INTRODUCTION
La prostatectomie transvésicale, opération relativement récente, souleva dès son apparition la désapprobation du monde médical. Soit qu’elle fut confondue avec d’autres opérations (méthode de Mac Gill, ‘méthode de Füller) qui, jusqu'alors, s'étaient montrées insuffisantes ou complexes, soit qu’étant donnés les grands délabrements apparents qu’elle entraînait, elle fut jugée dangereuse, soit qu'elle fut même considérée comme impossible, elle fut, à son début, l’objet des critiques acerbes d’une grande partie du corps chirurgical.
Mais avec le temps, un revirement complet s’est accompli dans les esprits ; le nombre considérable des observations des malades de Freyer, ses brillantes statistiques ont imposé sa méthode.
D'abord utilisée presque uniquement par les chirurgiens anglo-américains, la voie transvésicale tend de jour en jour à prendre de droit de cité sur le continent ; partout où la méthode de Freyer est employée, elle va de succès en succès. Cependant certaines régions, celle de l’Anjou en particulier, paraissent encore réfractaires ct nous avons cru utile de rapporter, comme contribution à l’étude de
la prostatectomie transvésicale, les vingt-deux observations que nous devons à l’obligeance de notre maître le D' Brin.
Nous devrions d’abord plaider la légitimité de l’extirpation de la prostate. Nous considérons que la chose est jugée et que, aujourd’hui, enlever une prostate à un rétentionniste, est un acte non seulement défendable, mais obligatoire dans une foule de cas. Nous nous contenterons d'exposer le meilleur mode d'opération qui, pour nous comme pour la plupart, est la prostatectomie suspubienne.
Sans doute, on opérera encore, et avec raison, par la voie périnéale, mais beaucoup de cas seront justiciables de la transvésicale et, sans chercher à amoindrir l’une aux dépens de l’autre, il sera profitable, par comparaison des résultats obtenus par les deux techniques, de déterininer dans la mesure du possible, étant donné tels cas, quelle méthode employer.
Laissant de côté tous les vieux moyens, nous rappellerons seulement en quelques mots, les interventions atrophiantes et l'opération de Bottini, nous étudierons plus complètement la prostatectomie périnéale et nous verrons les différentes étapes qu’à parcourues la prostatectomie transvésicale. Nous décrirons cette opération, en faisant précéder cette description d’un aperçu anatomique de la région prostatique et des données anatomo-pathologiques qui ont conduit Freyer à la conception de sa méthode. Dans les chapitres suivants, nous parlerons