RESTÉS EN PAYS ENVAHIS
Séparé de votre affeclion depuis bientôt deux ans de par les lois brutales de la guerre, ma pensée se reporte aujourd'hui vers vous tous, plus fidèle, plus douloureuse, plus confiante aussi que jamais; à la veille d’un long départ pour les colonies, croyez au Souvenir ému, impérissable que j'emporte de votre tendresse el de votre amour, et cela avec toute la force que peut avoir l'affection d'un fils et d’un frère. Malgré l’envahisseur, vous éles restés au foyer familial, nous donnant ainsi une preuve nouvelle de votre esprit de dévouement et de sacrifice. À l’heure où les difficultés de la vie vont seulement se présenter à moi, je ne puis oublier celte noble leçon. Je pense au mot latin virtus, qui permettait aux Romains de désigner sous ce nom tout ce qui était courage et belles actions, (out ce que pouvait promettre un cœur généreux. Admirable leçon de vertu que vous me donnez! Je ne l’oublierai jamais.