‹ Contribution à l'Étude de la Prophylaxie de la Variole AviaireChapitre 13 sur 15 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Quels enseignements pouvons-nous tirer de ces 27 observations ?

Que devons-nous penser surtout des résultats des 9 dernières qui sont de véritables échecs dans l'immunisation contre la variole ?

Nous ne nous attarderons pas sur les observations du début, puisqu'elles nous montrent l'efficacité du vaccin de Panisset et Verge. Disons simplement que nous étions habitués à ce succès. Dans tous les cas d’insuccès (nous y avons insisté dans les observations XIX à XVII), le laps de temps qui sépare le jour de la vaccination du jour d’apparition des premières lésions est toujours supérieur à 21 jours. Ce détail est d’une grande importance, car, pour que l’immunité soit acquise d’une manière certaine, il faut compter, depuis le jour de linoculation, un délai de une à trois semaines au maximum. Nous ne pouvons pas dire que limmunité n’a pas eu le temps de s'établir.

Nous sommes donc en présence d’une véritable déficience du vaccin. Et nous entrons, de ce fait, dans le domaine des hypothèses.

Nous ne pouvons pas mettre en doute la valeur du vaccin de Panisset et Verge qui, par ailleurs, a donné depuis longtemps la preuve de son efficacité dans la grande majorité des cas.

Nous ne pouvons pas invoquer davantage un défaut de fabrication, puisque ce même vaccin a le plus souvent établi limmunité dans nos observations.

Que nous reste-t-il pour expliquer de tels faits ?

S'agit-il d’une exacerbation passagère de la virulence du virus variolique ?

S'agit-il d’un virus proche parent du virus des gallinacés ?

Nous ne pensons pas être en présence d’une pluralité de virus. Les échecs, en effet, lorsqu'ils se sont produits, n’ont porté que sur un nombre restreint de vo-

Ages

lailles. Or, s’il s’agissait d’un virus variolique différent, il est logique de penser que lélevage presque entier. aurait été atteint, le vaccin étant totalement insuffisant. Ce n’est pas le cas. |

De plus, les malades atteints après la vaccination ont toujours présenté des formes bénignes de variole rapidement subjuguée. Ù

Tous ces faits nous conduisent à penser que nous avons été en présence dans certains élevages de surinfections contre lesquelles l’immunité s’est avérée insuffisante. ù

L'observation XXVII, en effet, semble, à elle seule, nous le prouver. Le virus qui, dans ce cas, a servi à inoculer nos sept poules a été recueilli sur une volaille atteinte quoique vaccinée auparavant, sur une volaille « hyperinfectée » si l’on peut dire. Or, ce virus a provoqué ici, une fois de plus, une « hyperfection », puisque nos poules vaccinées ont contracté la variole.

Nous écartons donc l’hypothèse d’une pluralité de virus pour conclure que, dans certains cas d'infection grave de variole, le vaccin n’a donné qu’une immunité insuffisante.

Vu : Le Professeur de l'Ecole Vétérinaire, Rapporteur, BERTHELON.

Vu : Le Directeur de l'Ecole Vétérinaire, PB PONS:

Vu : Le Président de la Thèse, D' MERIEL.

Vu : Le Doyen, CALVET.

Vu et permis d'imprimer, n° 1251.

Toulouse, le 21 novembre 1946.

Le Recteur, Président du Conseil de l'Université,

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