‹ Contribution à l'Étude de la Phlébite PneumoniqueChapitre 19 sur 24 · S / PIERRE · texte numérisé non relu

S / PIERRE

Souffle systolique à la pointe. Rien à l'abdomen. Varices tres marquées aux extrémités des deux membres inférieurs.

Trois jours après, les veines variqueuses de la jambe droite commencent à causer une douleur considérable spécialement vers le genou où elles sont un peu plus tendues, et bientôt, tout à fait dures sous la main qui palpe.

La température. qui avait un peu baissé, remonte ce jour-là à 10208. Le lobe inférieur droit commence à donner des signes d’engorgement pneumonique. Rythme de Cheyne-Stokes. Deux jours après le début de la thrombose on note que la saphène interne droite est distinctement visible, et qu'elle est légèrement diminuée de volume. Elle donne à la palpation la sensation d'un cordon. (Kdème marqué du pied droit et des deux tiers inférieurs de la jambe. Le malade s’affaiblit graduellement. Les injections de sérum n’aménent pas de réaction, et il meurt tranquillement à 6 h.30 du matin, au dixième jour de sa maladie.

A l’autopsie : pneumonie non résolue du poumon droit, compensée par emphysème du poumon gauche. Thrombose de la veine saphène interne droite, (Edème de la jambe gauche. Dégénérescence graisseuse du foie. Infarctus de la rate et fragmentation du myocarde. |

OBSERVATION XVI (R. W. Steiner.)

Pneumonie lobaire gauche. Infection grave. Terminaison en lysis, Thrombose de la poplitée droite six jours après la chute de la température. Guérison graduelle.

Eugène W..., 27 ans, 37.464. Entre en janvier 1902, se plaignant d'un point de côté/à droite et de fièvre. Pas d’antécédents familiaux. Quelques vagues antécédents personnels de rhumatisme. Sérieuse attaque de blennorragie. Grand buveur.

Frs — D1 —

Cinq jours après son entrée à l'hôpital (« grand froid dans la poitrine », Le jour suivant grand frisson, point de côté à gauche. Un peu de toux. Respiration courte et bientôt expectoration abondante. Pas de crachats rouillés. Constipation depuis son entrée.

Nègre solide et bien musclé. Quelques battements des ailes du nez et un peu de cyanôse. Langue sèche et rôtie.

À l'examen du thorax on voit qu’il y a massure à gauche, mais l'expansion est égale des deux côtés. Le processus pneumonique semble énvahir le lobe inférieur gauche. Là, il y a absence de vibrations vocales, matité et souffle tubaire.

Frottement pleuro péricardique.

Pouls petit. faiblement tendu, irrégulier, dichrote.

Le jour suivant l’état empire. Pouls tout à fait petit et irrégulier. Les respirations sont pénibles 72.76 par minutes. Bruits du cœur à peine perceptibles. On injecte 1.100 cemc. de sérum artificiel. Au moment de l'injection le pouls est incomptable;

. mais on trouve 41 battements cardiaques au quart. Les signes pulmonaires n’ont pas varié, excepté que la tonalité est plus élevée dans la partie supérieure du lobe gauche : mais dans la région interscapulaire on perçoit le souffle tubaire. KFrottements bien marqués à l’angle de l’omoplate et à la base gauche. Pas de délire. Crachats peu abondants, très adhérents non typiquement rouillés mais un peu striés de sang. On y trouve du pneumocoque.

Le neuvième jour au matin il semble décidément mieux et le

“poumon présente des signes de commençante. Cette résolution s'active rapidement. |

Le processus morbide semble être très affaibli.

Le 21 janvier, la température reste normale pour la première fois et le patient semble en convalescence. Six jours après il se plaint d’une douleur dans le bas de la jambe droite.

A l'examen on trouve dans le creux poplité un gonflement allongé, très tendu, ressemblant à une corde de la grosseur du petit doigt. Il s'agissait évidemment d’une veine thrombosée et

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on pourrait en tracer le trajet depuis le mollet jusqu'au tiers inférieur de la jambe. Pas de tension dela veine fémorale droite et pas d’enflure de bas de jambe. La température remonte à 99°. Au neuvième jour douleur dans le creux poplité. À la palpation on détermine une certaine sensibilité. On senttrès bien la corde poplitée.

La convalescence fut compliquée par l'apparition d’une attaque d’uréthrite accompagnée d’épididymite. Il sort dans d'excellentes conditions. À cette époque la veine poplitée n'étant plus qu’à peine perceptible.

OBSERVATION XVII (Widal.) Pneumonie droite. Phlébite de la popltée droite. Guérison.

B..., 59 ans, débardeur, entré le 31 décembre 1903 à Cochin pour une pneumonie du sommet droit qui a débuté le 18 décembre par un violent point de côté. Le 31 décembre. le malade se plaint d’une vive douleur au niveau du mollet gauche. On a constaté à ce niveau et au niveau du creux poplité, d’une phlébite ayant frappé la veine déjà variqueuse.

Il n’y a du reste aucune élévation nouvelle de température: Le malade reste immobilisé pendant trois semaines et ne quitte. l’hôpital que le 25 janvier 1904.

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