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INTRODUCTION

Aujourd'hui où l’homéopathie a pris, en France et dans le monde entier, un développement considérable, il nous a semblé qu'on laissait peut-être un peu trop dans l'ombre l’une de ses branches essentielles : l’industrie et le cominerce de la pharmacie homéopathique.

Bien plus qu'à la technique du remède infinitésimal — dont l’action, hâtons-nous de le reconnaître, peut être encore discutée, mais à cessé d'être l’objet d'irontes et de plaisanteries faciles — c’est à l'histoire de la pharmacie homéopathique que nous nous sommes surtout attachés dans les pages qui suivent. Histoire si étroitement liée à celle de la nouvelle école médicale fondée par Samuel Hahnémann, à ses débuts difficiles et à ses luttes, que force nous a été de retracer tout d'abord à grands traits la carrière de ce novateur.

Le passé de la pharmacie homéopathique est assez mal connu, bien qu'il soit de date relativement récente. Il n'y a, en effet, guère plus d’un siècle que l’homéopathie a été introduite chez nous et que ses premières ‘officines y ont fait leur apparition. Les grands-pères de beaucoup d'entre-nous ont pu être témoins de leur fondation. Et pourtant, elles nous sont moins familières, nous les situons moins facilement que les officines de certains apothicaires contemporains de M. Purgon.

Peut-être oublie-t-on trop aussi que la préparation des remèdes homéopathiques a précédé la création des premières pharmacies spécialisées. C’est parce qu'Hahnemann, notamment, se chargeait lui-même d'approvisionner de médicaments: sa clientèle que des hostilités se

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déchainèrent contre lui et contre sa méthode. Là encore, il y a un aspect de la diffusion du remède homéopathique qu'il est impossible d'étudier sans évoquer certaines pratiques professionnelles de Samuel Hahnemann.

Rappelons, après la curieuse figure de ce réformateur, le souvenir des premiers pharmaciens homéopathes en France, l'essor pris peu à peu par leurs préparations, les progrès réalisés dans la confection des remèdes homéopathiques grâce à l’organisation moderne, à l'outillage perfectionné des laboratoires actuels, autant de sujets que nous aborderons et qui tous ont, croyons-nous, leur intérêt.

S’il est très exact que, comme l’a écrit M. Maurice Bouvet dans la préface d’un remarquable ouvrage (1), l'histoire de la pharmacie allopathique « est une admirable lecon de persévérance, un exemple frappant des résultats que l’on peut obtenir par une farouche ténacité dans l'effort », on conviendra que la pharmacie homéopathique, elle aussi, a donné depuis ses débuts une leçon mémorable d'énergie, en parvenant à s'imposer, à développer son industrie en dépit des puissantes résistances qu’elle rencontra sur son chemin. &

C’en est fini de ces querelles avec les Docteurs L.-A. Rousseau et Jean Tétau (2). Il est permis de considérer désormais « comme périmé le stérile antagonisme qui oppose, depuis un siècle, allopathes et homéopathes ».

Les uns et les autres ont leur domaine, et il serait vain de le contester. C’est dire que nous nous sommes gardés de tout parti-pris en abordant notre sujet. Nous n'avions pas à faire l'apologie ou la critique des préceptes hahnemanniens. Notre seul but a été l'exposé de faits précis qui appartiennent à l'histoire médicale.

Parvenu au terme de cette étude, nous manquerions au plus élémentaire devoir en n'offrant pas le témoignage

(1) Histoire de la pharmacie en France des origines à nos jours. (2) Le médecin à la recherche d'une doctrine (Paris, 1947).

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