‹ Contribution à l'étude de la PyrodineChapitre 15 sur 31 · HE M · texte numérisé non relu

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Avec les autres antithermiques la température une fois parvenue à son minimum, se relève immédiatement ; dans certains cas il s'écoule entre l’abaissement et la réascension de la température un intervalle toujours très court, Ainsi une seule fois sur 71 observations, Jacob a observé avec l’antifébrine un état stationnaire de la température. Nous avons fait nous-même quelques expériences comparatives avec la phénacétine. En administrant successivement à un même malade de la pyrodyne et de la phénacétine, nous avons obtenu avec chacun de ces médicaments 10 tracés. Sur les 10 tracés obtenus avec la pyrodyne, 2 fois seulement la température s’est relevée aussitôt, dans o caselle est demeurée stationnaire de3 à 4heures, 3 fois moins de 2 heures ; tandis que dans les 10 autres tracés, 6 fois il n’y eût pas d'état stationnaire de la température, 3 fois celle-ci resta à son minimum moins de 2 heures, et une seule fois 2 heures. Ces résultats concordent entièrement avec ceux de Specker.

Quoiqu'il en soit, la réascension de la température se fait en général lentement et progressivement, celle-ci augmentant de quelques dixièmes de degré par heure. Contrairement à ce qui a été signalé pour les autres antithermiques il ne nous a pas semblé qu’elle fut plus rapide que la descente.

Dans les cas ou la rémission thermique est brusque, la réascension de la température est en

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mique à varié entre 6 et {9 heures, 4 fois entre 1 et 5 heures ; une seule fois elle a été de 10 heures. Dans 44 tracés la température n’a pas été suivie assez longtemps pour que l’on put obtenir la courbe thermique dans son ensemble, et par conséquent mesurer exactement la durée de l’abaissement total. Dans ces cas, la température n’était pas encore revenue au niveau prhnitif, ou même elle était encore stationnaire au bout de : |

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Bien plus, dans certains cas, l’action de la pyrodine se faisait encore sentir le lendemain matin, la température du matin restant inférieure à celle de la veille au soir. En sorte qu’en administrant le médicament plusieurs jours de suite, nous avons parfois obtenu une descente régulière de la température. (Voir tracé n° 9). Ce fait avait été mis en lumière déjà par Lemoine qui avait observé chez des tuberculeux le retour, par une descente régulière, de la température à la normale dans l’espace de trois jours.

On voit donc que la rémission thermique produite par la pyrodine, est relativement très prolongée ; il est facile de voir qu’elle est plus durable que la rémission déterminée par les autre anti-

thermiques.

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Ainsi l’action de l’antifébrine d’après MM.

Bernheim et Simon dure dans la majorité des cas (83 p. 100) de une à 7 heures. Dans 19 pour 100 des cas, elle varie entre 7 et 10 heures, dans 3 pour 100 des cas enfin, elle ne dépasse pas une heure. De même la durée de l’abaissement total produit par la phénacétine, ne dépasse pas en général, d’après Specker, 5 heures, dans quelques cas elle se prolonge pendant 6 à 8 heures, très rarement davantage.

6 Des accidents consécutifs à l'administration de la pyrodine.

La pyrodine donne lieu à une série d’accidents analogues à ceux que déterminent les autres antithermiques.

Les sueurs sont presque constantes. Elles débutent en général une demi-heure ou une heure après l'administration du médicament, dans quelques cas elles sont survenues au bout de 2 heures seulement.

Très variables comme intensité, elles se réduisent parfois à une simple moiteur, d’autres fois elles sont extrèmement abondantes, et forcent le malade à changer plusieurs fois de linge.

Tantôt très passagères, se dissipant au bout d'une demi-heure ou d’une heure, elles persistent dans d’autres cas 2 ou trois heures. Leur du-

rée est en général en raison directe de leur intensité.

Cette diaphorèse quoique peu dangereuse par elle-même, n’en est pas moins un inconvénient sérieux surtout chez les tuberculeux qu’elles contribuent à épuiser, mais il est aisé de la combattre ou de la prévenir à l’aide du sulfate d’atropine, comme l’a fait M. le professeur Bernheïm pour les autres antithermiques.

Nous avons observé deux fois des accidents de collapsus. Chez une malade tuberculeuse à la dernière période, il se produisit, à la suite d’une dose de 10 centigrammes de pyrodine, de l’hypothermie (36°), un état d’abattement assez profond, de la faiblesse du pouls. Ces symptômes se dissipèrent d'eux mêmes, sans qu’on eut besoin d'intervenir.

Une autre malade atteinte de tuberculose aigue présenta, après absorption de 10 centigrammes de pyrodine, des accidents de collapsus assez intenses pourinspirer desinquiétudes.Une injection d’éther, et des stimulants relevèrent rapidement le pouls et dissipèrent tous les symptômes.

Le collapsus ne parait pas être plus fréquent avec la pyrodine qu’avecles autres antithermiques car MM. Bernheim et Simon l’ont observé avec l’antifébrine, 3 fois sur 85 observations. La phénacétine l’a déterminé une fois sur 48 observations recueillies par Specker.

La pyrodine ne semble pas produire de cyanose

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ni de frissons, du moins, dans aucun des cas où nous l’avons administrée, nous n’avons observé ces accidents. É

En résumé, la pyrodine est un antithermique très analogue à l’antipyrine, l’antifébrine, la phénacétine; elle ne détermine qu’une rémission passagère, suivie de la réascension de la température qui atteint bientôt son niveau primitif. Mais elle s’en distingue par une particularité remarquable, c'est que son action est plus rapide et sa durée plus prolongée. Comme les autres antithermiques elle détermine presque toujours des sueurs et parfois du collapsus, mais elle ne parait produire ni frissons ni cyanose.

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