MÈRE
Race Age) Profession ENFANT :
Né le
Age Poids actuel
L'enfant est-il né à terme ?
Poids de naissance ?
Présentait-il quelque chose d’anormal à sa naissance ?
Cette fiche est en carton fort, pliée en deux pour qu'on y puisse glisser, au besoin, des feuilles intercalaires et constitue un véritable dossier sanitaire de l'enfant.
Le Laboratoire : Jusqu'à présent, la «Cuisine de la Consultation des Nourrissons» fonctionne à la Pharmacie de l'Hôpital. Elle fournit du lait et des préparations farineuses aux mères nécessiteuses, dans l’impossibilité absolue de nourrir lèur enfant, ou à celles qui
sont obligées de recourir à l'allaitement mixte. Ellé stérilise le lait, prépare le babeurre et le lait écrémé acide. Le Laboratoire de la Consultation ne sert qu'aux analyses prescrites par le Cheï de service.
La salle de pansements sert aux piqûres et aux divers
soins que nécessite l’état des petits malades.
Le Budget de la consultation est assuré par le Gouvernement Général d'Algérie, il est augmenté d’une somme de 2.500 francs montant d’une subvention de la
Ville d'Alger, pour la distribution de médicaments, lait,
produits lactés. Il'est de 10.000 francs environ par an. Personnel : Le personnel se compose d’un médecin assistant de Consultation, d’un Chef de laboratoire, d’une dame assistante payée, d’un garçon de laboratoire. En dehors du personnel salarié, viennent offrir leurs services et faire ainsi leur éducation de mère, des dames ou jeunes filles (malheureusement en trop petit nombre) ainsi que des nurses de l’école d’infirmières fondée à l'hôpital Parnet (à Hussein-Dey près d'Alger) qui, à tour de rôle, font un stage dans la Consultation. De plus, l'installation radiothérapique de l'hôpital est mise à la disposition de la Consultation pour les besoins éventuels. :
Fonctionnement Clinique
La Consultation est quotidienne.
Outre les nourrissons (de 0 à 30 mois) la Consultation examine tous les enfants qu’on lui présente jusqu’à 15 ans.
Bien qu'on s’y applique de toutes les manières possi-
bles à imposer l'allaitement au sein, on y distribue également du lait bouilli à l'hôpital, du lait stérilisé à l’hôpital, du babeurre, du lait écrémé acide (formule de Marfan) également préparés à la pharmacie de l'hôpital, du lait sec et des farines lactées ou non, ainsi que les médicaments prescrits par le Chef de la Consultation.
On distribue également à la mère des imprimés expo-
AO
sant le mode de préparation de l’eau de riz, du bouillon de légumes, du lait écrémé acide, etc., et sur lesquels on insiste auprès des mères et nourrices, pour les mettre en garde contre le danger de laisser s’installer une diarrhée et des vomissements même bénins en apparence.
On remet en outre à chaque mère des tracts rédigés ‘avec le plus de simplicité possible, suivant l'exemple donné par le professeur Pinard. Nous ne pouvons que reproduire celui qu'on distribue à la Consultation de Nourrissons, car il résume tout l’enseignement que l’on y donne aux mères. |
Conseils aux Mères
Tous les ans, un grand nombre de nourrissons sont enlevés par l'Entérite, maladie redoutable due à une alimentation mal comprise, et qu’on peut éviter en suivant des règles simples. De même le Rachitisme, qui rend les enfants infirmes pour toujours, est dû à une alimentation vicieuse, dans un grand nombre de cas.
Les nourrissons doivent être surveillés, et à la momdre indisposition, les parents doivent recourir au médecin, qui seul peut prescrire l’alimentation convenable, à l’état de santé comme à l’état de maladie.
Enjfant au sein. — Le lait de la femme est le soul qui convienne parfaitement au nourrisson.
L'enfant qui en est privé risque à chaque instant une grave -maladie.
Une mère ne doit renoncer à allaiter que sur l'avis formel d’un médecin.
Beaucoup de femmes croient qu’elles n’ont pas de lait, alors qu'elles en ont ou en auront beaucoup. Le lait, parfois peu abondant dans les premiers jours ou les premières semaines, augmente bientôt sous linfluence de la succion du bébé.
Dans beaucoup de maladies, la mère peut continuer à ‘allaiter ; c’est au médecin de décider.
Jusqu’à 8 mois, l'enfant ne doit prendre que du lait.
Pendant les trois premiers mois, il tétera toutes les deux heures et demie dans le jour, une fois et deux aù maximum dans la nuit, soit 8 tétées, PEAR un quart d'heure environ. ! |
La nourrice laissera crier l'enfant jusqu’à l'heure de la tétée, et ne craindra pas de le réveiller s’il dort quand 1 ‘heure de téter arrivera. Au bout de peu de jours, l’enfant sera éduqué, ne criera plus entre les tétées, et se réveillera de lui-même, au moment fixé pour son repas. S'il en était autrement, c’est que l’enfant serait malade, et l’on devrait demander l’avis du médecin.
Du reste, un nourrisson; même bien portant, doit. être surveillé et pesé, pour se rendre compte de l’augmentation normale du poids.
De 3 à 6 mois, l’enfant tétera seulement 7 fois, tétées plus espacées et plus copieuses naturellement.
De 6 mois à 8 mois, il n’y aura plus que 6 tétées. A partir de 8 mois, on remplacera une tétée par une bouillie (farine de riz, de blé ou d'orge avec lait de vache), et peu à peu, très graduellement, en augmentant le nombre et l’épaisseur des bouillies, on arrivera à sup-. primer le sein — généralement pas avant 15 mois.
C’est le Sevrage, qu’on ne doit pas réaliser pendant les mois chauds, mois de l'Entérite (juillet, août, septembre, souvent octobre).
Enjant au biberon. — L'enfant au biberon est: plus exposé aux maladies que l'enfant au sein.
L’allaitement au biberon ne sera donné que lorsque l'allaitement au sein sera vraiment reconnu impossible. Cet allaitement devra être surveillé minutieusement. On emploiera du lait de vache stérilisé ou bouilli et dans des biberons extrêmement propres, ébouillantés après chaque prise de lait. Les tétines seront également ébouillantées et conservées dans un verre contenant de l’eau bouillie et une cuillère à café de bicarbonate de soude. :
Les prises de lait serônt réglementées comme les té-
LS
. tées de l’enfant au sein, et pendant les trois premiers mois, on devra couper le lait avec de l’eau bouillie, dans les proportions indiquées par le médecin.
Le nombre des prises de lait sera le même que le nombre des tétées ; mais il faudra les espacer de 3 heures au lieu de 2 h. 1/2.
Comme pour l’enfant au sein, on ne donnera que du lait jusqu'à 8 mois, époque à laquelle on donnera des bouillies farineuses ; mais jamais la quantité de lait ne devra dépasser un litre.
. Allaitement mixte. — Il y aura souvent avantage, si la mère n’a pas beaucoup de lait, à compléter les tétées par un biberon plus ou moins copieux. Le lait de femme aide à digérer le lait de vache.
De 15 mois à 20 mois. — L'enfant ne doit pas manger de tout, et les parents doivent s'abstenir de lui donner l'alimentation familiale, les bouillons gras, les sauces pimentées et épicées, le café toujours nuisible.
L'enfant prendra un litre de lait avec des bouillies. Cinq repas, dont trois seront composés de 200 grs (un verre) de lait, et deux composés de 200 grs (un verre)
- de lait avec 8 cuillerées à café d’une farine plus nourrissante que les farires de céréales, blé, orge, riz, données aux enfants plus jeunes. Ce seront des farines de légumineuses, pois, lentilles, etc. À partir de 15 mois, on peut ajouter un jaune d’œuf dans les bouillies.
De 20 mois à 2 ans. — Il faut réduire le lait (pas plus d’un demi-litre par jour). Quatre repas seulement se- ‘ront nécessaires.
Rien n’est plus mauvais que de donner aux enfants un régime uniforme.
Il faudra donc varier les farines : donner des purées, un œuf entier, quelquefois des panades, un peu de pain ou gâteau sec, des compotes de fruits, parfois du poisson bouilli (poisson maigre comme le merlan). Comme boisson : eau pure (éviter de donner trop souvent des eaux minérales gazeuses). s |
Le Rep
Ne jamais donner du lait en supplément comme bois-. son aux repas. ;
De 2 ans à 4 ans. — Toujours quatre repas. À peu . près les mêmes aliments que précédemment, mais en plus grande abondance. On ajoutera des légumes en nature, mais très bien cuits. On assaisonnera les aliments avec du beurre. On donnera des fruits cuits, des flans, des gâteaux de semoule, de tapioca, de riz. Le pain ne sera jamais donné en trop grande abondance. Les pâtes deviennent une grande ressource.
C’est à partir de 4 ans seulement qu’on fera intervenir la viande (cervelle d’abord, puis poulet, agneau, mouton, bœuf), et pendant longtemps on n’en donnera
que de faibles quantités, en évitant toujours les sauces et les épices.
De la salle d'attente, à tour de rôle, les mères sont admises dans la salle de pesée, où chaque enfant est mesuré et posé sur la balance par une dame assistante: ou par des nurses. En même temps, quelques notes sont prises sur les fiches reproduites, qui contiennent
imprimées au verso, un certain nombre de questions faciles telles que :
Comment l’enfant est-il alimenté ?
Quelles maladies a-t-il présentées ?
À quel âge a-t-il eu ses premières dents ?
À quel âge a-t-il fait ses premiers pas ?
Pourquoi amenez-vous cet enfant ? etc.
L'enfant est ensuite examiné à fond par un docteur en médecine assistant, qui, selon les besoins, le réserve pour le chef de service ou l’élimine, s’il s’agit d’un enfant bien portant. Dans ce dernier cas, on conseille seulement à la mère de revenir dans huit jours pour permettre de suivre l'enfant dans sa croissance, on y ajoute quelques recommandations touchant l'hygiène
; — 73 — de l’enfant. Mais on dit toujours à la mère de revenir dans l’intervalle si l’enfant présente quelque trouble, même léger. |
Le chef de service passe ensuite en revue les enfants que son assistant lui a réservés, mais qui sont toujours au nombre d’une dizaine environ. Grâce au « débrouillage» accompli, qui le dispense de la nécessité de poser les questions dont il a la réponse devant les yeux, le professeur se rend immédiatement compte de l'intérêt que présente le baby et en tire l’enseignement qu’il communique à son auditoire, indique le mode d’alimentation à employer, les médicaments à administrer ; il fait noter, en outre, les recherches de laboratoire qu'il Juge nécessaires. Si l’état du nourrisson nécessite son admission à, l'hôpital, il y est reçu immédiatement avec sa mère, dans le service du professeur.
Le laboratoire est l’auxiliaire indispensable d’une consultation hospitalière de nourrissons. Examiner les selles des nourrissons, ce qui permet mieux que tout autre procédé d'investigation de se rendre compte des capacités digestives de l'enfant, faire des prises de sang, des cuti et intra-dermo réactions à la tuberculine, des sero-diagnostics, des réactions de Wassermann, analyser le lait et les urines, employer, en un mot, tous les moyens de diagnostic pour arriver à établir scientifiquement un régime à l’enfant présenté, tel est le rôle ca-: pital du Laboratoire d’une Consultation de Nourrissons.
Statistique
Voici des tableaux montrant le nombre des enfants qui se sont présentés à la Consultation pendant les années 1914-15-16.
TABLEAU II 1914. — 766 Consultants — 2.200 Consultations
de 0 mois | de 12mois |de. 30 mois à 12 mois | à 30 mois | à 15 ans TOTAL
Nombredeconsultants| 222 290 154 | 766 Décédé ENT uen Le 23 17 2 AT.
Pourcentage ........| 86% | 58% | 14% | 6,1%
PA
1915. — 2.960 Consultants — 6.252 Consultations
‘de 0 mois Îde 12 mois|de 30 mois AL à 12 mois | à 30 mois | à 15 ans TOT
Nombredeconsultants| 968 L 846 1.146 | 2.960 Décédé is er Ron 52 65 26 142 Pourcentage.........| 58% | 7,4% [1.22% 4,7 %
1916. — 3.781 Consultants — 7.540 Consultations
de 0 mois [de 12 mois|de 30 mois | à 12 mois | à 30 mols | à 15 ans TOTAL
Nombredeconsultants| 784 1.104 | 1.893 | 3.781
Décédés ne 51 62 40 153
Pourcentage. ....... 6,5 %' 5,6 % 2,1 % 4,02 %
Par la comparaison de ces trois tableaux nous voyons que, dès la première année de fonctionnement, la mortalité des nourrissons, qui est de 15,7 % à Alger pour les enfants de 0 à 12 mois et de 7,5 % (1) pour ceux de 12 mois à 30 mois, est tombée respectivement à 8,6 % et 5,8 %. Encore faut-il considérer que les enfants amenés à l’hôpital, sont généralement des malades, chétifs, atrophiques où tuberculeux, victimes déjà de la mauvaise alimentation et des écarts de régime qu'ont favorisés des parents routiniers et ignorants.
En 1915, le progrès est plus sensible encore, la mortalité des nourrissons de © à 12 mois tombe à 5,8 %,
alors que pour la deuxième catégorie elle monte à 7,4 %. Les enfants de la 1'€ catégorie (0 à 12 mois), commencent déjà à profiter des leçons qui ont été prodiguées à leurs mères.
Les enfants de la 2° catégorie sont, en grand hombtes . ceux qui constituaient la 17€ catégorie en 1914, et continuent à supporter le fardeau des mauvais soins qu’ils ont reçus à leur naissance.
En 1916, le nombre des consultants de 0 à 12 mois a diminué, conséquence de l’abaissement de la natalité due à la guerre ; la mortalité a augmenté. L'été 1916 a
(1) Mantout : La mortalité infantile en Algérie. (Thèse Alger, 1914).
été très chaud, les maladies nombreuses, et le pourcentage de la mortalité est de 6,5 %,. La 2e catégorie augmente le nombre de ses consultants, parmi lesquels sont beaucoup d’enfants ayant appartenu à la 1re catégorie de l’année 1915. Nous nous en rendons compte par l’abaissement notable de la mortalité (5,6%).
Malgré l'élévation du nombre des décès de la 17e catégorie, un grand progrès est accompli en regard de la mortalité infantile urbaine dont nous avons cité plus haut le chiffre.
Nous n’avons pas tenu compte dans notre commentaire des enfants de la 3° catégorie, qui ne sont soignés à la Consultation que par nécessité et pour lesquels les statistiques sont encore imparfaites.
Années 1914- 15-16. — Répartition du nombre des consultants ru mois.
1. tableaux IIE, IV, V, nous montrent qu’en 1914, c’est le mois de septembre qui a fourni le plus de consultants : c’est le mois de l’entérite.
En 1915, les mois de juillet et août tiennent la tête: la saison chaude à été précoce et particulièrement humide.
En 1916, les mois de juillet, août et septembre ont fourni un gros contingent de malades, mais le maximum s’est montré en novembre et décembre. L'été a été chaud cependant, et on peut attribuer l’augmenta- tion du nombre des consultants, à ce que les mères ont déjà pris l'habitude de venir à la Consultation montrer leur enfant, pour le moindre malaise, au lieu de recourir à des remèdes de bonne femme.
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