F OBSERVATION VIII
Mme Georgette L... 22 ans.
Examinée le 3 juin à Antibes.
Enceinte de trois mois. Mais vient consulter pour une petite tumeur de la région antérieure du cou, s’étant accrue depuis la grossesse et s’accompagnant d’une insomnie très persistante.
Cette tumeur est comprise dans le corps thyroïde dont elle suit les mouvements. Comme elle a augmenté de volume au cours de la grossesse, nous pensons à un adénome thyroïdien ayant subi du fait de l’état gravidique, un réveil d’activité dont l’insomnie, en particulier, nous apparut bien être l’un des signes. Par contre il n’existe pas d’autres signes nets d’hyperthyroïdisme.
On ne peut pas incriminer non plus, comme cause de cette insom-
nie, ni l’albuminurie, ni la syphilis, ni l'hypertension, car divers examens déjà pratiqués ont donné des résultats négatifs.
Dans ces conditions, ayant d’une part estimé que l’évolution de cette petite tumeur n’avait rien d’inquiétant, d’autre part que nous n’étions pas en présence d’une auto-intoxication gravidique au début, jugeant enfin que l’état de grossesse rendait fort délicate toute médication antithyroïdienne, nous avons fait prendre contre l’insomnie seule de lallylisopropylacétylcarbamide régulièrement, le soir à la dose de 0 gr. 25, dose que nous n’avons pas dépassé par mesure de prudence. Le sommeil en a pourtant été-fort amélioré dès le quatrième jour de traitement, que nous avons fait continuer pendant plusieurs semaines sans inconvénient, mais au contraire avec les mêmes effets heureux.