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À un second groupe appartiennent des sujets excitables chez lesquels l'acte incendiaire se produit sous l'influence de l'alcool.
A) L'impulsion est déclanchée par des troubles de la sexualité.
« La pyromanie apparaît souvent, note Marandon de Montyel, quand l'organisme naît et meurt à la vie sexuelle. Chez Ja femme, quand la pyromanie éclate durant les années d'activité génésique, elle est habituellement liée à des troubles de la menstruation. » Il est commun que les folies génitales sont caractérisées par la fréquence et l'intensité des impulsions. Entre celles-ci et les fonctions de la génération existe donc un rapport indéniable.
La psychiatrie moûerne a élucidé la psychologie de l'incendiaire pyromane, elle a montré le caractère sexuel de ses tendances.
Nous possédons quatre observations, dans lesquelles, de toute évidence, un motif sexuel est le motif déclencheur. D'abord celle de deux jeunes filles qui étaient en pleine crise pubertaire lorsqu'elles se sont livrées au crime d'incendie. La puberté n'est-elle pas une période critique pour une certaine catégorie de psychopathes où même de névropathes ? C'est l’âge de la perversion morale et de l’irritabilité excessive.
Ces deux observations présentent un intérêt tout spécial. Elles confirment dans une certaine mesure la théorie des adversaires de la monomanie incendiaire en démontrant que l'idée impulsive n'a jamais été
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isolée et quelle n’est apparue qu'à l'état de sym ptôme parmi des éléments d'un processus pathologique bien autrement complexe. De part et d'autre, la cause des accidents réside dans une lésion dynamique de la fonction utéro-ovarienne qui, par voie réactionnelle a retenti jusqu’au cerveau produisant d’abord des troubles somatiques : tronbles vasculo-nerveux ; puis des troubles sensoriels, les hallucinations, et enfin des troubles psychiques caractérisés par le délire impulsif.
Il s’agit donc chez ces jeunes filles d’un cas de déséquilibre épisodique er rapport avec les règles, accompagné d'incendie impulsif. L'acte, provoqué par le concours des circonstances ne se serait peut-être pas produit sans l'excitation pré-menstruelle d’origine endocrinienne. Les explications psychologiques sont donc impuissantes dans le cas de ces deux jeunes filles qui provoquent des incendies non pour des raisons dues aux circonstances, mais pour des motifs constitutionnels (états hystériques nets) et hérédo-biologiques.
Considérons maintenant l'exemple de notre observation VI. E.., âgé de 18 ans, était mécontant de son métier, il se sentait seul, l'esprit insatisfait ; puis il n'eut plus de travail. Alors vint la soif maladive et aiguë d'aventures, le désir invincible de l’extraordinaire. Poussé par de vagues sentiments érotiques provenant de sa première aventure sexuelle, le penchant pour le feu qui lui restait de son enfance se réveilla en lui avec une force irrésistible. Il savait que la satisfaction de ce penchant lui apporterait de la jouissance et de la détente. C’est ainsi que de multiples
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auses enchevêtrées le conduisirent à l'incendie ; et E... commit son acte soudainement par suite de la tension et de la fermentation intérieures, sans autre préparation. Aucun indice de psychose, de schizophrénie, mais il existe des indices prouvant qu'il appartient au domaine épileptoïde : infantilisme, instabilité, excitabilité, inquiétude, inclination au déséquilibre et à une impulsivité anormale qui conduit à l'incendie. Aïnsi, chez les individus épileptoïdes, la forte tension impulsive indique que l'harmonie intérieure est troublée. À peine la détente s’est-elle produite qu'apparaissent des déséquilibres toujours renouvelés et des tensions intérieures. Un état psychique constant et uniforme fait défaut chez les psychopathes épileptoïdes.
Notre observation VIT est une nouvelle preuve confirmant les liens étroits qui existent entre la sexualité et l'incendie. On remarque un rapport entre la poriomanie et l’excitation sexuelle chez ce garçon qui errait sans but, qui vagabondait dans les rues, et qui « s’exhibait » aux fenêtres ouvertes.
Scholn et Grégor établissent les rapports entre l’excitation sexuelle et l'incendie chez les jeunes. « Le rapport des deux phénomènes s'explique probablement ainsi : l’ébranlement intérieur violent que cause la vue des flanimes et de la panique, unie au sentiment voluptueux qu'on a d’être le coupable, et surtout le coupable inconnu, offre une espèce de succédané à des satisfactions sexuelles manquées. C'est pourquoi le « secret » de l'acte est un plaisir pour l’auteur. Il s’agit rarement de Jlâcheté. Cette sensation particulièrement ancrée du secret de l’acte incendiaire prouve
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le grave trouble impulsif de l'individu épileptoïde. »
Nous voyons donc que chez ces sujets le plaisir du feu est le ressort principal qui les fait agir. C'est vraiment un désir de feu, une soif de feu que nous pouvons ramener ici à trois traits principaux : 1° des traits infantiles : en effet, la pyromanie, ainsi que nous l'avons vu précédemment, est une de ces caractéristiques que l’on peut trouver chez chaque enfant. — 2° des penchants sadiques pour la destruction en général, ce deuxième caractère variant avec les individus, et pouvant dans une certaine mesure se rapporter aux traits infantiles. —- 3° des rapports indéntables avec la sexualité.
Ces trois traits se rapportent aux traits épileptoïdes : l'amour de la solitude, le vagabondage, le caractère explosif, puis le violent refoulement affectif uni à l’excitabilité sexuelle.
B) L'impulsion est déclanchée par l'alcoolisme aigu.
L'alcool, en affaiblissant la volonté a une action prépondérante sur la genèse et l’évolution des impulsions.
« La tendance au réflexe, dit Régis, est le principe même et la loi Je l’action nerveuse. Le réflexe type, pur, est le réflexe simple, automatique. Au fur et à mesure qu'on s'élève dans l'échelle animale et, chez l'homme, de l'enfant à l’adulte, de l’inférieur au supérieur, de nouveaux attributs se fondent, qui ont pour effet de coordonner, d’actionner ou d'empêcher cette tendance au réflexe direct, de transformer en un mot, une force aveugle et fatale en un processus
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conscient, réfléchi, jugé, déterminé : La Volition. Et l'équilibre résidera en une sorte de tonus volontaire, c'est-à-dire dans la régulation harmonique par le moi de l’instinctive réflectivité. L'impulsion est la tendance même au réflexe. Cette tendance et, par suite, l'impulsion est donc, de sa nature physiologique, et elle reste telle tant que par sa subordination au moi, ou si l’on veut aux centres corticaux, persiste intact le tonus musculaire. Mais dès que l’équilibre est rompu en sa faveur, l'impulsion devient pathologique. »
Ainsi, entre l'impulsion réduite à l’état de réflexe pur et l’obsession accompagnée de lutte pénible et angoissante, où l'acte final est retardé et même empêché, il n'y a pas de différence essentielle. C’est une question de degré dans le balancement des forces en présence. Plus intense sera la sollicitation des centres inférieurs ou automatiques vers F’acüion ou plus affaiblis seront les centres supérieurs de volonté ou d’inhibition, soit que leur développement ait subi un arrêt à un moment quelconque de leur évolution par suite de tares héréditaires ou d’une cause survenue accidentellement, soit que leur influence soit suspendue momentanément par l’action d’un poison, plus rapidement l'idée initiale se transformera en l'acte final. Dans ce cas, la lutte ne sera qu'ébauchée, et pourra même passer inaperçue. Si, au contraire, le fonctionnement des centres supérieurs est peu touché ou si l'excitation des centres automatiques est faible, l’activité des premiers tiendra longtemps en échec celle des derniers ; la lutte sera plus longue et plus apparente et pourra même se terminer par le triomphe de
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la volonté. L'alcool qui est le poison le plus propre à exciter les centres inférieurs réflexes ou automatiques et qui agit toujours sur les centres supérieurs pour affaiblir leur influence, favorise au plus haut point le mécanisme de l’obsession-impulsion. Sous l'influence de l'alcool, une simple idée, une simple tendance quelconque vers un acte se transforment en une impulsion fatale et irrésistible.
Les individus « normaux », aussi bien que les tarés, peuvent présenter sous l'influence de l'alcool des réactions anormales sous la forme d'obsessions impulsives. Mais chez les premiers, celles-ci se montrent souvent avec une violence et une gravité peu marquée; elles résultent de l’euphorie et de l’expansivité du sujet. Il est en effet très rare qu'un homme « normal » et sobre d'habitude présente des ivresses pathologiques graves ou des impulsions criminelles proprement dites. Celles-ci, chez les individus normaux, ne se montrent qu'à la suite d’'habitudes alcooliques prolongées.
Mais il est certain que l'alcool et les diverses essences ont des effets autrement puissants sur des individus déjà tarés ou débilités antérieurement. C'est, en effet, chez les dégénérés héréditaires, les déséquilibrés, les sujets atteints d'hystérie et d’épilepsie que nous rencontrons les obsessions et les impulsions de toute nature. Chez eux, la volonté à déjà des altérations plus ou moins graves, même si l'intelligence paraît tout à fait intacie, ou même présente une certaine vivacité.
C'est chez eux que le plus léger excès alcoolique peut faire naître les impulsions motrices où psycho-
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motrices les plus violentes et les plus dangereuses, comme :l peut révéler des obsessions psychiques jusque là latentes. Et tel sujet qui avait pu jusqu'alors lutter contre son mal et en triompher succombe sous l'effet d’une faible dose d'alcool qu'il aura peut-être consommé pour chasser de son esprit l’idée douloureusement obsédante, et qui, contrairement à ce qu'il en attendait, aura exalté son mal à l’apogée en rendant criminel cet infortuné.
Le malade de notre observation 1 peut être considéré comme un sujet chez lequel l’acte incendiaire a été commis dans un état exceptionnel d’impulsivité provoqué par l’aïcool. L'’alcoolisme chronique de ce malade étant la cause directe et vraisemblable d’une épilepsie latente révélée par le moindre éthylisme aigu. Les séquelles encéphalitiques pouvant être considérées comme un point d'appel à la localisation de son épilepsie acquise.
Quant au cas de notre seconde observation, il s’agit d’un incendiaire impulsif dont le penchant dévoyé ne s’éveille que pendant l'ivresse. Par sa constitution, par la structure de son caractère, G... est un individu épileptoïde.
V..., de l'observation II est l’exemple-type de l’épileptique congénital qui ne peut supporter la plus petite dose d'alcool. Ce cas montre clairement les rapports étroits existant entre l'alcool et le potentiel d'impulsivité des épileptiques.
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