STATISTIQUES PERSONNELLES
Des statistiques personnelles nous ont paru l'intro duction logique à ce travail.
Elles ont té établies sur un nombre global de 21.241 gestations observées pendant 7 années de fonctionnernent de la Clinique Baudelocque, de 1929 inchus à 1935 mdclus.
Pendant les mêmes 7 années, les registres du Dispensalre accusent :
1.753 grossesses chez des syphilitiques, ou plus ezzctement, 1.153 grossesses où la syphilis s'est révé- Le, soit 3 Lz fois chez la mère et le produit de la conception, soit chez la mère seulement, le produit de L conception n'étant pas apparemment taré à la naissance, soit chez l'œuf seulement, la mère étant apparemment indemne.
Nous dirons donc qu'il s’agit de 1.753 « grossesses syphilitiques ». Sur 21.241 gestations, cela fait un pourcentage de 8,2 %,. Ce pourcentage est inférieur 2 ceux fournis par de nombreux auteurs :
31) % d'enfants hérédos pour MARFAN, 40 % pour Hurninez, 10 % pour M. LESNÉ: auxquels il faut
RS "tue
ajouter les syphilitiques « acquis » à l’âge de la procréation.
Qu'on ne nous accuse donc pas d’avoir vu la syphihs partout.
Mais le fait que les « grossesses syphilitiques » aient été reconnues au Dispensaire, c’est-à-dire « dépistées », n'implique pas que la prophylaxie ait toujours pu être effective :
Parfois le diagnostic de syphilis n’a été posé que rétrospectivement, sur les lésions que présentaient l'enfant ou l'œuf.
D'autres fois, le dépistage a été fait tardivement, dans les derniers mois de la gestation.
D’autres fois enfin, malgré un dépistage précoce, la femme a suivi irrégulièrement son traitement.
Aussi, parmi ces « femmes dépistées », devonsnous considérer deux grands groupes
GROUPE À. — Celles qui n’ont reçu aucun traitement, ou un traitement infime, inférieur à 2 séries arsenicales où bismuthiques et que personne ne peut considérer comme suffisant.
Les grossesses de cette catégorie sont au nombre de 1.002.
GROUPE B. — Celles qui ont été traitées, c’est-àdire qui ont reçu un traitement minimum de 2 séries arsenicales ou bismuthiques pendant la grossesse.
Les grossesses de cette catégorie sont au nombre de
Nous avons comparé dans chacune de ces séries de
TE
grossesses, non pas seulement le nombre de morts in utéro, mais le nombre de « grossesses n'ayant pas abouti à la naissance d’un enfant vivant, ni même à la naissance d’un enfant viable », c’est-à-dire :
soit un avortement spontané, soit un fœtus mort et macéré,
Les grossesses soit un mort-né,
ayant donné : soit un enfant débile n'ayant pas dépassé l’âge de quelques heures ou
| quelques jours.
Nous avons réuni tous ces cas sous le nom de « GROSSESSES MALHEUREUSES )».
Nous avons toutefois exclu de notre définition :
— pour les avortements : les avortements volontaires ;
— pour la mortinatalité et la mortalité précoce, nous avons éliminé les morts survenues à l’occasion ou à la suite du travail (placenta prævia, présentation du siège chez les primipares, infection amniotique, etc.) ou d’une manœuvre obstétricale habituellement fœticide.
En dehors de ces cas éliminés de notre définition, rous avons englohé tous les autres cas de « gTrossesses malheureuses », sans présumer de Jeur cause, dans l'impossibilité où l’on se trouve souvent d’attribuer à une cause précise l’évolution anormale de la gestation, ou la mauvaise qualité du produit de la
conception.
lie y . 0 , Les éléments de notre statistique étant ainsi défnis, nous sommes en mesure de comprendre les deux
tableaux suivants :