INTRODUCTION
L’affection que nous nous proposons d'étudier dans ce travail, semble connue depuis peu de temps seulement.
Ce n’est, en effet, qu’en 1922, que la publication de Triebenstein a véritablement bien défini la rosacée de l’œil. Avant cette date, on avait signalé, de-ci, delà des troubles oculaires au cours de la rosacée du visage, mais le tableau clinique en était très mal individualisé.
En 1913, Baïllart et Blutel écrivaient : « Combien de fois dans les consultations publiques, se contente-t-on du diagnostic de kératite aussi simple à faire qu’insuffisant. On pense à une conjonctivite banale qui a disparu ou à des lésions nasales que Pon ne vérifie pas ou même on ne pense à rien du tout, et on enregistre avec satisfaction ce diagnostic de kératite qui n’est que le voile de l'ignorance ».
2. l'heure actuelle, il semble que l’on puisse diagnostiquer avec suffisamment de précision la rosacée de l’œil et instituer de ce fait un traitement approprié.
Très souvent, en effet, on a pu hésiter sur le choix
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d’une conduite thérapeutique, parce qu’on ignorait la cause de la lésion envisagée. C’est ainsi que Monjukow rapporte le cas d’une jeune fille de 21 ans, soignée sans résultat, pendant quatre ans, pour une kérato-conjonctivite phlycténulaire, alors que la rosacée était la véritable cause de cette kératite et qu’un traitement par la pommade à l’ichtyo-zinc la fit régresser en peu de temps. Clark, d’un autre côté, signale une observation de conjonctivite muco-purulente rebelle à toute thérapeutique, pendant plusieurs mois, et qui se trouva améliorée très rapidement dès que l’on eut pratiqué l’ablation du rhinophyma dont le malade était porteur.
Outre cet intérêt, purement thérapeutique, il en est un autre non moins négligeable, c’est celui de l'avenir des malades.
En effet, c’est peut-être se montrer trop optimiste que de considérer la rosacée du visage comme üune affection bénigne. Certes, tous les malades atteints de rosacée, ne sont pas systématiquement touchés par les troubles oculaires, mais il ne faut pas non plus envisager cette affection comme une lésion banale ne dépassant pas l'importance des défauts esthétiques. Il importe de savoir que c’est une maladie susceptible d'atteindre la cornée transparente et, ainsi, a’altérer profondément Ja vision. Si les complications oculaires sont reconnues dès le début, lors du stade de conjonctivite, si leur évolution est surveillée, le pronostic est excellent. Maïs, si du fait que les lésions conjonclivales se manifestent le plus souvent sans
symptômes subjectifs bruyants, on néglige de con-