I. Le mécanisme de la S. G. est encore incomplètement connu
Cependant, certains faits semblent se dégager des nombreux travaux que son étude a suscités :
a) Parmi les facteurs chimiques, les modifications du taux des protéines plasmatiques, et, en particulier les
LE Sérine ; variations du rapport semblent jouer le rôle pré- Globuline pondérant.
b) Mais les facteurs physiques, d’ailleurs en relation étroite avec la composition chimique du sang, paraissent occuper la première place. Ce sont surtout
— la viscosité du plasma, lié pour une grande part à sa teneur en fibrinogène et en globuline ;
— le volume des hématies ;
—— la tension superficielle, .susceptible de fixer, par absorption, des molécules à la surface des hématies qui les entraînent dans leur chute.
IT. En ce qui concerne la sédimentation dans le cancer, nos propres recherches ont montré
a) Qu'il y a bien parallélisme entre la nature maligne de la tumeur et l’accélération de la sédimentation. Sur le tableau récapitulatif de nos observations, on constate que toutes les S. G. égales ou supérieures à 10 mm. dans la première heure correspondent à des tumeurs malignes ; que, par contre, les shwannomes et angiomes, tumeurs bénignes, donnent des S. G. inférieurs à 10 mm.
Que, par suite, la réaction de sédimentation peut aider au diagnostic ; l'observation XXXV est instructive à cel
Ne
égard : il s'agissait d’une malade pour laquelle le diagnostic était hésitant entre métrite sénile et cancer du col. La S. G. basse (9 mm.) permettait d'éliminer le néoplasme, ce qui fut confirmé par la biopsie.
b) Qu'il semble, d'autre part, y avoir parallélisme entre le caractère évolutif, la tendance à lextension de la tumeur CLASS:
Les observations XIV et LXIV, deux nméoplasmes du col sans extension aux paramètres, sont significatives. — Plus encore, la comparaison entre les observations XIX et XXV, deux cancers du col histologiquement vérifiés, ne différant entre eux que par l'atteinte des paramètres, les V. S. sont respectivement de 120 et 11 mim. en une heure.
c) Mais, par contre, Îles épithéliomas cutanés, malgré leur faible retentissement général, et leur faible tendance à faire des métastases, accélèrent d’une façon importante la sédimentation, contrairement à ce qu’en pensent certains auteurs (Dubarry, H. Weiïll).
d) Que le rôle de l'infection, s’il existe, est bien difficile à établir, et que ce ne sont pas toujours les cas infectés qui, à gravité et à extension égales, déterminent les plus fortes accélérations (voir en particulier les observations de cancers du col). Et ceci empêchera toujours de se baser sur la V. S. pour établir un pronostic ferme chez les cancéreux.
e) Que la lymiphogranulomatose maligne, maladie fébrile, accélère considérablement la S. G.
f) Que l'influence du traitement est long à retentir sur la sédimentation ; après un mois de traitement par les rayons X, elle n’est pas sensiblement modifiée.