RD DE
tyl carbamide variant de 1 pour 10.000 à 1 pour 2.000 étudier l’influence de ce médicament sur le muscle cardiaque. Cette perfusion met en évidence une diminution de l’amplitude des contractions cardiaques avec conservation du rythme initial. Au titre de 1 pour 1.000 l’arrêt se produit, mais les contractions reprennent avec une vigueur accrue, même après une période prolongée de paralysie, si on lave le cœur avec le liquide de Ringer ; ce qui établit le peu de nocivité du médicament à l’égard du cœur.
Expérimentation sur la souris. 0 gr. 07 : léger effet sédatif. 0 gr. 15 : perte de l'équilibre ambulatoire. 0 gr. 20 : sommeil de plusieurs heures. 0 gr. 50 : sommeil de 24 heures. 0 gr. 60 : narcose prolongée et mort.
Expérimentation sur le lapin. 0 gr. 20 : ataxie locomotrice. 0 gr. 35 : sommeil de 8 à 10 heures en décubitus ventral, avec respiration normalement ralentie. 1 gramme : sommeil profond de 24 heures. 1 gr. 25 : sommeil prolongé et mort ; chez le lapin, on a fait au surplus les constatations suivantes
Même aux fortes doses, le rythme cardiaque demeure inchangé, et les contractions conservent toute leur énergie.
La tension artérielle carotidienne mesurée à l’aide du manomètre à membrane de Trendelenburg ne subit aucune modification appréciable lorsque, par la sonde œsophagienne on administre des. doses atteignant 0 gr. 75 par Kg. d'animal.
La formule sanguine n’accuse aucune altération quantitative ni qualitative des éléments figurés.
La respiration ne se comporte pas autrement que dans le sommeil naturel.
Expérimentation sur le chien.
C'est un meilleur sujet d’expérimentation beaucoup plus sensible à l’action des uréïdes que les rongeurs.
0 gr. 05 : effet sédatif léger. De 0 gr. 075 à O0 gr. 10 : sommeil de quelques heures survenant de 20 à 40 minutes après l’injection. Sommeil calme. Réveil facile, sans agitation, sans vomissement, sans diarrhée. (Tandis qu’il se produit des troubles de ce genre avec convulsions, dans le sommeil provoqué par le véronal).
0 gr. 15 : sommeil de plus de 12 heures. 0 gr. 25 : sommeil de 24 heures. 0 gr. 40 : narcose suivie de mort.
POS à RENE
Comme chez le lapin la respiration varie comme elle le ferait pendant le sommeil naturel.
Ce n’est qu'avec des doses paramortelles que la température s’abaisse jusqu’à 36 degrés 7. Quant au rein, même aux doses toxiques, ses fonctions ne sont pas perturbées, et l’on n’a pu constater ni albuminurie, ni glycosurie, ni modifications dans la proportion des composés minéraux et organiques, ni anurie. Il en va ainsi aussi bien pour de fortes doses rapprochées que pour des doses faibles et moyennes quotidiennement répétées pendant deux semaines.
On a essayé de retrouver et de doser le médicament dans les urines, en mettant à profit l’extraction par l’éther après légère acidification, suivie de recristallisation de l’extrait éthéré et d’identification par recherche du point de fusion. Cette méthode, qui permet de déceler 80 pour 100 de la quantité ajoutée in vitro à un litre d'urine, n’a permis le lendemain de l’administration de retrouver que 3 pour 100 du produit ; après vingt-quatre heures, pas la moindre trace n’a pu être reconnue.
Tout se passe donc comme si l’hypnotique était à 2 près complètement brulé dans l’organisme.
Il nous semble enfin tue instructif de reproduire le tablau suivant qui indique les résultats d'expériences comparatives sur le chien avec allylisopropylmalonylurée (ou acide allylisopropylbarbiturique) et l’allylisopropylacétylcarbamide.
Par kilo d'animal CHIEN
en milligrammes. Minima Dose Maxima mortelle allylisopropylmalonylurée. 80 | 280 allylisopropylacetylcarbamide. 75 | 400
On y voit nettement que l'écart entre la dose minima et la dose maxima est deux fois plus grand pour l’hypnotique uréide que pour l’hypnotique barbiturique.
Ainsi donc les résultats obtenus par l’expérimentation sur l’animal mettent en lumière les avantages suivants :
Action hypnotique toujours égale à elle-même, se traduisant par un sommeil calme, très analogue au sommeil normal, en général précédé d’une période sédative, avec retour aisé à l’état de veille.
CPR A
Ecart considérable entre la dose maxima toxique et la dose minima hypnotique, donc coefficient de maniabilité très grand. (Surtout chez le chien, particulièrement sensible à cet hypnotique).
Dans les limites de ces doses pas de retentissement sérieux sur les autres appareils. Le cœur, le rein, le sang, les centres hypniques et respiratoires, ne semblent aucunement influencés ; il ne survient aucune modification des reflexes.
Enfin, et apparaissant comme la raison d’être de ces multiples avantages, l’allylisopropylacétylcarbamide, par sa destruction ra-
pide et complète dans l’organisme, ne donne lieu à aucun effet cumulatif.
Action modérée et progressive sur les éléments nerveux, absence d’inconvénients secondaires, tels sont en résumé les avantages de ce produit qui, pour autant que des essais sur l’animal en peuvent décider, lui confèrent, en regard des autres hyÿpnotiques et en particulier des barbituriques, une place privilégiée.
Cest de tels résultats qui ont autorisé l’expérimentation sur l’homme, laquelle est la seule à pouvoir se prononcer de façon définitive sur les mérites de ce médicament, expérimentation que s’efforceront de traduire les observations personnelles exposées dans le chapitre suivant.