‹ Contribution à l'étude de la pathogénie et du traitement des spasmes fonctionnelsChapitre 4 sur 17 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Introduction

Les impotences professionnelles ne sont pas une affection d'observation récente. On lit, en effet, dans le Bulletino delle Scienzo Mediche, mars 1896 : « L’historien Strevonius, nous apprend qu'Octave- Auguste, était atteint d’une sorte de rigidité et de contracture de l'index droit qui lui rendait parfois l'écriture très difficile. Il était obligé de porter à l'index un anneau en corne qui, remplissant l’espace libre entre le style et l'index, permettait à celui-ci de maintenir, malgré son impotence, le style fixé:

En Allemagne, Brück (1831), Gierl (1832), puis Heyfelder (1835) décrivent la crampe des écrivains. Brück la compare au bégaiment, Heyfelder à la chorée locale.

En France, le Dr Cazenave, dans un article sur « Quelques infirmités de la main qui s'opposent à

se l'acte d'écrire », rapporte plusieurs observations d'écrivains atteints de cette affection. Plus tard, on étend létude de ces impotences à une foule de professions : servantes occupées à la traite des vaches ; cordonniers, couturières, musiciens, télégraphistes, etc.

Duchenne (1), de Boulogne montre que le spasme peut établir son siège dans toutes les régions et que l'impotence est le résultat de contractures, ou de tremblements ou, enfin, de paralysie. Il donne ensuite un tableau symptomatique de l'affection auquel, depuis, on n’a presque rien ajouté.

En 1877, Gallard, dans une clinique de la Pitié, montre que la diathèse rhumatismale est fréquente chez ces malades. Il cite le cas d’un employé d’administration atteint de crampe douloureuse des écrivains, descendant d’une mère rhumatisante et souffrant lui-même d’arthrite rhumatismale.

Poore, en 1878, publie, dans le Medico chirurgical, Transaction London, un travail important sur la crampe des écrivains, fondé sur plus de cent observations. Il insiste sur l'existence, dans la plupart des cas qu'il rapporte, de lésions de névrite ou de simples douleurs névralgiques et sur la grande fréquence, chez ces malades, de raideurs articulaires ou de déformations rhumatismales des doigts.

Plus près de nos jours, Lallemant (Paris 1887), et Gaboriau, la même année, fontde la crampe des écrivains le sujet de leur thèse. Fournier (Thèse, Paris,

(1) Eleclrisalion localisée, page 9928.

1889), après avoir montré l'importance du rhumatisme dans l'étiologie des phénomènes spasmodiques en général, concluten disant: « Lespasme fonctionnel peut être l’aboutissant d'une foule d'états qui ont un point eommun: l’excitabilité anormale de certains groupes de muscles. Sa production nécessite une prédisposition ou un concours de circonstances (froid, rhumatisme) capable de produire une affection quelconque du système nerveux.

Nous venons, après tous ces auteurs et bien d’autres encore que nous ne citons pas, consacrer quelques pages à l’étude de cette intéressante affection. Tous les symptômes, toutes les variétés qui la constituent ont été décrits en détail, mais nous estimons que ce qui importe davantage c'est de savoir chez quels sujets, sous l'influence de quelles causes. et par quel mécanisme se montrent ces spasmes, réputés rebelles à toutes les médications.

Nous nous proposons d’élucider,dans cette courte étude, l’étiologie et la pathogénie la plus habituelle des crampes fonctionnelles. en insistant sur le rôle prépondérant du rhumatisme et des intoxications dans leur production. Ce travail est basé sur trois observations de malades rhumatismants, atteints de crampes des écrivains, que M. le professeur Pierret avait traités et guéris grâce à une médication qui reposait tout entière sur la pathogénie de l’affection.

Voici l’ordre dans lequelnousavons développé nos idées”;

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