‹ Contribution à l'étude de la Préparation, de la Conservation et de l'Action Thérapeutique des Sérums de ConvalescentsChapitre 17 sur 41 · I. — Les instruments nécessaires au prélèvement du sang · texte numérisé non relu

I. — Les instruments nécessaires au prélèvement du sang

L'instrumentation nécessaire pour recueillir aseptiquement le sang sera différente suivant les conditions dans lesquelles on sera amené à faire ce prélèvement. En effet, si certains donneurs peuvent fournir des quantités importantes dépassant parfois 300 ces, on devra se contenter chez d’autres (et ceux-là ne sont pas les moins nombreux) d’un volume plus modeste variant souvent entre 50 et 100 ces.

De plus, il convient d'utiliser un matériel facilement stérilisable, d'un transport aisé et dont l'emploi nécessite le moins d'opérations de manutention possibles. Toutes ces opérations doivent s'effectuer en vase clos, à l'abri des souillures de l’air extérieur.

Plusieurs types d'appareils ont été proposés. Celui imaginé par Bonnet pour les prélèvements de moyenne abondance, nous semble être le plus apte aux conditions requises d’aseptie et de manutention facile";

. —Cet appareil se compose d’un bouchon en caoutchouc percé de deux orifices : l’un laissant pas-

ser le trocart à ponction veineuse, l’autre muni d'un petit tube métallique pour la chasse d'air. Ce bouchon est enchassé sur un tube de verre assez large, destiné à recueillir directement le sang par l'intermédiaire du trocart; l'air contenu dans ce tube étant chassé vers l'extérieur par le petit tube métallique au fur et à mesure de l’arrivée du sang.

Trocart à ponction et tube de chasse d'air sont protégés par un petit tube de verre renversé, bouché au coton. Tout ce matériel, ainsi monté, est stérilisé à l’autoclave. Au moment de l'emploi, seulement, on découvrira trocart et tube de chasse. La capacité du tube destiné à recueillir le sang peut varier de 50 à 100 ccs; c'est dans ce tube lui-même que se fera la coagulation puis la ,rétraction du caillot et l’exsudation du sérum. |

— Si l’on veut faire des prises de sang plus importantes, supérieures à 100 ccs, il est nécessaire de modifier cet appareil, car il n’est pas facile de manipuler, le long du bras du donneur, une aiguille emmanchée sur un récipient d'une contenance de plus de 100 ccs! On utilisera alors, comme flacon récepteur de sang, un grand flacon d'Erlenmeyer de 500 ces avec une petite tubulure latérale supérieure. Cette tubulure sera bouchée par un tampon de coton laissant passer un petit tube métallique pour la chasse d'air. Le goulot à large encolure de l'Erlenmeyer est également fermé par un tampon de coton que traverse un tube en caoutchouc de 50 cm. de long environ. A l'autre extrémité de ce tube sera monté le trocart à ponction, du type aiguille de Vernes, d'un calibre de 12 à 15 mm. (ce gros calibre évitera la coagulation à l'intérieur de l'aiguille et facilitera le débit sanguin). Le trocart à ponction sera protégé jusqu'au moment de son utilisation, par un petit tube en verre bouché au coton. Ainsi monté, cet appareil sera stérilisé à la chaleur humide d’un autoclave (des températures supérieures, comme celles obtenues par un stérilisateur

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à sec, type Poupinel, causeraient de gros désas':e5 au tube en caoutchouc et de plus il a été constaté que le caillot se rétracte mieux dans la verrerie stérilisée à la vapeur que dans celle stérilisée à sec).

— Bien souvent, comme le cas se présente en pratique courante dans nos différents services hospitaliers, surtout dans ceux de médecine infantile, le prélèvement sera de faible abondance, de 30 à 60 ces. Ïl convient d'utiliser alors un matériel plus simple, moins encombrant et aussi moins impressionnant. La facon la plus aisée consistera à prélever directement le sang dans un tube de centrifugeuse, tube droit en verre épais d'une capacité de 30 ces. C’est dans ce tube, fermé par une capsule à vis dès qu'il sera rempli aux 4/5, que se formera le caillot puis l’exsudation du sérum. Le sérum, une fois prélevé à la pipette à boule comme nous le verrons plus loin, le tube sera centrifugé et les quelques ccs de sérum ainsi obtenus mécaniquement serviront aux réactions sérologiques que l'on doit pratiquer obligatoirement.

— ja stérilisation des tubes à centrifuger et leur conservation - à l'abri de tout contact extérieur jusqu'au moment de leur cup peuvent être facilement réalisées.

Ces tubes parfaitement propres, ainsi que leur bouchon métallique vissant hermétiquement, seront roulés individuellement dans une certaine épaisseur de papier filtre, le bouchon étant placé, non vissé, audessus du goulot du tube. L'ensemble placé dans de petits paniers métalliques, est stérilisé à l’autoclave pendant 20 minutes. Ces paniers sont ensuite retirés de l’autoclave puis séchés dans un stérilisateur, mais à faible température. On obtient ainsi des tubes parfaitement secs, prêts à être utilisés.

La ponction veineuse se fera à l'aide d'une aiguille à plateau, dès que le tube sera plein au 4/5 on vise le bouchon métallique pendant ie ‘un aide replace un autre tube sous le plateau de! l'aiguille. On

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pourra remplir un, deux ou trois tubes représentant ainsi un volume de 25 à 75 ccs de sang.

Mais si tout ce matériel, que nous venons de décrire, peut être facilement utilisé à l'intérieur d'un centre: hospitalier, il n'en sera plus de même lorsqu'il s'agira de prélèver du sang loin du laboratoire en ville ou à la campagne. Ce cas se présentera souvent pour le médecin de clientèle privée, qui, faute de matériel approprié, laissera passer ainsi une excellente occasion de fournir du sérum au centre. L'emploi de « veinotubes » que l’on trouve dans le commerce, peut alors résoudre ce problème d’une façon élégante. Le « veinotube » est un flacon de 100 ccs à l'intérieur duquel le vide est fait. Ce flacon est fermé par un bouchon de caoutchouc traversé par un tube de verre surmonté d'une aiguille stérile enfermée dans une gaine de verre. À l'intérieur du récipient, ce tube de verre est courbé et son extrémité appuie fortement sur le bouchon de caoutchouc légèrement creusé. Il en résulte une occlusion complète, même lorsque l’aiguille est dégagée après section de sa gaine.

Au moment de la ponction, dès que l'aiguille est rentrée dans la veine il suffit de couder légèrement l'appareil pour débloquer le système : le sang est alors aspiré dans le flacon où il entre directement sans même avoir été au contact de l'air. Le tube presque plein il suffit de retirer l'aiguille de la veine pour que le récipient se ferme automatiquement.

La prise de sang est ainsi réalisée dans les plus rigoureuses conditions d'aseptie au domicile du donneur. Il est facile d'envoyer le tube au centre de sérums de convalescent où il sera placé à la glacière pendant 24 heures pour obtenir une parfaite rétraction du caillot.

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