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RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

Dans la première partie de notre travail, nous avons étudié les modifications physiques et chimiques subies par la laine sous l'influence des rayons ultra-violets

1° Nous avons montré qu'au point de vue physique la laine insolée perdait son élasticité, sa fluorescence et sa double réfraction ; sa tension superficielle de contact diminue, sa solubilité dans l’eau et les alcalis augmente.

2° Au point de vue chimique, nous avons pu nous rendre compte que, sous l’action des rayons ultra-violets, la labilité du soufre de la laine était considérablement accrue et que le soufre libéré était transformé principalement en acide sulfureux.

Les faits ont été mis en évidence par toute une série de réactions : réaction à la quinone, réaction à l’alloxane, réaction à la ninhydrine, réaction aux dérivés nitrés. En particulier, la réaction à la quinone a été étudiée d’une manière approfondie et nous avons montré l'identité qu’il y avait entre l’action de ce réactif sur une laine insolée et son action sur une laine blanchie au soufre, contenant, par conséquent, encore de l’acide sulfureux.

Nous avons étudié les modifications apportées par l’action de la lumière sur la laine au point de vue de ses propriétés tinctoriales.

Nous avons enfin observé que Les pointes de laine, recevant sur le dos de l’animal plus de lumière que le reste de la fibre, se comportaient différemment vis-à-vis des réactifs précités.

L'ensemble des modifications que subissent les propriétés de la laine sous l’action de la lumière conduit à la considérer comme une véritable laine dénaturée. Ces modifications correspondent, en effet, avec celles signalées par BLancHeTikRe dans la dénaturation des protéines, savoir :

Augmentation de la solubilité,

Apparition de la réaction au nitroprussiate,

Augmentation du pouvoir réducteur,

Libération de groupements NH?,

Modification de la viscosité du gel,

Diminution de la tension superficielle,

Modification des propriétés optiques.

C’est au système cystine-cystéine qu’on rapporte généralement les modifications subies par des protéines en voie de dénaturation. C’est au même système qu’il conviendrait, à notre avis, d'attribuer les variations de propriétés entraînées par l’action de la lumière. La libération du soufre qui accompagne cette dernière réaction en est une preuve certaine.

Dans la deuxième partie, relative à la détermination de l'azote aminé primaire dans la laine, nous avons établi tout d’abord un mode opératoire dérivé de la méthode de Van SLYKE, permettant de suivre, par une courbe, les dégagements d'azote aminé en fonction du temps. Cette méthode appliquée à une même laine nous a donné des résultats parfaits. Nos observations nous permettent d'envisager l’action de l’acide nitreux à la lumière et à la température ordinaire, sur la laine, comme donnant naissance d’abord à un dérivé nitrosé (nitrosophénol ou nitrosamine), d’une part, et, d'autre part, à un dégagement d'azote par attaque des groupements aminés primaires.

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Nous avons obtenu, dans le cas d’une laine de filature peignée, dégraissée à la benzine, puis lavée à fond à l’eau distillée, les chiffres de 0,57-0,59-0,57 d'azote aminé pour cent.

Dans les mêmes conditions, la fibroïne de la soie donnait 0,41 % d’azote.

Nous avons pu conclure de ces résultats que la molécule de fibroïne est une molécule plus fermée que celle de la laine et qu’elle présente moins de groupements NH libres, ce qui est d’ailleurs confirmé par sa capacité d'absorption plus faible vis-à-vis des acides.

Le dosage de l’azote aminé présente un grand intérêt au point de vue pratique, car il permet de suivre, d’une manière très précise, les altérations plus ou moins accusées que subit la laine dans des opérations manufacturières entraînant son hydrolyse progressive.

Dans la troisième partie de notre travail, relative aw gonflement de la laine, nous avons appliqué la méthode employée déjà par Meunrer et CHAMBARD pour l’étude du gonflement de la peau, méthode ayant pour but d’éliminer toute l’eau de capillarité de la fibre, ce qui permet de déterminer l’eau de gonflement par mesure de l’augmentation de poids. Cette méthode donne des résultats rapides et constants. Nous l’avons appliquée : 1° à de la laine gonflée dans des liqueurs-tampon ; 2° à de la laine gonflée dans des liqueurs non tamponnées. Nous avons pu ainsi construire la courbe de gonflement dans toute une zone extrêmement large, comprise entre PH=— 0,5 et PH=10.

L’examen de cette courbe nous a démontré

1° L'existence de deux points de gonflement minima (points iso-électriques) : le premier, situé aux environs de Pu=4 et le deuxième, aux environs de PH=—0,1.

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2° L'existence d’un maximum très accusé correspondant à PH=1,8.

Le premier minimum correspond certainement au point iso-électrique situé, d’après Lors, vers 4,7 pour la gélatine. Le maximum correspond à celui qui avait été signalé par ProcrTEr et Wizson pour la gélatine, aux environs de PH=2,4.

En comparant les résultats obtenus dans les liqueurs tamponnées et dans les liqueurs non tamponnées, nous avons été amenés à étudier l'influence des sels sur le gonflement et nous avons montré que ces derniers agissaient sensiblement dans l’ordre de la série lyophile d'Hor- MEISTER.

Nous avons attribué le gonflement de la laine aux mêmes causes qui déterminent le gonflement de la gélatine d'après PROCTER et WiLsoN, d’une part, et d’après Loës, d'autre part; à savoir : la formation entre la laine et les acides ou les bases, de sels ionisables déterminant à l’intérieur du gel une pression osmotique supérieure à la pression osmotique externe,

Nous avons appuyé cette manière de voir en prouvant que si l’on diminuait, par exemple, le caractère basique de la laine, par désamination ou par quinonage, la formation de sels ionisables et, par conséquent, le gonflement, sont fortement diminués.

Nous avons étudié, enfin, le gonflement de la laine chlorée, d’une part, et de la laine insolée, d'autre part, et montré les conséquences qui pouvaient être retirées de nos observations.

En dernier lieu, nous avons démontré que l’action spécifique du sulfure de sodium sur la laine pouvait être décomposée en deux phénomènes distinets :

1° Action des ions SH sur Ja laine;

2° Action des alcalis sur la laine ayant subi l'influence des ions SH. Nous avons, en particulier, montré que le gonflement, sous l’action des alcalis, était notablement augmenté lorsque la laine avait subi préalablement l’action des ions SH.

Les résultats obtenus dans cette troisième partie permettent de prévoir le parti qui peut être tiré de notre méthode de mesure du gonflement dans la pratique industrielle, en particulier dans le foulage des tissus de laine et dans le réglage du rétrécissement et du feutrage que l’on désire provoquer.

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