‹ Contribution à l'étude de la PsittacoseChapitre 7 sur 33 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

C’est indubitablement à Finkler que revient le mérite d’avoir, le premier, signalé les rapports entre certaines pneumonies atypiques et la présence des perroquets. En 1887, il observa 6 cas de pneumonie ayant trait à une maison où se trouvait un perroquet. Si aucune mention n’en est faite dans les siècles passés, cela tient probablement à deux raisons. La première est que le voyage accompli jadis par les perroquets pour venir d'Amérique en (France) Europe était si long, que les animaux malades avaient largement le temps de périr en route, ce qui excluait tout risque de transmission. La seconde est que s’il se produisit soit à bord des bateaux, soit plus tard, à l’arrivée sur le continent, des cas de cette maladie, on ne sut certainement reconnaître ni leur nature, ni leur origine.

Mais l’on fut mieux renseigné sur cette maladie en 1692 à la suite d’une épidémie de psittacose survenue à Paris à cette date, liée à la présence de perruches arrivées récemment de Buesnos-Ayres.

M. P. Gaston, dans un article paru dans le Bulletin Médical, à la date du 30 mars 1892, concluait de ses recherches que l’épidémie observée était une épidémie de pneumonie infectieuse grippale et que

A AEATA

le rôle des perroquets n’était que faciliter la diffusion de la maladie soit (et surtout) en facilitant le contact des individus, soit en transportant elles mêmes les germes sur leurs plumes, de même qu’une personne le ferait sur ses vêtements.

M. Dujardin-Baumetz, dans un rapport au Conseil d'Hygiène Publique et de Salubrité du département de la Seine, le 1°” avril suivant, admit que les perruches n'étaient pas les facteurs de cette maladie en se basant sur les faits suivants:

1° Les personnes qui ont succombé ou qui ont éte atteintes, ont présenté les symptômes de grippe infectieuse à forme pneumonique ;

2° Que l'affection est très contagieuse ;

3° Que toutes les personnes qui ont eu des perruches ont été en contact avec les personnes atteintes ellesmêmes de grippe ;

4° Les perruches qui survivent sont en bon état ;

5° Qu'il y avait un certain nombre de personnes atteintes par cette maladie qui n’ont jamais été en contact avec les perruches incriminées.

Le professeur Peter, dans un leçon à la Clinique de Necker, publiée dans le Bulletin Médical du 2 avril, appelle cette maladie &« Typhus des perruches » à cause de sa ressemblance avec le typhus reccurent, créé spontanément par des perruches soumises à des conditions générales malsaines, telles que l’encombrement, la malpropreté, etc. Il s’en distingue néanmoins parce que provenant de l’organisme de la per-

den LR Ne

ruche, différent du nôtre et en se transmettant à l’homme, elle conserve ses caractères particuliers.

En janvier 1893, une nouvelle épidémie fait son apparition. Dubief, médecin-inspecteur des Epidémies, a étudié les nouveaux cas. Il à suivi avec beaucoup de soin la marche et l’extension de l’infection et il à conclu que l’éclosion simultanée de tous les cas de la maladie n’est pas en faveur de la pneumonie infectieuse vulgaire. En effet, dans les épidémies de pneumonie, on voit nettement la contagion, tandis que là tout le monde est frappé presque au même jour. D'autre part, la pneumonie semble ne survenir dans la psittacose que comme un épiphénomène, comme une grave complication et presque toujours assez tardive. Et il ajoute qu’il faut penser qu’il s’agit d’une maladie infectieuse spéciale, transmise par la perruche infectée.

Dans son deuxième rapport daté du 14 avril, M. Dujardin-Baumetz modifie son opinion première dans ce sens qu’il présume une maladie spécifique, transmise par le perroquet à l’homme.

Cette même année 1893, Nocard déclare avoir découvert et étudié chez les perruches infectées un microbe spécial, toujours identique à lui-même.

En 1894, Rendu observa deux nouveaux cas.

C’est à cette maladie que Morange, dans sa thèse de 1895, donna le nom de psittacose (Jirruxs; = perroquet), tandis que les Allemands l’appellent fréquemment Papageien-Krankheït.

Vient ensuite une épidémie plus grave en 1896. Du-

RM x

puy rapporte que dans les quatre années qui ont suivi la première constatation de la maladie à Paris, 70 cas furent observés, avec 34 % de mortalité. C’est de cette année-là, 1896, que date la littérature la plus importante sur la psittacose. Gilbert et Louis Fournier présentent à l’Académie de Médecine un travail sur leurs recherches bactériologiques qu’ils avaient “entreprises en relations avec une petite épidémie familiale survenue à Paris. En Italie, elle est étudiée par Palamidessi (11 Policlinico), par Malenchini (Soc. de Biologie). Nous trouvons également un rapport remarquable du Professeur Debove. Dans les numéros de la Gazette des Hôpitaux du 10 au 15 Août, Descazals et Delamarre, relatent 5 nouveaux cas, survenus dans une famille de la rue Oberkampf et Descazals fait, dans le même journal, le 26 Septembre, une revue d’ensemble sur la psittacose. Nous trouvons une nouvelle étude sur cette curieuse maladie dans le numéro du 16 Janvier 1897 de la Presse Médicale par Gilbert et L. Fournier.

En 1898, Sicard rapporte 5 cas survenus dans une famille.

En 1899, petite épidémie chez un empailleur d’oisceaux du quartier des Gobelins: le marchand, sa femme, sa fille furent malades, il y eut un décès.

Ensuite, le silence se fait, jusqu’à ce que, en 1909, éclate en Allemagne (Zülpich) une épidémie que décrivent respectivement: Finkler, Selter et Bachem, Selter et Finkler. Dans la suite, la psittacose ne re-

paraît dans la littérature que sporadiquement (Thomson 1928).

SAR er ANR

L’épidémie actuelle à éclaté en juillet 1929 en Argentine. A Cordoba, le Docteur Enrique Barros a rapporté quarante cas: il y en à, actuellement plus de cent. Une autre épidémie a été constatée à Alta Graciäa, qui est une station de villégiature à 35 km. de Cordoba. Une poussée a été notée dans la ville de Tucuman, située également à l’intérieur de l’Argentire. Enfin, des cas ont été registrés dans la ville de Buenos-Ayres. AU total, plusieurs centaines de cas, toûs eu rapport avec les perroquets malades, ont été erregistrés en Argentine. [1 semble donc que c’est la plus grande épidémie de psittacose qui ait été connue jusqu’à ce jour.

Aux Etats-Unis, d’après les documents de la Section d'hygiène de la Société des Nations, on observait environ trente-quatre cas dans les premiers jours de janvier 1930. Dans « The journal of the American Medical Association » du 18 janvier 1930, nous trouvons la répartition suivante: six cas furent signalés à New-York et Youkers: plusieurs cas, dont un mortel, à Toledo; trois cas à Warren (Ohio) et un à Freeport, Pennsylvanie. Le même journal ajoute: « La maladie en question est essentiellement une curiosité médicale, et ne donne pas lieu à alarmer considérablement les habitants des Etats-Unis ».

En Allemagne, on a observé à Hambourg, une vingtaine de cas de psittacose: les premiers en juilletaoût 1929 (trois malades dont deux morts); la plupart en décembre 1929. Cette épidémie est décrite par le Professeur Nocht. La mortalité atteignit 35 %. A

ART Res

Berlin, à la date du 15 janvier, on notait huit décès.

On a signalé plusieurs cas de psittacose à Altona, Liegnitz, Munich, Glauchau, Dôbeln et dans quelques autres petites villes et localités. Le nombre total de ces cas n’a pas encore été établi.

En Tchéco-Slovaquie des cas de psittacose ont été signalés, à Prague notamment.

L’Autriche et la Suisse ont été attaquées à leur tour.

Page 1