‹ Contribution à l'étude de la polyurie chez les cardiaquesChapitre 19 sur 30 · À = 2 litres 1/2. — D — 1009: — U · texte numérisé non relu

À = 2 litres 1/2. — D — 1009: — U

La malade ayant commencé à s'alimenter un peu tout en continuant de boire du lait, les urines tombent à 1 litre et la dyspnée reparait. On

la soumet de nouveau au régime lacté absolu : rétablissement de la polyurie, disparition de la dyspnée. 16 jours après, l'alimentation est reprise, et cette fois, l’état de compensation se maintient avec le régime mixte. Toutefois la malade éprouve une dyspnée légère, la quantité d'urine tend à baisser un peu et le taux de l'urée diminue pro-

gressivement. La malade sort le 10 mai ayant encore de la dyspnée d'effort.

Os. XIV. — Myocardite chronique hypertrophique. — Asystolie avec hypertension artérielle et polyurie relative. — Polyurie digitalique et lactée.

B..., journalier, entré salle Larochefoucauld le 6 juin 1898.

Antécédents héréditaires. — Père mort d'affection cardiaque.

Antécédents personnels. — Pas de maladies antérieures. Ethylisme.

La dyspnée d’effort a débuté il y a 3 mois, il y a 5 semaines: (roubles gastro-intestinaux et à la suite, recrudescence de la dyspnée qui devient continue.

A l'entrée on constate les signes suivants :

Dyspnée vive, œdème considérable des membres inférieurs, bronchite généralisée avec œdème des bases, augmentation très notable de la matité cardio-hépatique : cœur, D vertical, 11 €. — D transv. 16 ce. — Foie, 21 c. douloureux.

Le pouls reste régulier et assez bien frappé, de plus il y à hypertension artérielle, 22 et polyurie, 1 litre 1/2.

Traitement. — Ventouses scarifiées, lait, théobromine.

8 juin. — Urines, 2 litres, tension, 17; la matité cardio-hépatique reste stationnaire.

9. — Urines, 1 litre 1/2, on donne le soir 1/2 milligramme de digitaline.

10. -— Urines, 3 litres, matité cardio-hépatique très diminuée. Cœur, 9 €. v., 13 c. tr. — Tension, 17. -— Foie, 13.

Les jours suivants les urines atteignent 3 litres 1/2 et après une chute momentanée à 1 litre, la polyurie reprend sous l’influence du régime lacté et se maintient jusqu’au départ du malade le 7 juillet. L’affection est alors bien compensée.

Une injection de bleu pratiquée au début avait donné les résultats suivants : apparition normale, quelques irrégularités, durée de 70 h.

A ce moment, la tension était de 23 c. et l'examen des urines : Q — 2 litres 700. -— D — 1012. — U — 10 grammes. — Alb — néant.

OBs. XV. — Insuffisance et rétrécissement mitral d'origine rhumatismale. — myocardite chronique sans insuffisance rénale cliniquement appréciable. — Asystolie avec hypertension artérielle et polyurie relative. — Polyurie lacté (ayant fait le sujet d’une leçon clinique de M. MERkLEN).

D..., terrassier, 48 ans,entré salle Larochefoucauld le 2 novembre 1898,

ME op

Le malade entre en état d'asystolie moyenne, présentant les signes suivants : dyspnée continue, augmentation de la matité cardio-hépatique, tachycardie arythmique, hypertension, 23, et polyurie relative : 1800 grammes. Sous l'influence unique du régime lacté absolu : diurèse moyenne, 2 litres 1/2 environ, cessation rapide de la dyspnée et de la précordialgie, diminution notable de la pression artérielle qui de 23 tombe à 13 (l'hypotension a persisté depuis).

Au bout de 3 semaines, le malade est mis au second degré d’alimentation, la dyspnée revient avec orthopnée et-douleurs précordiales en même temps que les urines diminuent, la reprise du lait provoque à nouveau la diurèse et fait cesser les accidents.

O8s. XVI. — Myocardite chronique se traduisant par une augmentation notable de la matité cardiaque dans les deux sens, avec tachycardie arythmique et dyspnée d'effort.— Dilatation aortique et aortite douloureuse. — Névralgies généralisées, en partie sous la dépendance d'un état névropathique très accusé. — Polyurie lactée.

L..., 49 ans, entre salle Claude Bernard le 12 janvier 1897, se plaignant de dyspnée d'effort, précordialgie, douleurs préaortiques et névralgies multiples.

Antécédents personnels. — Etant enfant, la malade ne pouvait courir sans éprouver aussitôt une oppression assez vive. À l’âge de 15 ans: rhumatisme articulaire aigu qui la retient 3 mois au lit. À 24 ans : névralgie sciatique et névralgie cervicale qui ont toujours persisté depuis. À 31 ans : apparition de douleurs précordiales et préaortiques. La précordialgie était légère, durant parfois plusieurs jours et reparaissant après de courts intervalles. De plus, la malade éprouvait 1 ou 2 fois par mois des crises douloureuses violentes dans la région rétro-sternale, Les crises survenaient indistinctement au repos ou sous l’influence d’un effort ; elles duraient une ou deux minutes, restaient localisées à la région aortique el s’accompagnaient d’anxiété vive. À partir de cette époque, dyspnée d’effort ; à 46 ans la malade atteinte de métrite hémorrhagique subit un curettage ; à la suite de cette opération : recrudescence marquée des phénomènes douloureux déjà décrits,et apparition de nouvelles douleurs : névralgies lombo-abdominales et douleurs généralisées extrêmement mobiles et variables comme intensité. En même temps : dyspnée d’effort plus intense.

La malade entre dans le service de M. Merklen le 12 janvier 1897.

Pendant l’année 1897 et jusqu'au mois de mai 1898, polyurie très légère, plus accusée dans les derniers mois, la quantité d'urine des 24 heures s’élevant alors à 2 et 3 litres en moyenne. La dilatation cardiaque était très accusée, et il y avait hypotension permanente. Dès le début, la malade avait été mise au régime lacté absolu et toutes les fois qu'elle essayait de remplacer le lait par l'alimentation normale, on constatait, en même temps que l’oligurie, une recrudescence marquée de la dyspnée et des phénomènes douloureux.

Du mois de mai au mois de septembre 1898 : diminution notable de la matité cardiaque, oligurie relative, et élévation de la tension artérielle à 18 et 19.

Depuis cette époque : polyurie légère, 1 L. 1/2 à 2 L. 1/2, et tension normale, 16 à 17. La malade est toujours obligée de suivre le régime lacté absolu. Tous les médicaments antinévralgiques ont échoué ; quant aux médicaments cardiaques, on a fréquemment administré la digitaline et la teinture de strophantus qui ont donné de bons résultats, mais pas d’une manière constante. Plusieurs fois, en effet, on a vu les urines diminuer avec le strophantus. L'arythmie quelquefois améliorée par ce médicament a toujours persisté.

L'insuffisance rénale a été constamment révélée par les analyses complètes d’urine, analyses dont les résultats ont été confirmés par le bleu de méthylène.

17e Injection de bleu. — Apparition retardée, { h. 1/2: élimination irrégulière ; durée 6 jours.

2e Injection 1 mois plus tard. — Apparition 2 heures ; élimination très irrégulière ; durée, 5 jours.

O8s. XVIL — Artério-sclérose. — Néphrite interstilielle chronique. — Hypertrophie ventriculaire gauche avec bruit de galop et rétrécissement mitral. —— Cardio-sclérose probable. — Asystolie rénale et pleurale avec hypertension. — Polyurie lactée.

L..., peintre, âgé de 40 ans, entré le 4 février 1890, salle Larochefoucauld.

Antécédents personnels. — Fièvre typhoïde. Bronchites fréquentes depuis plusieurs années, saturnisme, alcoolisme.

Depuis deux mois, dyspnée d'effort qui augmentent rapidement au point d’empècher tout travail et s'accompagne d'orthopnée nocturne.

Examen à l'entrée. — Dyspnée intense même au repos. Augmentatation notable de la matité cardio-hépatique, tachycardie sans arythmie, hypertension artérielle (24) et polyurie relative (1200 gr. les premiers jours) avec hypoazoturie et albuminurie. L’auscultation du cœur révèle un bruit de galop net et un claquement mitral très accusé avec roulement diastolique et dédoublement du second bruit. On contate des signes d’épanchement dans le tiers inférieur du poumon droit et la percussion en avant et à droite montre que la matité commence à la quatrième côte dans la position assise et à la cinquième, dans a position couchée.

Une ponction immédiatement pratiquée retire 800 grammes de liquide séro-fibrineux et la tension artérielle qui était de 2% avant la ponction, tombe ensuite à 17.

Sous l'influence du régime lacté absolu 2 litres 1/2 et de la digitaline les urines augmentent et atteignent 2 litres à 2 litres 1/2 dans les

24 heures ; eu mème temps, le chiffre de l’urée qui était de 14 grammes s'élève peu à peu jusqu'à 20 et 22.

Au bout d’un mois environ, le malade est mis au 1°" degré d’alimentation tout en continuant le lait. Dès le lendemain, la dyspnée qui avait disparu revient avec orthopnée nocturne. La reprise du régime lacté absolu fait rapidement cesser les accidents par l'entretien d’une diurèse assez abondante.

Chez ce malade, la substitution du régime mixte au régime absolu n'a pas entrainé d'hypoazoturie.

Dans ces derniers temps : nouvelles crises asystoliques dues à la reproduction de l'épanchement pleural. L

O8s. XVIIL — Myocardite chronique hypertrophique. — Asystolie et hypertension artérielle. — Polyurie lactée.

G..., 39 ans, pianiste, entré le 5 janvier 1899, salle Claude -Bernard.

Antécédents personnels. — Rhumatisme articulaire aigu généralisé à 15 ans, fièvre typhoïde à 18 ans, caféisme chronique (1 litre 1/2 de café par jour), dyspnée d’effort depuis plusieurs années, entre en asystolie avec hypertension énorme, 27 à 30, et oligurie.

Sous l'influence du lait et de la théobromine, diurèse abondante et amélioration rapide.

L'état de compensation est maintenu grâce au régime lacté absolu, puis mixte qui détermine une polyurie légère.

tetour des accidents asystoliques avec la première reprise d’alimentation.

Examen des urines. — Densité de 1010 à 1014 ; urée de 10 à 20 grammes, imperméabilité au bleu.

Ous. XIX. — Myocardite chronique par alcoolisme et surmenage. — Asystolie et subcoma dans le cours d'une congestion pleuro-pulmonaire fébrile. — Respiration de Cheyne-Stokes ayant débuté 6 semaines après les accidents asystoliques el ayant duré 6 semaines. — Hypertension artérielle. — Polyurie lactée abondante. — Perméabilité rénale normale au début, puis diminuée (in th. Rasé, 1896, ayant fait l'objet d’une communication de M. MErkLen à la Société médicale des hôpitaux le 12 février 1897).

V..., mécanicien, 56 ans, entré pour la première fois salle Larochefoucauld le 28 septembre 1896.

Antécédents personnels. — Rougeole, scarlatine et fièvre typhoïde

avant 20 ans. Bronchite et pleurésie en 1890 ; exerce depuis 34 ans le métier de mécanicien ; de plus est alcoolique et gros mangeur. Depuis 6 mois dyspnée d'effort. Le 6 septembre, congestion pleuro-pulmonaire et depuis dyspnée continue.

Entre en état d’asystolie complète avec oligurie, hypoazoturie, hyperdensité et albuminurie.

Art, 7. 2

Traitement. — Saignée, lait et digitaline 4/2 mill. La diurèse se produit, le taux de l’urée devient normal et l’albumine disparait.

Jusqu'au 23 octobre la polyurie persiste, 4 litres en moyenne. A ce moment les urines tombent à 800 grammes et on observe le rythme de Cheyne-Stokes. La digitaline administrée deux jours consécutifs provoque la diurèse, mais la matité cardiaque augmente, cette augmentation coïncidant avec le ralentissement du pouls.

Le 14 octobre le rythme de Cheyne-Stokes, qui s’était montré passagerement, devient permanent et cède seulement à la morphine.

18 décembre. — Réapparition du Cheyne-Stokes coïncidant avec la diurèse digitalique puis disparition définitive.

La polyurie persiste, 5 à 6 litres dans les 24 heures et l'élimination urinaire reste normale, tension 22. Depuis cette époqué jusqu'en mai 1898, lésion bien compensée grâce à la polyurie lactée permanente.

Revient à Laënnec le 19 mai Î898 se plaignant depuis 10 jours de dyspnée légère avec toux et crachats hémoptoïques.

20. — Légère insuffisance cardiaque due à la congestion pleuro-pul-

monaire, dyspnée peu intense. Pas d'œdème. — Cœur v. 14 c. — Cœur tr. 17c. — Systoles, 108. — Tension, 17.

24. — Amélioration notable : urine, 4 litres 1/2 sous l'influence unique du régime lacté.

3 juin. — Diam. V. du cœur, 12 c. — Diam. trans. V. 18 c. — Foie,

43 c. 1/2. — Tension, 18.

On donne le soir 1/2 mill. de digitaline.

7. — Urines : Q —5 litres 2. — D — 1010. — U = 16 gr. 5. — Ten-

sion, 23 ; pas d’albumine.

Page 1