CONCLUSIONS
Les tendances conservatrices de la Chirurgie moderne: qu'avait fait naitre l’antisepsie, ont actuellement considérablement diminué le nombre des indications de l’amputation. Pour les grands traumatismes, on hésite à sacrifier un membre, et il était à souhaiterde pouvoir en faireautant pour les affections inflammatoires ; déjà on a réussi dans quelques cas qui ne ferait que se multiplier, en même temps que naitront de nouveaux procédés.
Les pertes de substance partielles résultant des trépanations d’un os plat, ou de la diaphyse d’un os long, c’està-dire les excavations sans conséquence pour la forme, les dimensions, l'équilibre de structure des os, se trouveveront bien de l’implantation d'os décalcifié, dont la présence hâtera beaucoup le travail de réparation, et supprimera complètement les longues suppurations qui condnisent la malade à la cachexie. Au bout de quelques semaines, l'os sera reformé. Réserves faites pour les lésions tuberculeuses où le plombage antiseptique de M. Reynier, au salol iodoformé, semble réaliser une indication précieuse, en permettant une résorption lente et graduelle de substances antiseptiques, par les tissus de réparation.
Le-plombage résorbable devra étre préféré aux autres matériaux non résorbables qui ont été jusqu'ici utilisés dans ce but. Ce plombage réussira fort bien dans les cas où peutêtre employé l’os décalcifié, cependant il présente, lui, une indication spéciale, propre, pour ainsi dire, et on n'hésitera pas à lutiliser pour remplacer les cavités résultant des évidements sans périostés, intégraux ou partiels. En effet, son rôle de soutien n’est nulle part aussi nettement en vue que dans ce moulage des cavités, moulage qui reconstitue un os artificiel, absolument semblable à l'os absent, et qui plus tard sera remplacé insensiblement pour un os nouveau, entièrement semblable aux deux premiers. Il ya là, si l’on pouvait employer une comparaison vulgaire, un procédé analogue à celui du mouleur en médailles, dont le moule, repris ensuite par la galvanoplastie reconstitue une copie fidèle et de même matière que l'original. Ce plombage sera toujours bien toléré, et appelé à rendre de grands services.
Enfin, dans les grandes pertes de substance qui détruisent de grandes masses de squelette(humérus, fémur), lorsque le bon état général, l’âge, le sexe du malade, sa volonté même feront hésiter devant une opération radicale, mais muiilante, on devra songer à la prothèse. Elle seule permettra de conserver momentanément la longueur et les fonctions de l'os absent, en laissant au périoste restant la possibilité de reconstituer un os nouveau de dimensions convenables. Certes la prothèse n’est pas indiquée, ne s'impose pas au chirurgien, mais qui sait si plus tard de nouveaux résultats ne mettront pas la méthode tout à fait en vue en la consacrant définitivement.
NE
Avant de terminer, jl est un point sur lequel on ne sau” rait trop insister: si une grande asepsie est nécessaire pour une opération où l’on pourrait pendant quelques minutes contaminer un point de l'organisme, combien ue devra-t-on pas prendre de précautions pour des corps étrangers, résorbables où non, qui doivent rester un temps souvent fort long dans les tissus. Tous les soins d'antisepsie seront donc observés dans la fabrication et surtout la pose de ces appareils et matières prothétiques : la moindre faute aurait pour conséquences d'entraîner une suppuration qui, si elle ne compromettait pas entièrement les suites de l'intervention, en retarderait au moins le résultat.
Pour les corps étrangers intra-osseux, il faut redoubler de précautions, si l’on veut obtenir une tolérance parfaite et prolongée de l'organisme.
Vu par le Doyen :
BROUARDEL Vu par le président de la thèse, À. LE DENTU.
Vu et permis d'imprimer :
Le vice-recteur de l'Académie de Paris,