‹ Contribution à l'étude de la polyurie chez les cardiaquesChapitre 30 sur 30 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° La polyurie est un phénomène fréquemment observé dans le cours des cardiopathies. Elle peut être accidentelle et transitoire, dépendant d’une action médicamenteuse ou d'uneirritation nerveuse. Elle est souvent continue ou habituelle et appartient alors à la symptomatologie de l’affection cardiaque ou cardio-artérielle.

20 La plus commune des polyuries médicamenteuses est la polyurie digitalique. Elle est due à l’action cardio-tonique et vaso-constrictive de la digitale qui, dans les stases viscérales et l'hydropisie d’origine cardiaque, favorise la diurèse en activant la vitesse du courant sanguin et en facilitant ainsi la résorption des épanchements. C’est une polyurie déplétive qui, dans un grand nombre de cas, diminue ou supprime l'hypertension artérielle constatée au cours de la grande asystolie.

La théobromine et le strophantus déterminent également de la polyurie ; la première, par suite d’une action directe sur le rein, le second, en raison d’une double influence cardio-tonique et rénale.

3° La polyurie nerveuse des cardiaques est habituellement sous la dépendance d’une irritation douloureuse due le plus souvent à une poussée subaiguë d'aortite et de péri-aortite. Il en résulte un syndrome constitué par l'association de douleurs thoraco-brachiales, d’hypertension artérielle et de polyurie, phénomènes qui semblent marcher de pair, et se modifient parallèlement. La polyurie est alors attribuable à l'hypertension par spasme artériel périphérique, que provoque l'irritation douloureuse. Dans certains cas, les phénomènes douloureux déterminent la polyurie par action réflexe directe sur le rein, la tension artérielle générale ne subissant alors aucune modification Enfin, elle se produit encore mais plus rarement sous l’influence d’une irritation sans douleurs, par exemple dans certaines péricardites sèches également accompagnées d’une hypertension artérielle transitoire.

4e La polyurie continue des cardio-scléreux paraît être la consé-

quence de l’hypertension artérielle et plus encore de la sclérose rénale parcellaire ou diffuse qui, presque toujours, sont associées à la myocardite chronique. Elle est donc une des conséquences en même temps qu'un des signes de la sclérose cardio-artérielle. Il s’agit d’une polyurie notable, variant de 2 à 4 litres et plus, diminuant pendant les périodes asystoliques malgré l’augmentation de la pression artérielle et devenant alors une oligurie relative, bien que la quantité des urines dépasse encore le taux normal. C’est une polyurie presque toujours mais non constamment compliquée d'imperméabilité rénale.

Celle-ci peut n'être décelée que par le bleu de méthylène ; elle se manifeste d’autres fois par la diminution de la densité des urines et l'abaissement de l’urée, qu’il y ait ou non albuminurie.

La cause intime de la polyurie des artério-scléreux doit être cherchée dans les altérations rénales qui existent toujours à un certain degré chez ces malades. L'hypertension artérielle n’en est pas le facteur nécessaire, car la polyurie coïncide chez certains cardio-seléreux avec une hypotension relative et même quelquefois réelle. A vrai dire, il s’agit presque toujours d’après nos observations d’une polyurie lactée, entretenue par le lait et cessant avec l'interruption de son emploi, en même temps que se déclarent les crises dyspnéiques et asystoliques.

La polyurie lactée des artério-scléreux est donc une polyurie nécessaire. Le lait étant un diurétique direct, on n’en peut comprendre le rôle que par la stimulation nécessaire des reins fonctionnellement insuffisants. Peut-être y a-t-il aussi, dilution des déchets de la nutrition qui, en raison de l’insuffisance rénale, ne peuvent être éliminés que grâce à l'augmentation de l’eau urinaire, ainsi qu’il en est du

sucre dans le diabète.

\RE Le Président de la thèse, Vu: C..POTAIN.

Le Doyen, BROUARDEL. Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, GRÉARD,.

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