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INFECTION CHEZ LES CHIENS

Les premiers observateurs ont constaté que le bouton d'Orient n’était pas exclusif à l'homme, mais qu'il atteignait aussi les animaux. Leur attention fut surtout appelée sur les chiens.

WiLemin en 1854 signala, en même temps qu'il décrivit la dermatose chez les habitants, l’existence de semblables lésions sur les chiens en Syrie à Alep.

Par suite, les mêmes constatations furent faites dans certains foyers à bouton d'Orient, notamment en Perse, à Théhéran.

Or, la Syrie et la Perse sont deux pays limitrophes de l’Iraq. Allons-nous faire de pareilles constatations dans ce pays ?

Les chiens sont très nombreux dans toutes les villes et les villages de l'Iraq. Ils se sont trouvés jusqu’à ces dernières années à l’état demi-sauvage, c'étaient des « resnullius » qui dans les rues se nourrissaient des déchets

d'aliments.

Leur nombre devint de jour en jour plus considérable, ce qui incita les autorités compétentes à prendre en 1910, des mesures en vue de les exterminer. Mais ces mesures furent incomplètes.

Actuellement, il existe une réglementation spéciale d’après laquelle on ne tolère dans les rues que les chiens qui sont la propriété de particuliers. Le nombre des chiens « sans maître » a ainsi considérablement diminué. À notre avis, il serait souhaitable dans un but d'hygiène et de salubrité publiques, à voir entièrement disparaître cette catégorie de chiens.

WeExyxon lors de son séjour à Bagdad a examiné un grand nombre de ces chiens, mais il n’est point arrivé à mettre en évidence la présence de leishmania dans les lésions diverses que présentaient ces animaux.

Il a autopsié plusieurs d’entre eux et a recherché à l’aide de microscopes la présence de protozoaires dans les organes internes, tels que le foie, la rate et la moelle osseuse. Les résultats furent cependant toujours négatifs.

Néanmoins, WEnyxoN n’a pas voulu abandonner complètement la possibilité pour les chiens à Bagdad d’être atteints de leishmaniose.

En 1917, À. LAveRaN dans son livre remarquable sur les «leishmanioses », souligne l’intérêt qui consisterait à mettre au point la question de l'infection naturelle par leishmania tropica chez le chien.

Et il conclut : ;

« Les chiens paraissent être les seuls animaux chez lesquels on observe la leishmaniose cutanée à l’état d’in-

fection naturelle...

« Ï] y aura lieu de faire de nouvelles recherches suf cette dermatose du chien au sujet de laquelle nous ne possédons que des renseignements bien incomplets ».

Depuis ce temps, divers auteurs ont rapporté des observations d'infection naturelle chez les chiens dans des régions où jusqu'alors celle-ci n’avait point encore été constatée.

En ce qui concerne l’Iraq, aucun travail sur ce sujet n'a été publié depuis les recherches faites par WEnxon en 1917.

Ce n’est que récemment en 1927 que C. R. CHapwick et C.-M. HATTIE, direc‘eur et sous-directeur des Services Vétérinaires de l’Iraq, ont fait connaître les résultats de leurs recherches minutieuses et nous donnent des renseignements précis.

En effet, il est désormais établi scientifiquement que les chiens sont atteints par la dermatose non seulement à Bagdad, mais aussi à Basrah, à Mossoul et dans le reste du pays. L'examen microscopique après coloration de frottis montre la présence de leishmania tropica dans les ulcérations. Les boutons se voient durant les mois d’hiver, c’est-à-dire de novembre à mars.

La guérison se fait normalement pendant le mois de mai, de sorte que l’on ne retrouve pas de boutons d'Orient en évolution pendant l'été, du mois de juin jusqu’au mois d'octobre.

Il faut attribuer les résultats négatifs des travaux de Wenyon sur cette question, au fait que ceux-ci ont eu lieu durant les mois d'été.

Les auteurs cités ci-dessus ont aussi étendu le champ

de leurs observations aux villes de moindre importänce et aux petites agglomérations telles que NasiRiEn, BAKOUsA, Hirrem, Amara, Kerkouk, KANEIKIN, où ils ont rencontré des chiens porteurs de lésions typiques. Même les chiens des tribus et des nomades étaient parfois atteints de cette dermatose. Cela provient de ce que les chiens accompagnent leurs maîtres dans les villes où ils con-

tractent la maladie. ‘

Tous les chiens, sans distinction de race sont atteints. Les chacals même y paraissent sensibles. L'âge, l'état

général n’y jouent aucun rôle.

Les mêmes auteurs ont fait à Bagdad 130 autopsies de chiens présentant des lésions cutanées. Ils ont examiné ‘ avec beaucoup de soin le foie, la rate et la moelle osseuse sans cependant jamais trouver de leishmania dans ces organes. Ils concluent par conséquent, que la leishma-

niose viscérale canine n'existe pas en Iraq.

Les parasites trouvés dans les lésions cutanées ressemblent au point de vue morphologique au leishmania tropica telle qu’elle se trouve chez l’homme. La recherche de cette dernière dans le sang périphérique des chiens

a donné un résultat négatif.

Les lésions chez le chien siègent sur les parties dépourvus de poils, comme elles existent du reste sur les parties découvertes de l’homme. Les régions touchées du chien sont par ordre de fréquence : le nez, les lèvres, les paupières, le pavillon de l'oreille, la base des ongles et les

pattes.

Très peu de lésions siègent sur la joue. On ne signale

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