INTRODUCTION
Dans une communication faite au V° congrès de médecine, M. le professeur Lavrand (de Lille) rapportait plusieurs cas d’érysipèle à répétition, où les malades qu'il avait traités n’avaient plus eu aucune récidive. Il avait fait le curettage du cavum pharyngé, ayant constaté chez. tous des lésions à ce niveau. Le succès du traitement montre les relations étroites qui existent entre l’érysipèle à répétition et les altérations du pharynx. Ces relations sont connues depuis longtemps, mais il nous semble que l’on n’y a pas attaché suffisamment d'importance. Les faits cités par M. Lavrand montrent que cette importance est de premier ordre. Nous ne voulons pas prétendre que tous les érysipèles spontanés de la face à répétition sont
dus à des altérations de la muqueuse pharyngée ; mais
Nr nous pensons et nous voudrions établir qu’un très grand nombre de ces érysipèles, même parmi ceux auxquels on attribue souvent une origine cataméniale, relèvent de cette cause.
La pathogénie de lérysipèle à répétition est un problème encore bien obscur de nos jours, et nous serions heureux d’apporter quelques éléments à sa solution. Aussi avons-nous accepté avec plaisir de M. Lavrand l'offre de reprendre et de développer les idées précédemment émises par lui. En plus des observations qu’il a reproduites, nous apportons deux faits nouveaux. Ils n'ont pas trait à des érysipèles, mais ils témoignent des relations étroites qu'il y a entre le pharynx et deux affections qui ont récidivé. Pour ce motif, ils viennent à l’appui de nos idées pathogéniques sur les érysipèles spontanés à répétition de la face.
La pathogénie et le traitement de cette affection consütueront les deux principaux chapitres de ce travail. Nous commencerons par un court historique et nous verrons ce que l’on pense actuellement de la question qui nous occupe.
Mais avant d'aborder notre étude nous avons à présenter à M. le professeur Lavrand l’expression de notre sincère gratitude. Il à mis à notre disposition un certain nombre de nos observations, ilnous a inspiré de ses bons et savants conseils, nous lui en serons toujours profondément reconnaissant.
Que nos professeurs de la Faculté libre de Lille, où nous avons passé les premières années de nos études mé-
dicales; que nos maîtres dansles hôpitaux de Paris, dont
nous avons suivi les savantes cliniques, reçoivent l’hommaye de notre respectueuse reconnaissance,
Merci à M. le Professeur Hutinel, qui a bien voulu nous faire l'honneur d’accepter la présidence de notre
thèse,