‹ Contribution à l'Étude de la Maladie de HaradaChapitre 14 sur 26 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Rapos. — Archives of Ophtalmology — 1940)

Un homme de 22 ans, d'origine italienne, est examiné le 30 Octobre 1937. H'se plaint d'une baisse progressive de la vue datant de six semaines. Il avait eu la grippe sept semaines avant l'apparition des troubles oculaires. Trois jours après la fin de sa grippe. il avait remarqué la perte de la. vision. dans la portion nasale du champ visuel de son œil gauche. La vue devient de plus en plus mauvaise, pour ce qui est des deux yeux, si bien que, au bout de quatre semaines le malade n'avait plus que la perception de. la lumière et était absolument incapable de distinguer un objet,

Au point de vue antécédents, il n'avait présenté aucune maladie grave: de l'enfance, n'avait jamais rien eu de cardiaque ou pulmonaire. Pas. de: spécificité. Pas de blénorragie. Les antécédents familiaux étaient excellents. IL était lui-même entièrement exempt de toute atteinte tuberculeuse.

L'examen général montre un individu bien développé. Le. cœur, les. poumons, l'abdomen, les réflexes étaient normaux,

La fente palpérale droite était plus étroite que l’autre. Chaque- œil. était le siège d'une injection ciliaire conjonctivale légère. La partie inférieure de la cornée avait l'apparence du papier de soie et: présentait de petits dépôts grisâtres. Les pupilles étaient dilatées, le diamètre de chacune atteignaient environ 5 millimètres, Dans la chambre antérieure on notait la présence de fines pigmentations et dans l'aire correspondant à la pupille. des dépôts de pigment plus importants. Le vitré était, très trouble dans chaque œil, ce trouble affectait un aspect poussiéreux sans qu'il.existe. de gros corps flottants. Il y avait un énorme décollement rétinien intéressant, à.droite, la partie inférieure nasale et temporale de la rétine, à gauche, la. partie inférieure et nasale.

op

Les examens radiographiques des sinus et du thorax se montrèrent 2 . (!

entièrement négatifs. :

Les urines étaient claires et acides — pas de sucre — pas d’albumine.

La formule sanguine était :

Globules rouges MERE REREE RER 3.850.000 Globules blancs .......... EN PR ae 12.220 Polynucléaires 12 SE EE Re 19106 Moncnucléaires nee Re ect 210

L'uré sanguine était de 132 mg pour 100 cm3.

Le sucre sanguin était de 88 mg pour 100 cm3. La réaction de Wasserman était négative.

La vitesse de sédimentation était de 50 mi/m la première heure et de 80 m/m la deuxième heure.

Des cultures de prélèvement de la muqueuse nasale ont montré du staphylocoque blanc. Des prélèvements de la gorge ont mis en évidence du steptocoque hémolytique et du micrococcus catarrhalis.

La réaction de Shick était négativesainsi que la cuti-réaction.

Dans les dix jours suivants, l'injection ciliaire s'estompe complètement, les deux yeux deviennent extrêmement hypotoniques. La partie ‘périphérique de chaque iris touchait presque la face postérieure de la cornée, tandis que le bord pupillaire était tiré en arrière vers le vitré.

Une semaine après, de larges dépôts apparurent à la face postérieure dé là cornée droite, tandis qu'à gauche on ne notait que quelques fins dépôts. Le bord pupillaire était, dans chaque œil, collé au cristallin par une trame délicate de capillaires venant de l'iris vers la membrane de . séclusion, couvrant entièrement l'aire pupillaire. La chambre antérieure était très profonde — quelques modules grisâtres étaient visibles sur l'iris. Le fundus était invisible. Une extrême hypotonie persistait.

Dans les quatre semaines qui suivirent, la vision s'améliora jusqu'à compter les doigts à un mètre. La pupille droite était trouble et le bord voilé, dans la partie nasale de la rétine il y avait une fine pigmentation et dans la partie inférieure des taches de la taille d'une tête d'épingle, assemblées en grappes. À l'œil gauche on notait quelques grosses opacités du vitré et une fine pigmentation rétinienne. Le décollement rétinien avait entièrement disparu.

Deux mois après, l'œil droit présentait toujours une légère injection ciliaire mais surtout des dépôts jaunâtres, toujours plus nombreux recouvrant toute la face postérieure de la cornée. À gauche, il n'y avait pas d'injection ciliaire mais des dépôts encore plus nombreux. Le vitré dans chaque œil était trouble mais laissait voir le fundus : les décollements avaient entièrement disparu, les pupilles étaient quelque peu voilées et les veines dilatées. Sur les rétines il existait des taches pigmentées irrégulières

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