, d’essais systématiques sur le gonflement de la laine; c’est pourquoi nous avons entrepris l’étude de cette question. Nous nous sommes d’abord préoccupés de mettre sur pied une méthode de mesure du gonflement de cette fibre.

L'irrégularité de la section de la fibre de laine, sa structure ondulée, frisée, écaillée, ne se prêtent pas à des mesures directes des variations de dimensions linéaires, d’ailleurs peu accusées dans la majorité des cas.

Il n’est donc pas étonnant que les auteurs qui ont entrepris la détermination du gonflement de la laine en utilisant ces mesures n'aient abouti à aucun résultat (travaux de HARRISON) (2).

1° Nous avons essayé, en premier lieu, la méthode de sédimentation : dans ce but, nous avons mis un même poids de poudre de laine (Etablissements GOURBEYRE, de Montreuil), péalablement lavée à l'alcool, à l’éther, à l’eau

distillée et séchée à l'air, dans des tubes identiques, gra-

(1) Cf. Luers. Kolloïd Zeitschrift, p. 1 (1921).

(2) Harrison. Second Report on Colloid Chemistry, London (1919), p. 65.

dués et calibrés, en présence de liquides aqueux à réactions différentes ; nous avons agité, puis laissé reposer. La laine se mouille irrégulièrement, le dépôt se fait mal, les écarts enregistrés sont extrêmement petits vis-à-vis de ceux obtenus, dans les même conditions, avee de la poudre de gélatine, et on peut les rapporter aux erreurs expérimentales. Aussi avons-nous rejeté cette méthode, d'autant plus volontiers que nous ignorons tout des traitements par lesquels était passée la laine pour être amenée à l’état de poudre.

8° Nous avons expérimenté alors le turgomètre de Justin Mvuerrer (1). Cet appareil, qui a donné à son auteur des résultats intéressants dans le cas du coton, fournit, comme on le sait, une indication de la grandeur relative du gonflement d’une fibre, au moyen de la mesure de la contraction qui accompagne ce gonflement. L’élasticité naturelle des filés de la laine rend la méthode d’un emploi délicat ; d'autre part, les écarts enregistrés entre les « degrés turgométriques » sont insignifiants, à moins d’avoir recours à des températures élevées ou à des concentrations en acides et alcalis notables.

3° Nous sommes alors revenus à la vieille méthode de pesée de HorMEISTER, modifiée par KNOEVENAGEL, expérimentée avec plein succès, dans le cas des poudres de peau, par Meunier et CramBarDp, grâce à l'élimination totale de l’eau de capillarité (2).

Après quelques essais préliminaires, nous nous sommes

(1) Justin Muerzer. Loc.-cit.

Cozxixs et Wirrrams. Text. Inst., 14-287 T (1923). (2) HormeisTER. Loc.-cit.

Knævenacez. Kolloïd Beihefte, 1921, 1922, 1923, etc. Cowarp et Srencer. Textile Institute, t. x1v, p. 28 T (1923). Mæunrer et CHamBarp. J. Soc. Leather Trade Chem., t. 1x, p. 200 (1925).

arrêtés au mode opératoire suivant, que nous avons adopté pour nos déterminations.

L'échantillon (flotte, carré d’étoffe, mouchet), d'un poids voisin de deux grammes, préalablement mis à gonfler pendant un temps suffisant dans le liquide à l’étude, est placé sur une plaque de porcelaine percée de trous fins, disposée elle-même sur un rouleau de toile métallique occupant le fond d’un tube de centrifugeuse.

Le tube étant soigneusement bouché, on élimine l’eau de capillarité, retenue en quantité importante, par une centrifugation de cinq minutes à 2.500-3.000 tours (rayon de giration des échantillons : 14-15 centimètres).

On essuie le tube extérieurement et on le pèse. On enlève l’échantillon et pèse à nouveau pour avoir, par différence, le poids de la fibre gonflée. L'expérience nous a montré que, dans les essais en grande série, on pouvait gagner beaucoup de temps, sans risque d'entraîner d’erreur appréciable, en déterminant le poids de la fibre gonflée après transvasement des échantillons dans des pèsefiltres tarés, à condition, évidemment, que cette dernière opération soit effectuée vivement.

Le poids sec à l’absolu des échantillons peut se déduire du poids brut initial, connaissant le taux d'humidité de la laine en expérience, mais il est plus précis de le déterminer à la fin de l'essai, après lavage prolongé des échantillons gonflés, à l’eau distillée, et dessication à 105° à l’étuve électrique.

Comme nous avons généralement opéré avec des liqui- . des aqueux, nous n'avons jamais desséché la laine avant les expériences de gonflement, car des essais spéciaux nous ont révélé qu'une action prolongée de la chaleur sèche faisait tomber le pouvoir de gonflement de la laine d'une manière assez notable.

Le procédé décrit est simple, rapide, précis, mais 1l présente l'inconvénient de ne‘pouvoir s'appliquer à des températures qui diffèrent notablement de la température ambiante; cela est regrettable, car il est vraisemblable qu'on aurait quelques renseignements précieux sur le rôle important que joue la température dans les phénomènes de teinture, notamment dans le cas des tissus mixtes.

Voici, sous forme de tableau, les résultats de quelques expériences qui feront ressortir la constance de la mé-

thode :

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