CHAPITRE PREMIER
Introduction - Historique
Alors que la luxation trapézo-métacarpienne, ou luxation du premier métacarpien sur le carpe, est bien connue et relativement fréquente, la luxation des quatre derniers métacarpiens au niveau de leurs articulations supérieures est une rareté qui a été méconñue longtemps. Boyer, Cowper, Nélaton en avaient même nié la possibilité en invoquant cette raison anatomique, que les articulations des quatre derniers métacarpiens avec le carpe étaient des arthrodies à ligaments puissants et jouissant de mouvements peu étendus.
La première observation de cette lésion est due à Blandin en 1844.
En 1848, J. Roux publie un assez long article au sujet d’une observation personnelle. Contrairement
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aux auteurs classiques de son époque, qui nient la. possibilité de ces luxations, il affirme qu’elles sont anatomiquement réalisables, « puisque, dit-il, la science possède des faits bien constatés de luxation tarso-métatarsienne où les conditions de solidité et d’immobilité ne le cèdent en rien à celles que présentent les articulations carpo-métacarpiennes. »
En 1853, Bourguet, chirurgien de l'Hôpital d’Aïx, publie une série d'observations se rapportant à des luxations des os de la main; on y trouve un fait de subluxation du 2"° métacarpien en avant.
C’est en s'appuyant sur ces trois observations que Malgaigne écrit son court chapitre sur cette question dans son traité des fractures et luxations..
Jusque là, il s’ägissait de cas. de luxation d’un seul métacarpien.
Vigouroux, en 1856, présente à la Société Anatomique la première observation de luxation de plusieurs métacarpiens.
En 1893, Orillard, à propos d’une observation personnelle, publie une bonne revue générale de la question et rassemble la plupart des observations de luxation que nous citons, soit d’un seul, soit de plusieurs métacarpiens sur le carpe.
De nos jours, les cas restent assez espacés dans la littérature, malgré l'avènement de la radiographie, capable de révéler des lésions qui échappent à l’exament clinique. |
Depuis l’article d’Orillard, cinq nouveaux cas seulement ont été publiés.
M. Ph. Rochet a bien voulu nous en communiquer une observation inédite.
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Tous ces faits ont trait à des luxations ou subluxations d’un ou plusieurs métacarpiens, soit en avant vers la face palmaire, soit en arrière vers la face dorsale, c’est-à-dire dans le sens antéro-postérieur.
Quoique rares, — nous en avons retrouvé 17 cas, — ils restent cependant nombreux relativement à une forme observée par MM. Tixier et Eugène Pollosson.
C’est à propos de cette observation que M. le Professeur Tixier a bien voulu nous conseiller de faire ce travail, où nous aurons en vue seulement la luxation métacarpo-carpienne des quatre derniers métacarpiens, en laissant complètement de côté celle du premier et en insistant sur la forme particulière que nous rapportons.
Il s’agit d’une luxation latérale des têtes des trois métacarpiens moyens qui avaient glissé vers le bord radial de la main, de telle sorte que le 3% métacarpien, normalement articulé avec le grand os, avait perdu tout contact avec ce dernier pour venir se mettre en contact avec le trapézoïde. Le 2° était ballant entre le trapèze et le trapézoïde, subluxé en avant. Le 4% était venu se mettre uniquement en rapport avec le grand os. Le 5*° seul paraissait peu déplacé.
Bien que n’ayant eu que tardivement une radiographie de profil montrant l’absence de déplacement antéro-postérieur des trois derniers métacarpiens, il nous semble possible d’affirmer que la luxation du troisième et quatrième était dès le début purement latérale.
Nous n’avons pas retrouvé d’autres observations de cette variété exceptionnelle dans la littérature. Ce-.
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pendant, nous verrons dans l’observation de M. Ph. Rochet l'existence d’un certain déplacement latéral des trois métacarpiens moyens, en sorte qu’il y a une analogie entre ce cas et celui de MM. Tixier et Pollosson. Mais chez le malade de M. Rochet, en plus de la luxation latérale, il y avait une luxation antéropostérieure du cinquième. C’est elle qui était le fait dominant et pour lequel le malade venait à l'hôpital.
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