INTRODUCTION
2 1 bAtonone ee est une ie hétéronyme caractérisée par la perte de la vision dans la partie interne du champ visuel des deux yeux. La plupart
des auteurs qui ont étudié cette question et en ont publié
des observations sont étrangers; cependant on en trouve des cas de plus en plus nombreux dans la littérature ophtalmologique et neurologique française, à mesure que l’on se rapproche de la période CE raine.
C est une altération rare du champ io alors que les ‘hémianopsies bitemporale ou homonyme sont d’ob-
- servation relativement fréquente. Dans leur étude faite sur cette question, MM. A. Baudoin, Halbron et Depa-
ris, en ont relevé 131 cas dans la littérature de 1880 à 1934, le plus grand nombre dans le mémoire de Lutz paru en 1928 et qui contient presque toutes les observations parues jusqu’à cette date. Depuis 1934 peu d'observations ont été publiées, tout au moins en France. Cette question de l’hémianopsie binasale est encore assez mal connue. Plusieurs mécanismes ont été jus- Qu’i ici invoqués pour expliquer sa production. C’est que
- l’hémianopsie binasale n’est pas un trouble oculaire
isolé, elle n’est en effet qu’un symptôme observé dans un certain nombre de cas assez disparates. Ce symptôme + j .
évolue en général sans signe subjectif caractéristique, ceux-ci ne dépendant que des circonstances étiologiques. De là vient peut-être la rareté de l’hémianopsie binasale qui n’est découverte qu’au cours de l’examen complet d’un malade qui vient consulter soit un neurologue pour des troubles nerveux divers, soit un ophtalmologiste pour baisse de l’acuité visuelle. Or, l’examen périmétrique n’est pas toujours systématiquement pratiqué. Parfois cet examen est difficile à pratiquer, du fait du psychisme déficient du malade, ou par suite de la perte
de la vision centrele et les schémas obtenus n’ont rien
de caractéristique.
Aussi on à rarement pu observer l'hoHapeee à son début. Cependant on constate généralement que l’évolution du rétrécissement du champ visuel se fait de la périphérie vers le centre. Dans certains cas, le rétrécissement apparaît d’abord dans le quadrant inféro-
‘nasal, dans d’autres c’est le quadrant supéro- -nasal qui
est le premier. atteint.
Rarement le champ visuel nasal est Si rétréci, séparé du champ temporal par une ligne médiane passant par le centre; au contraire la plupart du temps l’hémianopsie dépasse la zone maculaire et empiète plus ou moins sur le côté temporal.
Selon le facteur étiologique, l’hémianopsie a une évolution variable. Si la lésion causale évolue lentement ou reste stationnaire, elle évoluera de même. Au contraire, si la lésion s’étend, elle évoluera vers la cécité totale par atteinte successive des champs visuels centraux et temporaux.
On admet classiquement que pour produire une altération symétrique du champ visuel des deux yeux, la
PS . 2 \ . ‘ \ PE lésion doit siéger au chiasma. Aussi a-t-on divisé les
hémianopsies binasales en deux classes :
1° Celles avec modifications ophtalmoscopiques :
2° Celles sans modifications ophtalmoscopiques ; Dans les premières, qui seraient les plus nombreuses, il y a atrophie optique ou névrite optique. Rakowick, en 1895, observe un scotome binasal chez un malade atteint de névrite optique bilatérale, qui atteint peu à peu tout le nerf et le scotome s'étend à tout le champ visuel. En
somme l’hémianopsie binasale ne fut qu’une phase au cours de l’évolution de la névrite optique. Ce processus
évolutif a été maintes fois observé au cours de névrites
‘diabétiques: cas de Lang et Beevor en 1594, Rônne en 1912, Price et Heer en 1914, Bull en 1928
Eale observa une neuro-rétinite chez un brightique avec hémianopsie binasale. Rônne chez un diabétique. Toutes ces observations, ont un point commun, c’est de présenter une hémianopsie binasale passagère au cours d’une névrite optique ‘en évolution.
L'’atteinte ne siège pas au chiasma, mais l’infection causale frappe avec prédilection les seules fibres correspondant au champ visuel nasal, qui s’atrophient les premières, et qui sont lésées au cours de leur trajet entre le chiasma et le globe oculaire ou dans le globe lui-même. On peut qualifier ces cas de fausses hémianopsies.
Les hémianopsies sans lésions du fond d’œil sont plus rares. Elles ont leur siège au chiasma. On admet dans ce cas qu’il faut une atteinte bilatérale et symétrique portant sur les bords latéraux du chiasma qui contiennent les fibres se rendant aux segments externes des deux rétines.