À. — PARALYSIE ASCENDANTE AIGUE MÉLITOCOCCIQUE
H. Roger, Poursines et Audier rapportent, dans le numéro 6 des Arch. de Méd. générale et colomale de Marseille
de 1933, un curieux cas, unique dans la littérature, de pa- 1alysie ascendante aiguë, type Landry, rapidemetn curable, qu’ils rattachent à la mélitococcie, en dépit de la négativité du séro de Wright, en raison de la notion d’endémicité maltaise, de l’absence des infections habituelles qui provoquent pareils syndromes, syphilis en particulier, et surtout d’une intradermoréaction à l’Abortine hyperpositive.
Il s’agit d’une malade d’une trentaine d’années, qui réalise un mois à peine après le début d’une infection légère, une paralysie flasque des membres inférieurs, qui ce propage rapidement aux membres supérieurs, au pharynx, et aux muscles masticateurs. Le syndrome est presque complet en trois jours; puis il régresse beaucoup plus . Jentement qu'il ne s’est installé; l’amélioration est cependant telle que deux mois après le début, la malade peut marcher et que les réflexes primitivement abolis, sont revenus. Le liquide céphalo-rachidien a suivi la même amélioration que les signes cliniques, puisque la grosse dissociation albuminocytologique du début de l’évolution, 2 gr. 10. d’albumine pour 3 à 4 éléments, s’était considérableinent réduite deux mois après, l’analyse ne révélant que. T5 centigr. d’albumine pour 8 éléments.
Ce syndrome clinique à sa période d'état s’apparente assez, avec les paraplégies flasques décrites précédemment sous le nom de radiculo-névrite, avec xanthialmine et réaction albumino-cytologique intense du liquide céphalo-rachidien. Il est toutefois impossible d'affirmer qu'il soit sous la dépendance. de semblables lésions. Cependant, 1l est très vraisemblable, étant donné la régression assez rapide, qu'il s’est agi d’un processus névritique, plutôt que médullaire; c’est pourquoi nous avons cru bon de
dun mentionner ce cas, dans la première partie de ce travail, consacré aux manifestations périphériques.
B. — SyxpromMe pe KORSAKOFF MÉLITOCOCCIQUE
Une association relativement fréquente, comme nous l’avons vu précédemment, est celle des troubles psychiques aux phénomènes névritiques.
Il semble qu’en pareil cas on puisse parler d’un véritable syndrome psycho-polynévritique, d’un syndrome de Korsakoff d’origine mélitococcique, d’autant que la désorientation dans le temps et dans l’espace, assez spéciale à ce syndrome, ne fait pas défaut.
Tel est le cas que nous venons d’observer tout récemment avec le professeur Janbon (obs. VI).
Un juge de paix de 50 ans, deux mois après le début d’une fièvre de Malte, présente le tableau neurologique suivant :
a) Des troubles psychiques du type confusion mentale: obnubilation, désorientation dans le temps et dans l’espace, amnésie totale, hallucinations.
b) Une paralysie flasque des membres inférieurs avec troubles de la sensibilité, amyotrophie considérable, œdèmes des jambes, modifications importantes des réactions électriques, discrète réaction méningée biologique.
Accompagnant cet ensemble, une fièvre du type ondulant et une déficience profonde de l’état général.
Viet