ETES EC
sé montre une éruption rubéolique très-discrète, qui, occupant d’abord la face, le cou et la partie Supérieure du tronc, ne tarde pas à se généraliser. Temp. : 38°7.
24 décembre. — L’exanthême existe sur tout le corps, mais simplement rosé et par petites taches assez rares. Lies garde-robes sont au nombre de cinq ou six dans les vingt-quatre heures.Temp.: 38°—38°4.
22. — Pas de fièvre; la malade est un peu affaissée; même état des voies digestives. L’exanthème a presque entièrement disparu. Un peu de toux, mais pas de signes stéthoscopiques.
23. — L’éruption s’est effacée. La diarrhée se continue dans les mêmes proportions. La malade paraît s’affaiblir un peu; le pouls est petit et faible.
Potion : Décoction blanche de Sydenham . 500 gr. Sous-nitrate de bismuth . . : .. R —
La malade revient assez vite à son état de santé habituel : la diarrhée se modère. L'état de l'intestin n’à pas été aggravé par la rougeole. Rd ip
Observation XVII
Adrien.. est un petit garçon de deux ans et demi, faible et chétif, dont la santé habituelle laisse beaucoup à désirer. Il est sujet à des : troubles digestifs fréquents ; le dévoiement est habituel chez lui et 4l- . terne parfois avec un peu de constipation. L’enfant a présenté , il y a quelque temps, une anasarque généralisée, survenue brusquement, sans qu’on ait pu la rattacher à une causé précise.
” Depuis quelques jours, les symptômes d’entérite se sont accentués; “les selles sont plus fréquentes, elles se répêtent huit ou dix fois dans les vingt-quatre heures. En même temps se sont montrés quelques symptômes de catarrhe du côté des yeux, du nez et des bronches.
5 décembre.— Un exanthème, caractérisé par de petites taches rou- ; ges non saillantes, s’est montré; l’éruption est confluente à la face, au LR TRS cou et sur la partie postérieure du tronc; elle est plus disèrête Sur la Rs
De Tue.
poitrine, l'abdomen et se montre à peine surles membres, La respiration est précipitée: 60 mouvements respiratoires par minute; la toux est fréquente. À l’auscultation : caractère rude et timbre élevé des deux temps; quelques ronchus. Dévoiement : 8 ou 9 garde-robes dans la journée. Temp. : M.: 39°3. S.: 39°7.
6.— Etat à peu près le même que la veille. Oppression et dyspnée. Mêmes signes à l’auscultation. Diarrhée toujours abondante. Exanthème généralisé.— Décoction blanche de Sydenham, 500 gr, Temp. : M.: 38°5.—$.: 39°.
7. — L'exanthème s’atténue; il à beaucoup pâli, surtout à la face. Toux fréquente, rauque, croupale. Engorgement des amygdales, rougeur vive du pharynx, œdème du voile du palais et de ses piliers. Quelques plaques pultacées sur l’amygdale gauche. Rien de particulier à l’auscultation: toujours un peu de rudesse du bruit respiratoire.
Dévoiement.
Potion avec : Chlorate de potasse . . .. À or SITOp de Somme... |... CO HA diAtléss.E n 100 —
Temp.:M.: 381. — $S.: 38°8.
8. — Même état ; la diarrhée continue à être abondante. Donner, au lieu de la décoction blanche de Sydenham, la potion de De Haen: une cuillerée à café toutes les deux heures.
L’enfant semble mieux le 9 décembre, lorsque nous le voyons pour la dernière fois. Mais son état subit une aggravation brusque le lendemain : des râles sous-crépitants fins se font entendre dans toute la poitrine: la diarrhée persiste avec une grande intensité, et le petit malade succombe le 11 décembre.
On ne peut procéder à l’autopsie.
En cette circonstance, des complications, survenues du côté de l’appareil respiratoire, ont achevé l’œuvre des troubles intestinaux et précipité la mort du petit malade.
Rd
Les voies aériennes sont, en effet, le théâtre des accidents les plus funestes que la rougeole entraîne à sa suite. Symptôme concomitant de l’éruption et de la fièvre, le catarrhe bronchique estnormal; il n’y a, pour ainsi dire, qu’un pas à franchir et l’on arrive à la bronchite capillaire, à la bronchopneumonie, qui, déjà trop redoutables lorsqu’elles existent seules, le sont bien plus encore lorsqu'elles se manifestent dans le cours de la pyrexie morbilleuse.
Pendant uue épidémie qui sévit, en 1845 et en 1846, à l’hôpital Necker, « sur 24 enfants atteints de la rougeole, dit Trousseau, 22 furent em- » portés parle catarrhe péripneumonique; les deux autres échappèrent » à cette terrible complication thoracique. Ce chiffre donne la mesure » de l’épouvantable gravité de cette affection.»
La pneumonie lobaire peut se montrer aussi. Peu fréquente chez Padulte, elle est plus rare encore chez l’enfant. Nous en avons cependant observé plusieurs cas, et fait, à cette occasion, la triste expérience de la malignité que les manifestations pulmonaires acquièrent dans la rougeole.
Observation XVIII
Le 13 décembre 1883, nous trouvons couché à l’infirmerie un petit garçon de trois ans, Pierre Villaret, frêle, d’un tempérament lymphatique et d’une constitution délicate. Nourri par sa mère au milieu de mauvaises conditions hygiéniques, l'enfant est toujours demeuré chétif et souffreteux. Le père du petit malade, après avoir eu plusieurs pneumonies, a succombé à cette affection vers l’âge de trente-deux ans. La mère, d’une bonne santé habituelle, offre toutes les apparences de la scrofule ; elle a eu dans son jeune âge des glandes au cou, des croûtes à la tête.
L'enfant se plaint, depuis quelques jours, de souffrir des yeux ; ilest inquiet, maussade, ne joue pas, tousse un peu.
Le 13 décembre, plus fatigué, il demande à se coucher. Temp.: 395.
14. — Eruption rubéolique assez abondante, qui occupe la face, le
cou, le tronc et les membres supérieurs. Un peu d’oppression; toux. Pas d’autres signes stéthoscopiques qu’un peu de rudesse du bruit respiratoire. Peau moîte. Selles régulières. Temp.: 393. — 40°2.
15. — Le petit malade a été fort agité dans la nuit. Le sommeil ne se soutenait pas; il était interrompu par des réveils en sursaut. I’enfantse découvrait sans cesse. Ce matin, il est abattu, somnolent. L’éruption est plus pâle à la face; elle a gagné les membres inférieurs, où elle est constituée par des plaques assez larges, mais à peine rosées. La toux est fréquente, sèche. À la percussion, un peu de submatité en arrière, au niveau du tiers inférieur du poumon gauche.—Auscultation: respiration rude et à timbre élevé dans toute la poitrine; quelques râles sous-crépitants sont disséminés dans le poumon droit. Respiretion soufflante et râles sous-crépitants fins du côté gauche, en arrière, de la région moyenne à la base. Retentissemeut du cri. La peau est devenue sèche ; les selles sont normales. La température est de 39%. Le pouls bat 140. La respiration, anxieuse, fréquente, se répète 76 fois par minute.
On prescrit l’application immédiate d’une mouche de Milan aux quatre membres et la potion suivante, à faire prendre par cuillerées, de deux en deux heures :
Kermès minéral . . . 0,05 centigr.
Pro CCR. 0,45 — Bhtimy-some20torammes:
SIFODSMDIS in OÙ — InfUSIOn ae et O0 —
Le soir, le petit malade est toujours fort accablé; il demeure immobile dans le décubitus dorsal, et ne sort de sa torpeur que pour pousser de petits cris plaintifs. L’oppression est très-grande; les mouvements respiratoires au nombre de 80.Temp.: 3%8. Pouls : 140.
Frictions sur le dos et sur le devant de la poitrine avec de l’huile de croton tiglium.
16. — L'état ne s’est pas amélioré depuis la veille; ni les vésica-
ip
toires, ni l’huile de croton tiglium n’ont agi. L’oppression est toujours extrême. Mouvements respiratoires : 80. Toux insignifiante, sèche.— A l’auscultation, on trouve plus accentués les signes de la veille. Rudesse de la respiration dans toute la poitrine. Souffle et râles sous-crépitants fins dans les deux tiers inférieurs du poumon gauche. À ce niveau, submatité, retentissement du cri. Quelques râles sous-crépitants disséminés dans le poumon droit. L’exanthème est à peine appréciable. Un vésicatoire ammoniacal est appliqué: il ne produit aucun effet. L'enfant pousse de petits cris plaintifs et s’agite un peu; puis il retombe pour dans la torpeur. Les taches rubéoliques se colorent légèrement, mais pâlir et disparaître bientôt après. Temp.: 3993.
L'état du malade ne fait qu'empirer. Le soir, l’affaissement est extrême. L’anxiété respiratoire est à son comble. Mouv. respiratoires: 84. Pouls: 152. Temp. : 39°8.
L'enfant meurt dans la nuit, vers 2 heures.
Autopsie: 60 gr. de liquide environ dans le péricarde. Quelques adhérences pleurales à gauche.
Le poumon gauche a, dans ses deux tiers inférieurs, un aspectrouge brunâtre; il ne crépite pas sous le doigt et ne peut être insufflé. La coupe est nette, un peu marbrée; de petits fragments jetés dans l’eau plongent immédiatement au fond.— Le sommet du poumon crépite, et peut êfre insuffié.
Le poumon droit présente quelques noyaux foncés qui se détachent sur une surface blanchâtre, donnant au doigt une sensation de duvet. Toutes les parties surnagent.
Rien de particulier du côté des autres organes.
. Observation XIX
PAUL = , âgé de deux ans, est de longue date déjà à l'Hôpital général. On ne connaît pas ses parents, et nous ne pouvons obtenir aucun renseignement sur les antécédents du petit malade, que noustrouvons couché à l’infirmerie, le 42 décembre, en pleine éruption rubéolique.
L’enfant étaitun peu inquiet depuis quelques jours, se plaignait de souffrir des yeux, toussait, n’avait plus d’appétit. Le 11 décembre, il demande à se coucher.
12. — Eruption très-confluente à la face, par plaques assez larges, rouges, non saillantes, s’effaçant à la pression. Sur le tronc, l’exanthème est constitué par de petites taches rouges, arrondies. Temp. : M.:39°7.— S.: 3907.
13. — L’exanthème s’est généralisé. Temp.: M.: 3802.— S.: 38 6.
14.— Rien de particulier à noter, si ce n’est l’atténuation de l’exanthème. Temp.: M.: 37°9.—$S.: 38°8.
15.— L’éruption est devenue ecchymotique à la face et en quelques points des membres inférieurs; respiration très-pénible, fréquente, anxieuse ; 64 mouv. respiratoires; toux sèche, quinteuse; râles souscrépitants en arrière et à gauche. Selles normales. Temp., M.. 39o1.— Pouls: 136.
Potion : Kermès minéral . . 0,05 centig.
HrPOUNO ES M Te 0,145 — TT TR pe ET 20 gr.
Sirop simple . . . 20 — IHÉUSIONS sh née 80 —
Le soir. l’état est à peu près le même. Temp.: 40°2. Mouv. resp.: 68. Une mouche de Milan à chaque membre.
16. — Exanthème toujours ecchymotique à la face, en quelques points du tronc et des membres inférieurs; au niveau des taches desquamation furfuracée. Toux fréquente; respiration pénible, saccadée. Râles sous-crépitants fins à gauche et en arrière, vers le tiers inférieur du poumon. Retentissement du cri à ce niveau. Submatité. — Bouche remplle d’aphthes, contre lesquels on prescrit un collutoire au borate de soude. Temp.: M.: 3807.—$.: 39°6.— mor v. resp.: 68.— Pouls: 140.
47.— L'état est à peu près le même que la veille. — Mêmes signes stéthoscopiques. Affaissement. Assoupissement continuel. Temp. : 39°5.— mouv. resp.: 68.
ss AD
Deux vésicatoires de 0,10 centim. sur 0,10 centim. en arrière de la poitrine.
Soir.—L’affaissement est extrême. L'enfant garde dans une immo
bilité complète le décubitus dorsal. L’éruption abeaucoup pâli. Temp.:
40°2.— Mouv. resp.: 72.
Le petit malade succombe dans la nuit.
Autopsie.— Les poumons présentent un emphysème généralisé ; ils sont très-volumineux, d’une coloration blanc grisâtre, crépitant peu sous le doigt, donnant à la pression une sensation de duvet. En pratiquant des coupes en divers sens, nous tombons, dans le lobe inférieur du poumon gauche, sur un bloc volumineux qui en occupe presque toute la partie centrale et présente tous les caractères macroscopiques de l’hépatisation rouge; la coupe, d’un rouge uniforme, est nette et présente un aspect granuleux. Ce bloc, solide et compacte, qui a résisté à l'insufflation, ne crépite pas sous le doigt et tombe rapidement au fond de l’eau.— Un peu de liquide dans le péricarde.
Chez les deux malades dont nous venons de donner l’observation, l’autopsie nous a mis en présence d’une hépatisation rouge nettement caractérisée, occupant tout un lobe du poumon, ou du moins s’étendant à une portion continue d’un même lobe. Point de ces ilots disséminés qui sont la caractéristique de la bronchopneumonie; rien ou à peu près rien du côté des bronches. D'ailleurs, les signes stéthoscopiques avaient permis d'avance de porter le diagnostic. Ce n’était pas progressivement, par poussées successives, que la maladie s’était produite, l’inflammation s’étendant des bronches aux lobules pulmonaires; nous n’avions pas eu d’abord des râles sonores se mélant peu à peu de râles muqueux et de sous-crépitants ; d'emblée, on constatait en un point des sous-crépitants fins, une respiration très-soufflante, un retentissement du cri, et la percussion donnait en ce point un peu de submatité; il n’en faut pas davantage pour témoigner d’une pneumonie lobaire chez l’enfant. Les râles n’ont jamais chez lui la sécheresse qu’ils présentent chez l’adulte; le souffle n’est pas aussi marqué; une
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matité complète n’appartient qu’à l’épanchement pleurétique. De plus les signes que nous avions notés étaient demeurés fixes. Dans la bron- Chopneumonie, ils sont en général mobiles au contraire, se déplaçant, disparaissant d’un point pourse porter eñ un autre, différents comme localisation etcomme intensité aux divers moments du jour. La fièvre, élevée dès le début, s’est maintenue telle sans grandes oscillations, ne présentant du matin au soir que des variations inférieures à 4°.Seule, la terminaison rapidement fatale pourrait éveiller quelques doutes en notre esprit.« L'enfant, dit Cadet de Gassicourt, ne meurt pas de pneumonie lobaire.» Et, de fait, nous n’avons jamais vu, chez lui, la pneumonie lobaire franche entraîner la mort. Les causes spécifiques qui dominaient la maladie, les conditions au milieu desquelles elle se produisait, rendent compte de sa malignité dans les cas rapportés plus haut. L’autopsie, d’ailleurs, a levé tous les doutes que nous pouvions concevoir sur la nature des lésions. Dans la fièvre typhoïde, c’est-à-dire dans une pyrexie à détermination broncho-pneumonique, Cornil a plusieurs fois observé des pneumonies lobaires vérifiées par l’autopsie et le microscope : «Il n’y a aucune raison nosologique pour que le même fait ne se produise pas dans la rougeole», ainsi que le remarque Cadet de Gassicourt, qui a vu deux fois lui-même la rougeole être suivie d’une véritable pneumonie franche.
C'est plutôt vers cette forme de phlegmasie pulmonaire que paraissaient tendré encore les diverses manifestations thoraciques que nous avons rencontrées chez plusieurs malades. Brusquement, alors que les signes stéthoscopiques étaient insignifiants la veille, un point de côté se déclarait, accompagné d’une subite élévation de la température; des bouffées de râles fins se faisaient entendre dans une région limitée et assez étendue de la poitrine, témoignant qu’un lobe du poumon, ou du moins une portion continue de son parenchyme, était le siége d’une poussée congestive. Cette congestion était parfois générale. Les mêmes signes stéthoscopiques persistaient, plus ou moins,.longtemps, sans se déplacer, sans subir d’oscillations, pour se modifier peu à peu, les râles devenant plus gros et plus rares.
Chez Pierre Villaret (obs. XVIII), quelques adhérences témoignaient que le processus phlegmasique avait envahi la plèvre. Le fait est assez commun, et l’on voit souvent la bronchopneumonie comme la pneumonie lobaire s’accompagner de pleurésie. Par contre, il est fort rare que celle-ci survienne seule et d’emblée dans la rougeole. Cette pyrexie a peu de tendances à léserles séreuses, et la pleurésie primitive, indépendante d’une pneumonie antérieure, est une exception. Rilliet et Barthez n’en signalent qu’un cas; MM. Dehaut, Moynier et Boudin, en ont seuls indiqués quelques autres. Nous en avons, pour notre part, observé deux exemples, l’un en ville avec M. le professeur Batlle, l’autre, que nous allons rapporter, à PHôpital général.
Observation XX
Le 8 décembre 1883, nous trouvons, à l’infirmerie de l’Orphelinat, une petite fille de neuf ans, Antoinette Fraisse, d’une bonne santé
habituelle, et sur l’hérédité de laquelle nous ne pouvons obtenir aucun:
renseignement.
L’enfant se plaignait depuis trois ou quatre jours de fatigue, d’inappétence et de céphalalgie, lorsqu'elle s’est couchée. Elle présente un peu de catarrhe oculo-nasal, et tousse assez fréquemment. A l’auscultation : quelques râles de bronchite. Temp. : M. 39°. — S. : 3906.
Potion : Kermès minéral . . . 0,10 centigr.
Teinture de digitale. . VI gouttes.
infusion 22 EME T0 ram 9, — Une éruption rubéolique se montre très-rare et par petites
taches rouges, arrondies, non saillantes à la face. Les taches sont plus abondantes sur le dos, où quelques-unes, assez larges, présentent une petite élevure centrale. La toux est sècheet fréquente. Quelques râles sonores des deux côtés de la poitrine. Frottements pleuraux à droite. Temp. : M.: 3901. —$S.: 38°7.
10. L’exanthème s’est généralisé et a gagné les extrémités ; il pâlit
déjà à la face. Frottements pleuraux à droite; un peu de submatité à la base. Temp. : M. : 37°,5. — $S.: 38°2,