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nairement par jour : un litre de vin, deux litres et demi de bière, un apéritif, quelquefois deux.
En 1879, il contracte la siphilis, le chancre est situé à la lèvre inférieure, 15 jours environ après apparaissentla roséole, des plaques muqueuses très nombreuses sur la langue et dans la gorge : en même temps apparaît sur le tronc, les bras et les jambes, une éruption papulo-croûteuse confluente.
Le traitement : pilules de Dupuytren, gargarisme au chlorate de potasse est suivi pendant quelques mois seulement.
Quelque temps après, L... remarque que sa langue est devenue très sensible surtout quand il fait des excès de tabac et de boisson : il s'arrête de fumer et de boire pendant quelques jours, puis il reprend ses habitudes.
Depuis 1879, il n’y a pas eu de manifestation syphilitique.
En 1894, le malade remarque l'apparition de plaques blanchâtres, d'aspect nacré sur les joues, aux commissureslabiales, sur les gencives, sur la voûte palatine et sur la face dorsale de la langue. En même temps apparaissent sur la langue des sillons antéro-postérieurs peu profonds.
A partir de cette époque, la bouche devient très douloureuse, le malade de peut ni manger les aliments solides, ni supporter les boissons chaudes ou glacées : il cesse peu à peu de fumer, sans toutefois abandonner complètement l'usage du tabac. Il se décide alors à entrer à l'hôpital. u
Etat actuel. — La face dorsale de la langue dans ses deux tiers antérieurs présente un aspect opalin, blanchâtre à la face interne des joues, près des commissures labiales existent aussi deux plaques opalines d'aspect lactescent ; sur la moitié postérieure de la voûte palatine existe une membrane blanchâtre et épaisse.
Traitement. — Traitement local : applications de baume du Pérou. î Traitement spécifique : frictions mercurielles, 6 er. d’iodure. Le malade cessant complètement de fumeret de boire de-
l'alcool, les douleurs de la bouche s’atténuent peu à peu, les fissures de la langue se férment et le malade sort del opus très amélioré.
OBSERvVATION IL (recueillie dans le service de M. Danlos).
R..., 52 ans, chauffeur. Ilne peut donner aucun renseignement sur ses antécédents héréditaires.
R..., n’a jamais été malade dans sa jeunesse. Son métier de chauffeur l’entraîne à boire plus que de raison 5 ou 6 litres de vin par jour, une absinthe, à est aussi grand fumeur et chiqueur.
En 1863, le malade contracte : à la verge un chancre induré suivi dé roséole et de quelques plaques muqueuses discrètes ; il se traite pendant deux mois ; les accidents ayant disparu, il cesse tout traitement.
En 1873, R..., accuse une poussée de rhumatisme qui ne s’estjamais renouvelée depuis.
En 1882, le malade s’aperçoit de l'apparition de plaques blanches sur la langue et dans la bouche.
Dès cette époque, la langue est devenue sensible plutôt aux aliments chauds qu'aux froids ; il ressent quand il fume des picotements à la langue.
Le malade éprouve en outre, une certaine difficulté à parler, on dirait que sa langue est en bois ; en outre il a une sialorrhéeabondante.
Quand on examine la langue, on remarque sur sa face dor-
sale dans ses 2/8 antérieurs ; des plaques blanchâtres, d’aspect nacré, il y existe aussi une fissure longitudinale profonde. -
Traitement. — Baume du Pérou en applications. L'état reste stationnaire.
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OgservarioN IIL (communiquée par M. Mauriac). (1)
M. X.., âgé de 37ans, contracte la syphilis en 1888. L’accident primitif de la verge n’a laissé aucune trace. Les accidents consécutifs ont eu peu de gravité, cependant il lui survint en 1880 une ulcération ecthymateuse de la jambe droite qui nécessita un traitement mixte suivit pendant plusieurs mois. M. Mauriac revoit trois ou quatre fois M. X .., et ne constate aucune manifestation spécifique.
M. X..., secroyait guéri. lorsqu’en août 1895, il eut un sarcocèle spécifique du côté droit et une affection de la langue. Le médecin ordinaire du malade reconnaissant la nature de ces deux affections prescrivit un traitement parles frictions et l'iodure. Le testicule fut guéri au bout de 3 ou 4 mois ; quant à Paffection de la langue, elle afcontinué à progresser malgré tous les moyens tentés pour laméliorer.
M. X..., revient consulter M. Mauriac le 3 novembre 1896 pour son affection linguale. Quoique le testicule soit revenu à son état normal ; son ancien sarcocèle l’inquiète encore. La langue, hypertrophiée d’un rouge forcé, présente sur sa face dorsale et sur ses bords, de grandes plaques épidermiques blanches tombant spontanément et se reproduisant avec une grande rapidité.
Ces productions se détachent aussi très facilement quand -le malade mange. Le dos de l'organe est un peu mamelonné par la sclérose du derme, mais il n’y a pas de poussées pro- -fondes vers le centre de l'organe, la salivation est très abondante. La douleur est vive, spontanée, irrégulièrement intermittente, on ne percoit en prenant la langue que des indurätions superficielles au niveau des squames blanchâtres :; les sillons situés surla langue sont peu profonds. Les phénomènes prédominants sont : a formation et la chute rapide des écailles
(1) Nous tenons ici à remercier M. Mauriac d'avoir bien voulu nous communiquer cette observation et nous autoriser à la publier.
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blanches épidermiques, labondance de la salivation, la douleur sur des points sans lésion, plutôt névralgiforme qu’inflammatoire avec quelques irradiations dans les oreilles.
Le traitement spécifique tenté n’a jamais eu une action décisive ; il a cependant produit quelquefois un peu d’amélioration, mais en somme Paffection a toujours progressé. Elle gène beaucoup le patient et l’empêche de vivre comme tout le monde, de boire et de manger à sa fantaisie; le moindre écart de régime exaspère l'affection.
Cette leucoplasie n’est pas de nature purement spécifique quoique survenue en même temps que lesarcocèle quilui nerelevait que de la syphilis.
On cesse le traitement spécifique et on prescrit l'arséniate de soude ef des gargarismes émollients.
OBsErvarion IV (recueillie dans le service de M. le professeur FOURNIER).