ÏJ. — ETUDE CLINIQUE DE LA PNEUMONIE
Lorsque deux maladies évoluent simultanément chez un même-sujet, qu'il s'agisse de deux maladies fébriles ou qu'il s'agisse d'une infection et d'une dyserasie, 1lest
‘rare que chacune d’entre elles ne réagisse pas sur l’autre #7
pour en modifier plus où moins la symplomalologie. Tel est le cas du diabète et de la pneumonie.
Dans quelques cas de diabète gras à évolution bénigne et lente, la pneumonie n’a pas d’allure bien spéciale, mais c'est là l'exception. En général, la symplomatologie et la marche ne sont pas aussi franches que lorsque la pneu-
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monie survient chez un adulte en état de bonne santé anférieure. Il se passe ici un phénomène un‘peu analogue à celui que l’on constate si fréquemment au cours de Ja pneumonie du vieillard ou de tout individu débihté ou cachectique (cancéreux, aliéné, paralytique général,
L'évolution de la pneumonie chez le diabétique (1) peut être complètement insidieuse ; elle peut être diserète, les symptômes locaux étant peu accusés, les symptômes généraux l’emportant de beaucoup sur l'état thoracique ; enfin ces symptômes généraux peuvent être si marqués que la mort survient d’une façon très rapide.
1° Pneumonie insidieuse. - Cette forme est celle que l'on‘constate surtout dans le diabète ancien, chez les diabétiques cachectiques arrivés à la dernière période de leur maladie. Lorsque ces malades-ne sont pas enlevés par la tuberculôse, on les voit fréquemment succomber à une pneumonie. Mais cette pneumonie est souvent méconnue, car elle ne se traduit presque par aucun symptôme attirant l'attention du côté de l'appareil respiratoire ; 11 n'y a pas de frisson ou bien à peine de petits frissonnements ; le point de côté fait défaut; la dyspnée manque où est peu accenluée ; la toux est absente ou reste très discrète ; le malade n'expectore pas où à peine quelques crachals muqueux, muco-sanguinolents. Ce: qui domine, c'est l’état général, asthénie marquée aboutissant plus où moins rapidement au coma. L'autopsie seule
permel de se rendre compte de la cause de la mort, en
découvrant l'existence d'une pneumonie plus ou moins
(4) Nous excluons de notre étude, comme nous l'avons indiqué dans notre premier chapitre, la pnéumonie caséeuse “qui est une forme de tuberculose el non de pneumonie.
massive. [1 est cependant un signe qui, si on l'avait cherché systématiquement, aurait pu peut-être mettre sur la voie du diagnostic, — car il fait rarement défaut dans la pneumonie des débilités Lout comme dans la pneumonie du vieillard, — c'est la sécheresse de la langue, langue rugueuse, dure, racornie, sèche comme du bois, rouge, avec quelques croûtes braunâtres.
Voici un exemple de ces pneumonies évoluant d'une façon insidieuse et qui ne fut découverte qu'à l'autopsie.