AVANT-PROPOS
En 1916,les chevaux des armées furent atteints par une affection de nature mycosique, due à un parasite voisin des levures, le cryptococcus de Rivolta. Cette affection caractérisée par le développement de gommes cutanées, et de lésions des lymphatiques des régions atteintes, a uae tendance envahissante et est susceptiblé de généralisation.
Les complications qu’elle entraîne, surtout lorsqu'elle siège aux membres, infiltration éléphantiasique, dermite exsudative à tendance nécrotique, ont un caractère incurable qui impose souvent le sacrifice d'animaux rendus inutilisables.
Certains chevaux, plus spécialement ceux venus d'Afrique, furent d’abord atteints, mais la maladie
se transmettant par contagion, prit bientôt de l'extension, et de tous côtés on entreprit de la combattre. mt
Au gouvernement militaire de Paris d’abord, en collaboration avec mon distingué confrère et ami M. Bridré, chef de Laboratoire à l’Institut Pasteur, puis à l'hôpital vétérinaire de la X° armée, j'eus l’occasion de pouvoir étudier la maladie.
Je dois ici adresser mes remerciements les plus vifs à MM. Jacoulet et Alix, vétérinaires principaux de 1°° classe de l’Armée, grâce à qui j'ai pu entreprendre et poursuivre les essais et études sur le cheval relatées plus loin.
En raison de la nature mycosique (1) de l’affection,connaissant les résultats obtenus par Thomassen dans l’actinomycose, par de Beurman et Gougerot dans la sporotrichose avec la médication iodurée, c’est à cette médication que je soumis d’abord les premiers cas que j’eus à traiter. J'ai publié le résultat de ces essais dans le Recueil de médecine vétérinaire (2).
La longue durée du traitemeit et les doses considérables d’IK, nécessaires pour obtenir la guérison, m'amenèrent à essayer d’autres méthodes thérapeutiques. Parmi celles-ci figurait l'emploi de l'huile iodée en injections intraveineuses. C’est grâce à M. Billon d’abord, puis au D' Lafay que malgré la
1. Bridré, Nègre et Trouette, Annales de l’Institut Pasteur, septembre 1912.