‹ Contribution à l'étude de la pyromanieChapitre 26 sur 30 · Arrière grand-père maternel : buveur, dis · texte numérisé non relu

Arrière grand-père maternel : buveur, dis

sipe et boit toute sa paye.

15. — Arrière grend-mère maternelle : ordonnée, travailleuse, bien douée.

Cet arbre généalogique montre que des deux côtés, paternel et maternel, les traits épileptoïdes existent. On ne sait rien sur la famille du père et rien de précis sur le père lui-même. La mère descend d’un père léger et faible qui commit des détournements et souffrait de crises épileptiformes. La grand-mère maternelle bornée, ergoteuse, descend d’un père buveur. De plus, elle est myope, et la myopie apparaît chez sa fille et chez son second petit-fils qui est lui aussi rêveur et borné. On est frappé par le penchant au suicide chez 10 et 11 ; 11 finit par un suicide.

Ainsi donc, l'arbre généalogique indique, dans une alternance mélangée, en partie des traits épileptoïdes dont il faut encore faire ressortir la tendance au désordre mental (chez 5, 10, 11, 12), en partie des si-

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gnes de réactions hystériques. Tous ces traits subsistent en eux-mêmes et ne se mêlent pas aux traits provenant d’autres domaines héréditaires (à noter que la pyromanie ne se retrouve jusqu ici chez aucun eutre membre de la famille). En effet, pour la dipsomanie, la pyromanie et les pscychopathies épileptoïdes, Kleist et Gérum ont étabii que souvent on rencontre des points communs avec d’autres domaines héréditaires, en particulier avec le domaine hystérique.

Mais il faut reconnaître que le mode de transmission de chaque particularité se fait séparément, de sorte que la simple fusion de deux éléments ne peut donner naissance à un élément nouveau.

Kleist qui à aussi examiné les rapports héréditaires de certaines familles psychopathes a découvert que pour l’hystérie 1l existe une transmission identique et prédominante. Quand, dans le groupe hystérique, on était en présence de psychopathies d’un autre genre, comme par exemple une prédisposition épileptoïde ; ces deux dispositions ne fusionnaient pas pour donner naissance à une troisième et nouvelle disposition. Chacune d'elle, au contraire, se transmettait pour son propre compte, séparée des autres.

b) L'alcoolisme héréditaire.

L'alcool n'’affecte pas seulement l'individu qui en abuse, elle atteint encore sa descendance et expose celle-ci à des désordres plus ou moins graves. Malgré les nombreux travaux entrepris, une obscurité règne encore sur la nature et les phénomènes de cette trans-

mission dont il n’est pas toujours facile d'isoler les différents facteurs. L’hérédité psychopatique et névropathique vient souvent unir ses effets à ceux de l’alcoolisme lui-même et donne lieu à des manifestations multiples, variées, au milieu desquelles il est peu aisé de suivre celles qui dépendent uniquement de l’alcool.

L'’alcoolisme héréditaire, bien qu'il y ait relativement peu d'années que l’on en étudie les manifestations, était connu de la plus haute antiquité. La mythologie nous apprend que Vulcain, boiteux, fut conçu par Jupiter, enivré de nectar. Jeune homme, dit Diogène à un enfant stupide : ton père était ivre lorsque ta mère t’a mis au monde. Plutarque affirme que le buveur donne naissance à des enfants qui s’adonnent aux mêmes vices. Hippocrate, enfin, remarqua et signala les effets ficheux de j’ivresse sur le produit de la conception.

A côté de l’hérédité de similitude, de l'alcoolisme héréditaire homotype où le générateur se borne à transmettre à sa descendance sa propre affection, c'est-à-dire sa tendance alcoolique ou les symptômes de son alcoolisme, il existe une hérédité de transformation, un alcoolisme héréditaire hétérotype. Cette hérédité ne consiste pas dans une véritable appétence pour les boissons alcooliques, mais elle se traduit par un état névropathique qui se caractérise par une irritabilité, une instabilité, une inquiétude morale qui impose au malheureux qui en est atteint le besoin d’un excitant capable de remédier à cet état intérieur. Les manifestations les mieux établies de cette hérédité de transformation sont indéniablement l’épilepsie et la

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folie impulsive. Au reste, les statistiques prouvent la fréquence excessive des affections convulsives et épileptiques chez les enfants des alcooliques. (La plupart des auteurs comptent 5 à 30 % d’épileptiques parmi les descendants l’alcooliques.)

c) L’épilepsie.

L'épilepsie se rencontre fréquemment dans les antécédents des pyromanes. Nous la retrouvons dans deux de nos observations. Dans la première, il s’agit vraisemblablement d'’épilepsie alcoolique ; dans la troisième, nous sommes en présence d’une épilepsie essentielle qui s’est révélée avec touie sa symptomatologie chez notre malade.

Cette maladie constitue indiscutablement un des facteurs les plus importants de prédisposition à la pyromanie. Elle favorise le développement de l'impulsion.

D'ailleurs, les équivalents épileptiques eux-mêmes ne se présentent-ils pas souvent avec certains caracières d’impulsivité ? L’impulsion épileptique n'est-elle pas la manifestation psychique la plus importante au point de vue médico-légal ?

B. — Causes prédisposantes acquises.

a) Encéphalite épidémique.

Doit-on mentionner chez deux de nos malades l’existence vraisemblable de séquelles d’encéphalite épidémique ? Peut-on poser la question de savoir si ces

OR: CEE

reliquats d’encéphalite ne sont pas un appoint sensibilisant le terrain cérébral à l'impulsion éventuelle ? En effet, ces impulsions pyromaniaques ne ressemblent-elles pas aux impulsions épileptiformes consécutives aux encéphalites ?

Les troubles du caractère de nature impulsive apparaissant à la suite d’une encéphalite épidémique sont de notion courente. Chez ces malades les réactons psychiques et motrices tendent à se faire d’une façon impulsive. Ils ont conscience du caractère anormal de leur acte, mais ne peuvent s'empêcher de l’exécuter.

Il en est généralement de même dans la sphère d'activité sexuelle, d’où des faits délictueux, souvent graves. [l est à remarquer que ces transformations curieuses de la personnalité procèdent généralement par bouffées, et donnent lieu à des manifestations qui surviennent parfois d’une manière inopinée. Il sera important toutefois de distinguer du point de vue médical ces malades des pervers constitutionnels. Agostini, qui a observé plusieurs cas d’épilepsie chez des post-encéphalitiques exempts de toutes tares héréditaires ou d’antécéderts personnels, admet que l'on doit considérer comme certaine l'existence de l’épilepsie encéphalitique et que les lésions du cortex jouent un rôle dans la genèse de l’attaque convulsive et secondairement, par transformation de la genèse de l'acte impulsif. Pour cet auteur, l'épilepsie extra-pyramidale ne comporte aucun signe qui la différencie des autres variétés d’épilepsie.

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b) Alcoolisme chronique.

L'alcoolisme chronique peut produire une épilepsie dite épilepsie alcoolique. Il faudra toutefois s’ingénier à ne pas confondre cette épilepsie alcoolique avec l'épilepsie essentielle aggravée par l’intoxication alcoolique. (Les observations I et IIT représentent les deux facteurs de cette alternative.) Il est impossible de préciser la fréquence de cette variété d’épilepsie par rapport au nombre des alcooliques choniques, puisque ceux-ci échappent pour la plupart à tout examen médical. H. Claude, qui a évalué à 5 % le pourcentage des épilepsies d'origine alcoolique, conclue que la proportion des épilepsies est minime parmi le grand nombre d'alcooliques qui existent dans certains milieux.

Cette forme d'épilepsie n’est qu'un symptôme relativement tardif de l'alcoolisme chronique. Celui-ci devra donc le plus souvent être mis en cause dans l’étiologie d’une épilepsie tardive.

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