‹ Contribution à l'étude de la méthode de percussion métallique et d'auscultation combinéesChapitre 17 sur 20 · livre dans le commerce : comprimé dans une vessie de · texte numérisé non relu

livre dans le commerce : comprimé dans une vessie de

caoutchouc et ausculté dans le sens de la longueur, il

laisse, étant sec, percevoir un son métallique très loin-

tain; injecté d’eau par places, il donne une perception auditive négative ou un très léger bruit de bois; complètement imbibé, il transmet le son rhétallique, net. (Cette dernière observation devance l'emploi que nous en ferons). Fin :

Le son d’airain relève du phénomène observé quand on place une source. sonore sur un tambour : résonnance, consonnance el conduction. La boîte de résonnance offre le maximum de qualités. C’est l'explication de M. Barth, à laquelle nous nous permettrons de changer un mot : « Lorsque les vibrations sonores provoquées par le choc de percussion se produisent dans une cavité à parois régulières de plus de 6 centimètres de diamètre dans laquelle les ondes sonores peuvent s’entrecroiser librement, les sons harmoniques produits s'ajoutent à la note fondamentale et le bruit obtenu ressemble... à celui d’un instrument de métal frappant le bord d’une coupe de bronze » (1).

(1) H. Barru: loc. cit., p. 116. M. Barth dit: « arrive à dominer la note fondamentale ». É Biermer a observé dans les hydropneumothorax certaines variations, dans

Dans l'hypothèse de la transmission par la paroi,

l’ébranlement par les ondes réfléchies adopte le même mécanisme. c a Le son métallique est sous la dépendance de la consonnance et de la conduction. De la source sonore à l'oreille, il peut se propager au long du tissu dense à la façon du signe auscultatoire capté par le stéthoscope de Laënnec. Dans cette hypothèse, il est fonction de la continuité et de la valeur consonnantique de la matière homogène unissant les parois. Or on constate, l'hémogénéité physiologique étant respectée, que, d'une part, le poumon normal, de faible densité, est mauvais conducteur du son, et que, d'autre part, le foie de densité élevée, ausculté directement sur la table d’autopsie, livre le son métallique. Mais la mise en branle consonnantique n'est pas toujours en rapport, pour une matière déterminée, avec sa cohésion moléculaire. Une bouillie plâtrée, mise dans la vessie à glace, laisse quand elle est liquide, percevoir le son métallique; la perception auditive disparaît à peu près quand elle épaissit, pour reparaître métallique et nette à mesure qu'elle sèche. Considérant la transmission par la paroi, nous pren-| drons les deux cas extrêmes générateurs du son métallique :- la congestion massive, aiguë, en bloc (pneumonie, par exemple) dans la constitution de laquelle le tissu liquide sanguin entre pour une grande partie, mais dont les conditions de résonnance, de consonnance et de conduction sont modifiées par l’exsudat alvéolaire,

la hauteur de son, déterminées par les SÉpIAGE rente du liquide quand le malade change de posilion.

dissemblable d’alvéole à alvéole et qui crée une discontinuité relative dans l'homogénéité de l'appareil conducteur du son. Sa valeur consonnantique, se rapprochant de celle du foie, permet à la côte qui le longe de conserver la grandeur et la qualité de l'ébranlement vibratoire initial. Il en est de même pour l’organisation fibreuse ancienne et importante, jetant ses travées denses et riches le long et au travers d'un parenchyme dont les alvéoles ont disparu ou acquièrent, pour le petit nombre conservé, la qualité de boîtes de résonnance : le son métallique est transmis de façon souvent éclatante. Dans cette hypothèse de conduction pariétale, les côtes entrent en vibration le long des plans sous-jacents dont la qualité consonnantique, l'ébranlement vibratoire par sympathie, par contiguité conservent la valeur sonore dé la source d'émission. 0

Quant au son argentin, est-il produit par le liquide seul? Nous répondrons tout de suite : non. M. Pitres (1) mentionne d’une part, que les liquides transmettent les vibrations sonores « sans altérer sensiblement leurs qualités primitives »; d’autre part « qu'une poche de caoutchouc complètement remplie d’eau transmet très nettement, avec un bruit argentin, les bruits de percussion métallique ».

Cette dernière expérience, renouvelée plusieurs fois, nous a fait constater soit le son métallique absolument franc, soit la conservation du son du diapason ; l’auscultation, l'oreille dans l’eau,‘ donne le même résultat : le

(1) À. Prrres: op. laud., p. 109-110,

son {ransmis est seulement un peu plus élevé que le son fondamental; la transcussion métallique, dans les cas d’ascite vérifiée produit le même phénomène (1); le diapason, vibrant au niveau d’un épanchement thoracique laisse percevoir le son initial sans changement de ümbre. De plus, le son argentin existe, ne l’oublions pas, chez l'individu normal.

Dans une vérification expérimentale, sur le cadavre (2) suspendu par les aisselles, nous n'avons pas trouvé le son argentin physiologique à la percussion; nous avons obteñu, au niveau du thorax. partout, le son métallique, sans grandes nuances. Par une série d'injections, nous avons introduit dans la plèvre cinq liquides de densités Fe HAS variant de 1,001 à 1,050 (la densité moyenne des liquides séro-fibrineux est de 1,014, celle du sang de 1,055), en continuant à obtenir le son métallique, un peu plus affaibli à partir de 350 centimètres cubes de liquide injecté et avec le pius dense. %

D'autre part, le son argentin est produit par les conditions où vibre notre source sonore appliquée sur un plan musculo-osseux: on l'obtient très net, en auscultant la partie externe de la cuisse et en percutant la partie moyenne de la jambe, au niveau du péronée ou à 2 centimètres en dehors de la crête du tibia, les deux pôles d'émission et de réception élant séparés par une distance de 30 à 32 centimètres environ. Il faut, à ce

niveau, une certaine épaisseur de muscle entre la source

(1) R. ‘Rome: loc. cit.

(2) La malade, âgée de 52 ans, était morte rapidement des suites d’un iclus et ne présentait rien d’anormal au point de vue pulmonaire, sauf une légère

congeslion des bases.

RCE. 4” REA

et l'os ; une épaisseur minime donne le son métallique;

une grande épaisseur ne laisse rien percevoir. IH en est de même pour l'éloignement du matériel vibrant.

. C’est le même phénomène, réalisé par la percussion auscultatoire thoracique aux niveaux qui livrent le son argentin physiologique : la présence du parenchyme pulmonaire, d'une part, l'absence de plan osseux d'autre part (dans l’auscultation ou la percussion abdominale) suppriment le phénomène. ;

À l'état pathologique, dans le cas d’ épanchement récent, la présence de liquide juxta-pariétal modifie les

conditions de vibration de la paroi, en contact, non plus

avec le poumon, mais avec une matière homogène pour laquelle il y a lieu de distinguer une valeur consonnantique et conductrice propre, liquidienne, et une valeur de relation créée par le système vibratoire : paroi musculo-osseuse, plan liquide et poumon sous-jacent (De liquide, nous l'avons vu, réduit l'amplitude des vibrations et élève le son, sans supprimer la note fondamentale ;

mais ici, il paraît s'opposer, dans une certaine mesure,

à l’ébranlement de la paroi pourvue de son tonus normal, sur lé vivant. Le son argentin est de toute évidence fonclion du système exposé plus haut. Les vibrations sont diminuées d'amplitude par défaut d'élasticité du plan liquide; la côte ne vibre plus sur la même étendue el dans toute son épaisseur : amplitude et longueur d'ondes sont transformées. Nous nous heurtons à la diffi-

culté, de n'expliquer que par des hypothèses le mode (1) Le système devait être incomplet dans le cas de l’'Obs. d'hydropneumothorax n° 21, par suite, crovons-nous, de la rétraction du poumon,

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