O0 EE
peut plus le sauver, il relève de l'hôpital ; cette hospitalisation est à conseiller, surtout s’il y a, en contact avec lui, des sujets particulièrement réceptifs : des enfants.
S il est en poussée aiguë (catégorie 2), avec 39° de fièvre et bon état général, il relèvera d'un service hospitalier aussi ; c'est après un séjour au lit que l'on pourra l'orienter sur l'établissement dont il relève (sanatorium ou hospice).
S'il est classé dans la catégorie 3, il sera à proposer pour une cure sanatoriale.
Dans la catégorie 4, il restera sous la surveillance du dispensaire.
Dans la catégorie 5, il sera proposé pour un séjour en préventorium.
Dans la catégorie 6, il restera sous la surveillance du dispensaire.
Dans la catégorie 7, il sera orienté suivant son état : si est tuberculeux osseux, dans un sanatorium pour osseux ; s’il a une pleurésie, cure en sanatorium, etc.
Les individus de la catégorie 8, surtout quand ce sont des enfants, sont le gros souci du dispensaire ; ils sont encore bien portants, mais courent un grand danger. Il faut de toute urgence que ce contact cesse, par leur départ ou celui du malade. Il faudra les mettre en placement familial : ici on verra la lacune de notre législation antituberculeuse, car rien d’officiel n’a encore été créé pour cette catégorie 8.
Les membres de la catégorie 9 resteront sous la surveiilance du dispensaire.
Mais pour les malades dont le placement est nécessaire, il faut, après ce classement médical, en faire un autre : celui-là social, d’après leurs ressources et la profession, plus ou moins fatigante, qu'ils exercent, et qu'ils devront exercer plus tard, quand ïls seront cliniquement guéris. Car le législateur a pensé en faisant soigner, en grande partie à ses frais, les tuberculeux, à récupérer plus tard une valeur sociale.
C'est pour l'envoi en sanatorium que ce classement est le plus important ; il l'était davantage encore il y à 13 ans,
Re 7 alors que nous ne possédions que peu de lits de sanatorium.
Le D’ Kuss, à cette époque, s'appuyant sur les résultats qu'il obtint au sanatorium d’Angicourt, de l’Assistance publique, de 1901 à 1914, a traité la question d’une façon magistrale dans une communication qu'il adressa en décembre 1922 à la Société des Médecins de dispensaire de l'Office Public d'Hygiène Sociale de la Seine.
Cette communication fut publiée en mars-avril 1923, par le Bulletin du Comité National (devenu plus tard la Revue de Phtisiologie),sous le titre : « Quels sont les tubereuleux qu’il faut admettre et conserver dans les sanatoriums publies ? »
Nous croyons indispensable de la résumer ici.
« L'expérience a démontré, disait en substance le D' Kuss, que le bon rendement d’un sanatorium populaire exige que les malades soient judicieusement choisis.
« La loi Honorat, le décret du 10 août 1920, ont rettement précisé la nécessité qui s'impose de n’admettre dans les sanatoriums publics ou assimilés que les tuberculeux pouvant y être soignés utilement.
« Les tuberculeux justiciables du sanatorium sont définis cliniquement par les 3 caractères suivants, nécessaires tous les trois :
«1° Existence d’une tuberculose pulmonaire ou pleurale donnant ou ayant donné récemment des lésions d'évolution ou d'activité ;
«2° Limitation des lésions telle qu’on puisse espérer la reprise du travail habituel ;
« 3 Signes cliniques d’une tendance évolutive favorable. De plus, il doit y avoir absence decontre-indications médicales et sociales.
« On doit poseren principe que l'extrême misère, la débauche habituelle, l’ivrognerie, le vagabondage, la fainéantise, les infirmités définitives rendant le malade inapte au travail, sont une contre-indication absolue à l'admission en sanatorium.
« Les médecins qui proposent des malades pour un sanatorium ont donc à s'assurer que les malades ont des lésions tuberculeuses en activité (ou en évolution), et à évaluer la quantité et la qualité des lésions.