‹ Contribution à l'Étude de la Maladie de HaradaChapitre 7 sur 26 · OBSERVATION N° I · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° I

Publiée dans le Marseille Médical du 1°-2-42, par le Professeur ROGER

On... Maroussia, 36 ans, entre le 10 Juin 1941 à la Clinique Neurologique. Le début des troubles a été brutal. Vers la fin Avril, un matin, au réveil, la malade constate qu'elle a comme un brouillard devant les yeux. L'acuité visuelle baisse ensuite progressivement. Quelques jours après surviennent des céphalées à prédominance nocturne et des bourdonnements d'oreilles, qui persistent pendant plusieurs semaines sans rémission. Des vomissements apparaissent, fréquents, faciles, de type cérébral. La malade a maigri de 12 kgs.

— Dans les antécédents, on ne note rien de particulier.

— L'examen neurologique est entièrement négatif, il n'existe en particulier aucun signe méningé clinique, ni raideur de la nuque, ni Kernig. Et cependant le L.C.R. présente une importante réaction cyto-albumineuse : 43 Lymphocytes, par mètre cube 0,75 d'albumine. Le B. W. du L.CR. est négatif, l'azotemie est de 0,32. La cuti réaction est négative.

— L'examen ophtalmologique montre : injection périhératique très marquée avec myosis, nombreux précipités sur la Descemet, troubles diffus du vitré. Après dilatation atropinique difficile, le fond de l'œil, qui est très difficile à voir en raison du trouble vitréen, paraît normal. Il n'existe pas de décollement rétinien.

— L'évolution qui a été suivie pendant plus de six mois se fait de la manière suivante :

Les céphalées et les vomissements s'atténuent progressivement pour disparaître à peu près complètemeñt en Août-Septembre. Cependant la réaction du L.C.R. met plus longtemps à diminuer : Fin Juin : 90 Lymphocytes, 0,65 d'albumine. Au début Août : 12 Lymphocytes, 0,40 d'albumine. Au milieu de Novembre : 1,4 Lymphocyte, 0,40 d'albumine. Au milieu de Novembre : 1,4 Lymphocyte, 0,40 d'albumine. La réaction de B. W. a toujours été négative.

— Au point de vue ophtalmologique, nous assistons à l'installation rapide d'un décollement rétinien bilatéral, fin Août, sans qu'il soit possible de déceler l'existence d'une déchirure rétinienne. Le fond d'œil est du reste mal visible, une hyalite très marquée persistant encore à cette époque. Le

RS Ne ER

décollement paraît fixe et généralisé. Les signes d'uveïte sont encore violents et, malgré un traitement atropinique intensif, une séclusion pupillaire bilatérale est en voie d'installation. Les précipités sur la Descemet sont toujours nombreux, l'humeur aqueuse est trouble.

— Au mois de Novembre, l'examen ophtalmologique donne les résultats suivants : cercle prérikératique net O.D.G. avec inflamation chémotique gélatineuse de la conjonctive. Les paupières présentent une réaction de type eczémateux qui doit être attribuée à l'usage prolongé de l'atropine, le malade se plaint, du reste, d'un prurit palpébral. Les cornées sont normales. Il n'y a plus de précipités sur la Descemet, l'humeur aqueuse est claire, la chambre antérieure est peu profonde. Il existe des deux côtés une séclusion pupillaire complète avec aspect d'iris en tomate. Les pupilles sont irrégulières complètement bloquées en position moyenne, la droite un peu plus grande que la gauche. Il n'y a pas d'atrophie du tissu irien. La pupille droite est recouverte d'un exsudat membraneux blanchâtre qui lui donne un aspect dépoli. La pupille gauche présente le même aspect encore plus marqué, la membrane étant franchement blanchâtre alors qu'elle paraît verdâtre du ciôté droit. Le fond d'œil est totalement invisible à gauche, à droite äil est très mal visible, mais avec un éclairage très violent, il est possible de se rendre compte que le décollement a complètement disparu et qu'il existe dans tous les secteurs rétiniens une lueur pupillaire normale. Aucun détail du fond d'œil ne peut être discerné. Il existe des deux côtés une forte hypotonie.

Page 1