‹ Contribution à l'étude de la luxation isolée de la tête du radius en avantChapitre 14 sur 15 · LENS · texte numérisé non relu

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OBsERVATION XI

(Carrey. Thèse de Lrou, 1894).

Luxation isolée du radius en avant, ancienne el irréductible, gène fonctionnelle et lésion du radial. Réseclion. Résullat fonctionnel exeellent,

S. Achille, 20 ans, cultivateur, entre dans le service de M. Poncet, trois mois après un traumatisme du coude droit, suivi immédiatement de douleur vive avec évanouissement et d’impotence fonctionnelle, bras en demi-flexion.

AÀ ce moment, un médecin essaya sans succès la réduction et le malade resta vingt-quatre heures dans Île service de M. le professeur Pollosson, où la réduction aurait été opérée. De fait, les mouvements reviennent peu à peu, mais S.. ayant essayé en vain de travailler, s’est décidé à rentrer le 7 juillet 1893 dans le service de M. le professeur Poncet.

Examen du malade le 7 juillet 1893. On est d’abord frappé à l’examen du malade par l’attitude de la main en pronation complète et la déformation du coude, On voit une diminution de relief de la saillie musculaire externe du coude formée par les muscles épicondyliens, recouvrant à l’état normal la tête radiale quand elle est en place ; on voit, d’autre part, au pli du coude, une saillie très nette, formée par la tête du radius déplacée. A la pal pation, on sent, au-dessous de l’extrémité inférieure et externe de l’humérus un vide à la place de la tête radiale qu’on sent, d’autre part, rouler sous les doigts au pli du coude. Le cubitus n’a pas modifié ses rapports.

Quant à la tête radiale, elle a modifié ses caractères, elle n’a plus la forme régulièrement arrondie qu’elle présente à l’état normal ; on la sent, à travers la peau, irrégulière

AY LES et hyperostosée. Elle se réduit en partie par la pression, mais revient immédiatement à sa position primitive (sen-

sation de touche de piano). A l’examen fonctionnel, nous constatons que l’extension peut se produire à peu près Complètement, mais la flexion Le déasse pas l’angle droit.

Les mouvements de pronation et de Deere sont limités.

On note une atrophie du membre drtatt sur le bras, lPavant-bras et la main, mais cette atrophie n’est pas complètement imputable à la lésion traumatique, parce que le malade est gaucher ; saïllie exagérée de l’extrémité inférieure du cubitus pendant les mouvements de pronation. Il y a certaines zones d’anesthésie, surtout du côté radial dans la main, maïs ce sont des îlots isolés, et quelques-uns mêmes ne présentent qu’une diminution à peine perceptible de la sensibilité, sans anesthésie à proprement parler.

Il y a véritable paralysie des extenseurs, le malade ne peut pas étendre complètement les doigts ni la main sur lPavant-bras; du reste, il dit que peu de temps après l’aceident, ont apparu des fourmillements dans le pouce et à la face dorsale du poignet. Faiblesse des fléchisseurs. La face dorsale de la main est légèrement bombée, et sa face palmaire excavée par la prédominance d’action des mus. cles des éminences thénar et hypothénar, dont l’action n’est plus contrebalancée par les muscles extenseurs pa: ralvsés. Le malade se plaint aussi d’avoir une sudation abondante dans la main du côté traumatisé.

Tous ces troubles de sensibilité, de motricité et d’ordre trophique, nous font penser à des phénomènes de compression, de tiraillement du côté du nerf radial. Le malade a done une luxation du radius en avant ancienne et irréduc-

NEUVE ER tible, amenant gêne fonctionnelle et troubles divers dus à une lésion du radial.

Opération du 12 juillet 1893. Résection de la tête radiale. Les mouvements sont revenus petit à petit, ainsi que la

force du membre après cette opération. Au 12 août, la

flexion et l’extension se font assez facilement, mais avec une faible amp ‘tude, 40 degrés environ ; au-delà, les mouvements imprimés sont d’abord douloureux, puis rapidement impossibles. La main est appuyée sur l’écharpe en demi-pronation ; les mouvements de pronation et de supination sont aussi possibles, mais limités comme ceux de l’extension et de la flexion, avec une étendue de 30 degrés à peine au point de vue fonctionnel ; le malade a es sayé de porter avec le membre lésé des objets divers, pots à tisane, etc.…., fatigue très rapide et douleur.

Au 1% novembre 1894, la palpation faîte au niveau de

la tête radiale éveille encore un peu de douleur. Au toucher, on sent rouler sous le doigt une extrémité osseuse, qui donne une sensation analogue à la tête radiale du côté sain. Tous les mouvements se font librement avec toute leur étendue et sans douleur. Le malade se livre tous les jours aux travaux pénibles qu’exige son métier de domes-

tique de ferme et <e trouve très satisfait de son état. CS |

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