OBSERVATION IV
Cheval, 14 ans, à M. S..., à A..., en mauvais élal, astreint à un travail pénible de gros charroi.
Ce cheval présenteun hygroma à chaque coude ; à droite un hygroma suppuré, de la grosseur d’une lête d'enfant; un autre, à gauche, presque aussi gros, de la forme d’une outre flucluante. Un cordon lymphatique remonte le long de la paroi costale droïte, parallèlement à la veine sous-cutanée thoracique.
À ce point, ces lésions rendent tout travail sérieux, diffi cile, et la station debout, pénible.
27 juin 1923. — Nous tentons l’ablation aussi complète que possible des deux hygromas et du tissu conjonctif lardacé sous-jacent.
Hémostase sommaire.
Injection de 10 c. c. sérum antitétanique et de deux ampoules de pyovaccin.
Exposition de l’opéré au soleil et au grand air.
Lavages antiseptiques journaliers, à la seringue,
29 juin. — Léger écoulement d'un pus sanguinolent mal lié. Les bords de la plaie sont œdématiés.
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Etat général : bon. Conditions d'appui non modifiées.
1er juillet. — Pus filant, moins sanieux.
Le décollement de l’interstice scapulo-costal est tel, que chaque mouvement du cheval provoque une aspiration d’air, qui rend le pus, spumeux.
2 juillet. — Pus de bonne nature, abondant.
Une ampoule de pyovaccin.
9 juillet. — Nous n'avons pu traiter ce cheval du 2 au 9
juillet. Nous en voyons la répercussion dans le changement de la nature du pus, qui reprend les caractères du début : filant, putride.
Nous pensons alors à des lésions nécrotiques profondément situées, qu'il est de toute nécessité d'éliminer. Le propriétaire s’oppose à une réopération. | |
Devant cette attitude, nous injectons deux ampoules de pyovacein, tout en préconisant le même traitement antiseptique.
13 juillet. — De nouveau, le pus redevient de bonne nature, mais toujours abondant.
L'état général, quoique faible, continue à être satisfaisant,
Une ampoule de pyovaccin.
18 juillet. — La plaie ne présentant pas une cicatrisation assez rapide, au dire du propriétaire, celui-ci demande l’abatage…
— Il est regrettable, qu’en médecine vétérinaire, le succès d'un traitement doive être très rapide et patent, pour être acceptable. Le succès est conditionné par la valeur de lPanimal traité, le coût du traitement, la difficulté de rencontrer un aide stylé, qui veuille bien soigner une plaie purulente, le manque de main-d'œuvre en agriculture, etc.
Un fait est à retenir de cette observation : l'injection de pyovaccin a comme conséquence immédiate une transformation heureuse dans la nature du pus.