TRAITEMENT
À l’heure actuelle, il serait illusoire de vouloir traiter la lithiase cystique par les procédés médicaux.
Si l'injection de morphine, parfois unique, calme d'une manière radicale les phénomènes subjectifs, si, parfois, en atténuant le spasme des voies excrétrices, elle permet au calcul enclavé de se frayer un chemin, soit vers l'intestin, soit vers la vésicule, la récidive est toujours possible et même, pourrions-nous dire, certaine. Aussi, est-il logique de faire disparaître le corps du délit.
Pour ce, le traitement chirurgical est le seui que l’on puisse envisager.
Quelles ressources nous offre-t-il ?
Trois interventions qui, chacune ont leur défenseur, peuvent être effectuées.
La cysticotomie, opération délicate, nécessitant des conditions particulières très précises et, notamment, une vésicule saine, sans réactions inflammatoires, comporte par ailleurs de nombreux dangers : fistulisation, rétractions cicatricielles, qui doivent la faire rejeter systématiquement.
La cholécystectomie, de réalisation plus aisée, semble être la cure radicale idéale puisqu'elle supprime le milieu de stase responsable de la formation des calculs. Cependant, c’est une opération choquante, quelquefois difficile à réaliser du fait des adhérences inflammatoires diverses avec lépi-
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ploon, l’angle colique droit, le premier angle duodénal, et l’angle cystico-cholédocien.
La dissection du canal cystique est de ce fait malaisée et elle n'empêche pas toujours les récidives calculeuses sur le moignon cystique restant, comme nous l’avions déjà vu plus haut.
De plus, en cas de calcul secondaire du cholédoque, elle impose la cholédocotomie qui peut s’avérer, dans ces conditions, difficile à réaliser.
Souvent, on voit revenir des malades cholécystectomisés au bout de quelque temps, ayant retrouvé leurs douleurs d'avant l’opération, soit coliques hépatiques, soit douleur permanente et leurs troubles digestifs. Ces récidives ont tellement préoccupé médecins et chirurgiens, qu’elles ne cessent de faire l’objet de multiples travaux (PE- TIT - DUTAILLIS, GOSSET, GIRAUD, dernier Congrès International de Vichy). Quelquefois même les troubles ne sont pas interrompus par l’opération.
Aussi doit-on être prudent dans ses indications. Elle est à recommander surtout en présence d’une vésicule infectée où elle a le grand avantage de supprimer le foyer infectieux.
Par contre, lorsque la vésicule semble saine, la cholécystectomie sera l’opération de choix.
Après exploration minutieuse des voies biliaires, on retirera par expression les calculs enclavés dans le cystique. Le drainage post-opératoire permet l'issue à l'extérieur de calculs qui ont pu passer inaperçus lors de l'intervention.
D'autre part, cette intervention a le gros avantage de laisser en place un organe qui n’est pas totalement inutile à l'organisme comme le pense Woops HuTcHINSON. Enfin, dans l’état actuel de nos connaissances, un traitement médical bien compris peut éviter par la suite la récidive.