‹ Contribution à l'étude de la leucoplasie buccaleChapitre 14 sur 18 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Traitement général.

Nous (?) ne connaissons pas encore de médicationinterne capable d’agir directement sur la plaque leucoplasique ; aussile traitement général se bornera-t-il à modifier, autant que possible, les conditions morbides paraissant favoriser le développement de l'affection.

Tout d’abord une première question se pose :

Doit-on instituer la médication spécifique chez un malade atteint de leucoplasie et ayant eu antérieurementla syphilis ?

Ce point a été l'objet de nombreuses discussions et: la plupart des auteurs l’on résolu par la négative.

Ils ont fait ressortir qu'un traitement spécifique dans les leucoplasies avaient en général un effet désastreux. Les auteurs qui ont essayé le traitement mixte ont remarqué au début, une amélioration, mais elle n’est que passagère, et la plaque continue à s’étendre, s’acheminant rapidement vers la phase épithéliomateuse. Il faudra doncs’en tenir simplement au traitement local.

Traitement local.

La première recommandation à faire à un leucoplasique est d'éviter avec le plus grand soin de sou-

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mettre la plaque à des contrats irritants. On doit donc lui interdire de fumer. de chiquer, l'alcool sous toutes. ses formes, les aliments épicés, le sucre en nature sous toutes ses formes, les boissons brülantes ou glacées, les médicaments irritants. L'état de la dentition devra être amélioré dans les limites du possible.

Il faut en outre instituer une médication locale ; mais on n'oubliera jamais cette recommandation capitale faite par tous les auteurs qui se sont occupés de la question et qui dominetout le traitement de la leucoplasie:

Surtout, el avant tout, évilez les caustiques.

Aussi ordonnero-t-on au début des bains locaux émollients :

Eau de guimauve boratée.

Eau faiblement boriquée à 5 pour 1000.

Des oncetions ou des applications de baume du Pérou. Bazinenvoyait ses malades atteints de psoriasis buccal faire une cure aux eaux de Saint-Christau qui renferment par litre trois dix-millième de sulfate de cuivre. On a repris cette pratique dans ces dernières années.

Le traitement consiste en bains locaux et absorption de plusieurs verres d’eau par jour, car l’eau prise à l’intérieur semble activer le traitement local. Il faut d’ailleurs tâter la susceptibilité du malade, et s'il se produit des phénomènes réactionnels très marqués, restreindre la stimulation en n’agissant que par des pulvérisations sans force. En général, la tolérance

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finit par s'établir et on peut bientôtrevenir à des pulvérisations plus fortes. Le traitement n’a donné que des améliorations ; maispas de guérison. Avant d’essayer tout autre intervention thérapeutique, on sebornera à cette ligne de conduite, puis si la lésion continue à s'étendre, il ne faut pas hésiter à employer le traitement chirurgical, car on ne doit pas oublier que le malade est toujours sous le coup de la: dégénérescence épithéliomateuse.

Traitement chirurgical.

La question difficile du diagnostic précoce de la dégénérescence cancéreuse se pose ICI.

Cliniquement on soupconnera le début de lépithélioma.

1° Quand on verra une. plaquelisse et unie se papillomatiser.

2° Quand on verra une plaque jusqu'alors souple et mince s’épaissir et présenter une induration profonde comme noueuse.

€ Quand on verra une fissure ou une ulcération persister fort longtemps, s'étendre et surtout s'entourer d’un noyau induré.

On n'attendra pas pour opérer l'apparition de douleurs irradiées vers l’oreille, de petits ganglions durs: roulant sous le doigt et situés sous FE Fébard du maxillaire inférieur du même côté.

[faut opérer largement, en amputant dans les tissus sains, sans craindre detrop enlever.

Perrin conseille la décortication de la langue au thermocautère. Quand il s’agit par exemple d’une plaque assez superficielle au niveau de laquelle les papilles ont subi la transformation épithéliomateuse, on détruira soigneusement avec le thermocautère la partie ätteinte, on dépassera en largeur les bords apparents et en profondeur l’induration sous-jacente.

On ne saurait trop recommander d'agir vite, car la vie du maladeen dépend. Quant la récidive se produit, c'est à brève échéance ; si rien ne s’est manifesté dans l’année qui suitl’opération, on peut espérer un succès définitif.

On a dit que, dans des cas semblables, si le traitement médical était inefficace il élail au moins innocent: C’est une erreur très préjudiciable au malade, et on ne saurait trop combattre le traitement médical en pareils cas. [Il fait non seulement perdre un temps précieux; bien plus le mercure et l’iodure de potassium donnent un coup de fouet à l’épithélioma qui progresse alors avec une rapidité foudrovante.

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