TECHNIQUE SUIVIE
Nous avons effectué nos recherches en utilisant le lipiodol {huile iodée à 40 o/o).
L’élimination par l’urine a été étudiée en recherchant l’iode par le procédé suivant :
Après avoir vérifié la réaction de l’urine au tournesol et si l'urine est alcaline après l’avoir neutralisée ou légèrement acidifiée, dans un tube à essai on introduit 1: à 2 centimètres cubes de sulfure de carbone, 1o‘centimètres cubes de l’urine à analyser, 2 à 3 centimètres cubes d’une solution de nitrite de soude à 10 o/o et quelques gouttes d’acide chlorhydrique.
L'iode qui se trouve dans l'urine sous forme d'iodures alcalins est déplacé, se dégage et en agitant le tube on détermine sa dissolution dans le sulfure de carbone qu’il colore en rose violacé plus où moins intense, suivant la quantité d'iode dissoute.
La puissance de coloration de l’iode dissout dans le sulfure de carbone fait de cetie méthode un procédé très sensible.
Il est facile d’établir une échelle colorimétrique à l’aide d’unesolution titrée d’iodure de potassium dont on libère l’iode. La dissolution dans 1 centimètre
cube de sulfure de carbone de o gr. vor d’iode donne. une coloration rouge marquée ; de o gr. 0001, rose nette ; de o gr. 00001, pâle encore appréciable, Pour plus de précisions nous avons effectué les | dosages au’ moyen de la technique suivante : après s'être assuré dela réaction neutre ou acide de l’urine, 30 centimètres cubes d’urine filtrée sont introduits dans une boule à décantation contenant 10 centimètres cubes de sulfure de carbone pur. On ajoute 5 centimètres cubes d’une solution fraiche de nitrite de soude à 10 0/0 et quelques gouttes d'acide chloà plusieurs reprises et l’on voit l'iode contenu dans l’urine teinter le CS’ en
rhydrique pur; on agite
s’y dissolvant.
Le sulfure de carbone est décanté dans un flacon bouché à lémeri et remplacé par une nouvelle quan- | tité, qui, après agitation se teinte à son tour et est décanté. On recommence l’opération tant que le CS, se colore en rose. Il est également utile d’ajouter quelques gouttes d’acide chlorhydrique dans l’urine du décanteur pour libérer les dernières traces d’iode. Quant tout l’iode a été ainsi libéré et dissout, le sulfure de carbone décanté rassemblé est lavé sur un filtre préaiablement mouillé à l’eau distillée, tant que l’eau de lavage présente une réaction acide,
Le lavage terminé, on crève le filtre sur un flacon bouchant à l’émeri contenant environ 30 centimètres cubes d’une solution de bicarbonate de soude. à 5 pour I 000.
C’est dans ce flacon que s'effectue le dosage de
l'iode, au moyen d’une solution titrée d’hyposulfite
de soude fraichement préparée, et ajoutée par degrés jusqu’à décoloration complète du sulfure de car-
bone ; il convient d'agiter énergiquement après
chaque addition d’hyposulfite.
Les essais effectués avec une solution titrée d'iodure de potassium nous ont montré que l’iode était exactement dosé par cette technique.
Recherche et dosage de l’iode dans le Plasma
- Le sang recueilli dans un tube à centrifuger contenant une petite quantité d'oxalate de potassium en solution est centrifugé le plus rapidement possible, le plasma était décanté, 20 centimètres cubes de plasma sont mélangés à un volume égal d’acide trichloracétique à 20 0/0 ; le tout est versé sur un filtre et c’est sur le liquide clair de filtration qu'était opérée la recherche et le dosage de l’iode par le procédé indiqué ci-dessus pour l'urine. Ce procédé indiqué par Chabanier permet de doser les iodures en circulation dans le plasma sanguin.
- ExPÉRIENCE IV. — Chien pesant 6 kilogs.
5 juillet, — Injection de 2 cmc. 5 d'huile iodée en cinq minutes, aucun phénomènenotable consécutif, pouls 120, respi ration 45. L’urine prélevée par sondage de demi-heure en
demi-heure montre la présence de l’iode au bout d'une heure
et demie.
6 juillet. — L’urine des vingt-quatre heures contient des
+ (Et
traces d'iode, pouls 120, l'animal est gai. Appétit conservé, respiration 45.
7 juikiet. — L'urine contient des quantités d’iode nettement appréciable, habitus normal.
8 juillet. — Injection de 3 centimètres cubes d'huile iodée en huit minutes, après l'injection pouls 120, respiration 48. L’urine renferme de l’iode (Poids 5 k. 800).
9 juillet. — L'élimination d’iode continue.
10 juillet. — Injection de 2 cmc. 5 d'huile iodée.
11 juillet. —"L’élimination d’iode continue.
12 juillet. — L'urine renferme des iodures, injection de 3 centimètres cubes d'huile iodée.
13 et 14 juillet. — L'urine renferme une notable quantité d'iode. |
Depuis le début de l'expérience l’animal n’a présenté aucun trouble des grandes fonctions, il a conservé sa gaieté et son appétit, le poids a seulement diminué (5 k. 400).
Il a reçu à cette date en dix jours 11 centimètres cubes d'huile iodée à 4o 0/0, soit x gr. 83 par kilogramme d'animal, c'est-à-dire 5 gr. 94 d'iode.
15 juillet. — L'animal se présente abattu, le poil sec, amaigri, l'appétit est nul, les selles diarrhéiques, le pouls est à 140, la respiration à 56, les conjonctives sont enflammées avec une sécrétion mucopurulente, les naseaux laissent également suinter un jetage mucopurulent.
Les urines ne renferment pas d’albumine mais de l'iode'et des phosphates.
Les jours suivants les symptômes d'intoxication iodique persistent, le poids est descendu à 4 k. 800.
19 juillet. — L'’élimination urinaire de l’iode continue.
21 juillet. — La conjonctivite a presque disparu, les autres symptômes d’iodisme s’atténuent légèrement.
29 juillet. — Tous les signes d'intoxication ont disparu, l’état général s’est amélioré, le poids est remonté (5 k. 900) l'urine contient de liode.
11 août. — L'état général est bon, poids G k. 900) l'urine renferme encore des traces d’iode, pas d’albumine.
Conclusions. — Ce chien pesant 6 kilogrammes a supporté o emc. 4o à o eme. 50 par kilogramme d’huile iodée à 4o 0/0 en injections intraveineuses répétées quatre fois en huit jours sans présenter d'accidents immédiats, ni tardifs ” imputables au mode d'administration.
11 centimètres cubes d'huile iodée à 4o oo : 1 cmc. 83 par kilogramme soit 5 gr. 94 d’iode combiné : r gramme par kilogramme sensiblement, administrés en huit jours ont déterminé des accidents d’iodisme qui sont apparus trois jours
après la dernière injection.
ExPÉRIENCE V. (Sur le même animal) (Poids 5 Kk. 900).
11 août. — Injection de 3 centimètres cubes d'huile iodée {pouls 120, respiration 48).
19 août. — Injection de 3 centimètres cubes d'huile iodée pouls 120, respiration 44. Aucun trouble immédiat, ni consécutif du côté de la respiration ou de la circulation.
13 août. — L'animal présente de la diarrhée et des vomissemenis, l'urine renferme une notable quantité d’iodure.
16 août. — La diarrhée et les vomissements ont cessé.
19 août. — L'état général est redevenu bon (Poids 5 k. 600).
3 septembre. — L'urine renferme encore des traces d’iode. Poids 6 k. 5oo.
Conclusions. — Deux injections consécutives de 3 centi-
mètres cubes, en deux jours, au total 1 centimètre cube par
kilogramme (0 gr. 54 d’iode) ont déterminé des phénomènes
d’intolérance iodique, alors que le même animal avait sup-
porté 8 centimètres cubes en six jours précédemment.
Nous noterons l'apparition précoce (vingt-quatre heures) des signes toxiques alors que l'animal avait subi déjà une série de piqûres antérieures à celles qui les ont déterminés.
Nous noterons aussi l'influence du traitement sur le poids
j qui s’est abaissé à la suite des injections puis s’est relevé pendant la période de repos.
Nous retiendrons enfin la longue durée de l'élimination
urinaire, qui dépasse vingt-neuf jours.
ExPéRiENCE VI. (Sur le même animal) (Poids 6k. 500).
8 septembre.— Injection de 2 centim. cubes d’huile iodée.
9 septembre. Injection de 2 centim. cubes d'huile iodée.
10 septembre et jours suivants. — Aucun signe d’iodisme, bon état général,
13 septembre. — Poids 6 kgr. 500.
18 septembre. — Poids 7 kilogrammes l'élimination iodique se poursuit.
Conclusions. — La dose de 2 centim. cubes o cmc. 66 par kilogramme (o gr. 35 d’iode) répétée à vingt-quatre heures
d'intervalle ne donne pas lieu à des signes d’intoxication.
ExPÉéRiENCE VII. (Sur le même animal) (Poids 9 kgr.).
19 septembre. — Jnjection d'huile iodée 5 centimètres cubes.
20 septembre. — Une prise de sang est effectuée dans la veine saphène externe, l’iode à l’état d’iodure y est recherché
et dosé selon la technique exposée précédemment; à l'échelle
o gr. oo1 d’iode en circulation.
colorimétrique, nous avons retrouvé o mgr. o1 dans 5 gr. de sang, en évaluant au 1/13 du poids du corps le poids total de sang on aurait approximativement pour 538 grammes,
23 septembre. — Injection d'huile iodée : 2 eme. 5.
13 octobre. — L'animal est sacrifié.
L’autopsie montre l'existence d’un pannicule adipeux relativement développé.
Les organes sont sains et ne donnent lieu à la constatation d'aucune lésion apparente.
Le poumon présente quelques cicatrices grisâtres étoilées à la surface du parenchyme, il crépite partout à la pression, et ne présente sur les coupes aucune trace d’induration.
Des coupes pratiquées dans le tissu pulmonaire ont montré qu’en certains points il existait des lésions histologiques caractérisées par un épaisissement des parois alvéolaires avec infiltration par des hématies, et une légère exsudation. Ces lésions sont attribuables à l’iodisme constaté à plusieurs reprises sur le sujet, au cours des expériences.
Des fragments d'organes et de tissus ont été soumis à la calcination en présence de potasse caustique, au voisinage du rouge sombre, et dans le résidu repris par l’eau nous avons recherché la présence de l’iode. Nous l'avons retrouvé dans le corps thyroïde, les ganglions, la rate, le foie, la graisse sous-cutanée et péritonéale.
Conclusions. — L'iode introduit dans le sang à l’état de combinaisor huileuse n’est pas libéré brutalement puisqu'il n’y en avait environ que 1 milligramme en circulation dans le sang, à l’état d’iodure vingt-quatre heures après une injec-
tion de 5 centimètres cubes d'huile iodée.
le 02 —
Le chien a reçu au total 28 emc. 5 d'huile iodée à 40 0/0, & cmc. 75 par kilogramme en dix injections.
Malgré les doses considérables injectées et leur répétition, l’autopsie ne montre que des lésions pulmonaires minimes ne dépassant pas le stade congestif, aucun foyer de bronchopneumonie.
L'iode s’accumule dans la plupart des tissus et crganes et
notamment dans le tissu adipeux.
. ExpéRIENCE VIII (résumée). — Chien pesant 7 kgr. 800 (fox terrier très vigoureux).
18 juillet. — Il reçoit 6 centimètres cubes d'huile iodée à 4o oJo (lipiodol) soit o cmc. 78 par kilogramme, l'injection est faite en dix-huit minutes.
Aucune modification n’est notée dans l’état du sujet après l injection, le pouls reste calme, à x 16, la respiration normale,
19 juillet. — Aucun trouble apparent, aucun signe d'intolérance iodique. On retrouve l’iode dans l'urine.
/ 8 Les jours suivants l’état général reste bon, pas de signes d'intoxication, l’élimination de l’iode continue.
22 juillet. — Poids 7 kgr. 400, l’urine contient de l’iode en quantité notable. |
28 juillet. — Poids 7 kgr. 700, l'urine contient de l’iode en quantité notable.
7 août. — Poids 8 kgr. 200, l'urine contient de l’iode en quantité notable.
L’élimination se poursuit d’une façon continue jusqu’au. 18 août (2° jour) puis elle devient intermittente à l’état de traces, l'iode a été trouvé pour la dernière fois dans l'urine, le 18 septembre, le soixante-deuxième jour après l'adminis-
tration.
dci
19 octobre. — Poids 8 kgr. 400. Injection de 2 centimètres cubes d’huile iodée.
10 novembre. — Poids 8 kgr. 800. Injection de 1 centi-
mètre cube d'huile iodée.
FT
The LE L£ g 4 = a N RE Se HER
Pre) | ï EE CHE
CEEERE HE ne | =
ne EE ut,
ERELENEENU ES
Ce RÉ EEE aa Eu Le] ae
13 novembre. — Injection de 1 cmc. cube d'huile iodée. 17 novembre — dereme. —— 20 novembre — de 1 cmc. — 24 novembre — dé remet: —
L'animal n’a présenté à cette date et ne présentera par la suite aucun trouble ni signe d’intolérance.
rer décembre. — Poids 9 kgr. 100.
L'iode est retrouvé dans l'urine jusqu’au 8 janvier (45° jour).
Conclusions. — Après l'injection en une seule fois de 6 centimètres cubes d'huile iodée, l'élimination de liode s’est poursuivie pendant soixante-deux jours.
Après des injections répétées de 1 et 2 centimètres cubes,
Le 07
au nombre de 6 en trente-huit jours, au total 7 centimètres cubes d'huile iodée, l'iode a cessé d’être retrouvé dans l'urine
quarante-cinq jours après la dernière injection.
ExPéRience IX.— Chienne 6 kgr. 600, reçoit le 23 octobre 5 centimètres cubes d'huile iodée en deux injections à dix minutes (o gr. 80 par kilogs).
25 octobre. — L'animal présente des signes d'intoxication (Diarrhée, vomissements) qui durent deux jours et disparaissent.
28 octobre. — Injection de 2 centim. cubes d’huile iodée.
10 novembre.— Injection de 3 centim. cubes d'huile iodée.
13 novembre.— Injection de 3 centim. cubes d'huile iodée.
17 novembre.— Injection de 3 centim. cubes d’huile iodée.
24 novembre.— Injection de 3 centim. cubes d'huile iodée.
Soit au total, injection de 19 centim. cubes d'huile iodée, soit 2 cmc. 87 par kilogramme en trente-deux jours.
L'animal fut sacrifié le 2 décembre, par émission sanguine, les organes ne présentent à l'examen aucune lésion apparente, le foie et les reins sont de coloration normale ; le poumon présente seul un piqueté rougeâtre disséminé sur certains lobes sans induration, pas d'infarctus.
A la coupe, le piqueté se prolonge, formant des placards de teinte rosée tranchant sur le tissu sous-jacent plus pâle.
Des fragments d'organes prélevés immédiatement furent fixés dans le liquide de Bouin, d’autres soumis à l’imprégnation par l’acide osmique.
Après inclusion, les coupes montées furent colorées à l’hématéine, éosine.
Le poumon seul présente des lésions. Les lésions rele-
nes |
vées sont comparables à celles décrites plus haut dans l'expérience VII, elles s'arrêtent toutes au stade congestif.
Les coupestraitées par l'acide osmique montrent dans les capillaires des masses noires en obturant la lumière, et des lésions d'infiltration et de congestion au voisinage des ca-
pillaires obstrués.
à BA NE RU] AE dt