‹ Contribution à l'étude de la septicémie méningococcique et de son traitementChapitre 25 sur 44 · C.— ProTéINOTHÉRAPIE. — L'introduction dans · texte numérisé non relu

C.— ProTéINOTHÉRAPIE. — L'introduction dans

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l'organisme, par voie parentérale, d’une albumine étrangère, peut être suivie lorsqu'elle est faite au cours d’une infection, d'une amélioration franche et souvent d’un arrêt brutal de celle-ci. La guérison ést parfois obtenue au prix d’un choc dramatique.

Les procédés de protéinothérapie comprennent surtout les injections d’albumine du sang (sérum, plasma, sang total), de peptone, de lait.

Dans l'infection ménincoccique, l’autohémothérapie et l’autoplasmothérapie n’ont pas été traitées, l'isohémothérapié ou petite transfusion de sang citraté n'a été faite que rarement, elle a paru empêcher le déclanchement des phénomènes anaphylactiques déterminés par l’irruption du méningoccoque dans le sang, relever le taux de l’alexie et le chiffre des globules rouges.

Son action protéinique, qui se manifeste surtout lorsqu'il y à incompatibilité des sangs du donneur et du receveur, n'est pas à rechercher, parce que trop shockante.

L'injection de peptone n’a été pratiquée qu'exceptionnellement dans la septicémie méningococcique, elle n’a pas doniné grand résultat. Elle peut déterminér des réactions intenses et ne semble pas devoir être généralisée dans cette infection accessible à des procédés moins violents.

Les chocs sériques et anaphylactiques sont parfois si dramatiques que le médecin ne cherche pas à les provoquer de propos délibéré. Cependant dans certaines observations de septicémie méningococ-

Es ee cique, où l’injection intraveineuse de sérum était indiquée, on a provoqué involontairement et malgré les précautions prises des chocs sérieux. Ils n’ont que rarement donné des résultats favorables. Dans un cas de Weill, Dufourt et Bertoye, dans un autre de notre maïître Brodin, Marquézy et Wolff, des chocs anaphylactique et sérique ont été suivis d’un arrêt subit de l'infection.

Les injections intramusculaires de lait ont fourni quelques beaux résultats. Elles ne semblent pas comporter de danger.

Ces méthodes de protéinothérapie ne sont valables que vis-à-vis de la septicémie méningococcique ; elles paraissent agir peu sur l’évolution de la méningite.

Le mécanisme d’action de la protéinothérapie est complexe. Dans les grands chocs qui suivent l’injection intraveineuse de protéines étrangères, le brusque déséquilibre physique colloïdal joue certainement le rôle capital. Dans les effets heureux, moins brutaux, qui apparaissent après injection hypodermique, et sans choc cliniquement appré-

ciable, les réactions leucocytaires, les ferments de défense, jouent vraisemblablement un rôle favorable.

En résumé, ce qui paraît ressortir d’une façon évidente des rapports de MM. Dopter et de mon maitre Boidin, c’est d’abord l'existence d'échecs de la sérothérapie, s’expliquant dans certains eas seulement

par des dispositions anatomiques particulières, et

} LE BITES c’est d'autre part, la nécessité de recourir à ces médications nouvelles, dites adjuvantes, qui très souvent, prirent une importance capitale après l’insuccès du sérum.

Depuis le Congrès de Bordeaux, MM. Merle, Vialard, Darlégny, Dayras, Marie, M. [zard, P. Lutor, ont publié des observations dans lesquelles la résistance de l'infection à la sérothérapie est évidente.

M. Lewkowicz, dans un mémoire paru dans les Archives des maladies des enfants, expose les résultats obtenus par l'injection ventriculaire d'emblée au cours de 25 méningites cérébro-spinales. La mortalité s'élève à 32 %,. Malgré cela, l’auteur remarque d’ailleurs que : « dans les ventricules, l'infection se « maintient d’une façon plus tenace. Cela se ma- « nifeste d’une manière remarquable dans les cas où « l'on a exécuté plusieurs injections intraventricu «laires de sérum et où pourtant les ventricules « continuent à contenir des méningocoques ». Rien ne peut mieux mettre en évidence la résistance qu'offre le méningocoque à la sérothérapie.

En 1925, notre maître M. le professeur Pierre Teissier, attire l’attention sur les échecs de plus en plus fréquents de la sérothérapie. Les mêmes échecs sont enregistrés à l'étranger et surtouten Angleterre.

Voici les conclusions de M. Teissier : l’acte thérapeutique si indispensable et si rationnel que représente la sérothérapie peut. donc échouer dans des

circonstances «où le sérum semble seul pouvoir être incriminé y».

Est-ce l’infériorité du sérum antimicrobien dont l'action est moins évidente que celle des sérums antitoxiques ? Est-ce la difficulté de préparer un sérum adapté à des espèces microbiennes variant sans cesse ?

« L'activité spécifique du sérum, dit M. Teissier, doit se dévoiler rapidement et complètement comme celle du salicylate de soude à l'égard du rhumatisme articulaire aigu, des sels de quinine contre le paludisme,dessels arsenicaux vis-à-vis des trypanosomiases. » Au mois d'août 1925, il publie sa statistique : 34 cas (depuis 1922) de méningite avec 8 décès, soit 23% ; 90 par injections ventriculaires, et préconise la sérothérapie intraventriculaire d'emblée.

Mogilnicki, au Congrès franco-polonais, rapporte les observations de 85 cas de méningite chez des ‘enfants au-dessous de 1 an, avec l'injection rachidienne et ventriculaire de sérum ; il observe 50 % de décès chez les sujets traités au cours de la première semaine et 90 % chez les malades traités après la 1e semaine.

Aleksander Dounaszewicz signale l’échec complet de la sérothérapie et les bons effets de l'injection d'air dans le canal rachidien.

En France, MM. Dufourt, Sédallian et Netter signalent l'échec de la sérothérapie. M. Martin insiste sur le fait que le méningocoque B, le plus fréquemment rencontré, le plus virulent, est plus difficile à combattre par la sérothérapie.

En résumé le sérum antiméningococcique pro-

A. Basiliadès. 5

bablement a perdu son efficacité. C’est une opinion qui commence à se faire jour et que les observations ne peuvent malheureusement que confirmer.

En 1908-1914 les succès sont évidents ; la mortalité baisse dans des proportions impressionnantes. Il semble qu'on puisse tout attendre de cette méthode.

En 1910-1911 on pose la question des paraméningocoques. |

De 1914 à 1917, en Angleterre d’abord, en France ensuite, les échecs se font plus fréquents et cette élévation de la mortalité est mise sur le compte de la pluralité des méningocoques. |

De 1917 à 1923, on observe de nombreux cas qui résistent au traitement malgré la sérothérapie polyvalente et monovalente. C'est l’ère des injections rachidiennes hautes et ventriculaires, ainsi que la naissance des méthodes adjuvantes, car les échecs sont attribués aux cloisonnements rachidiens plus fréquemment constatés et à la ventriculite.

Depuis 1923, il semble bien que la sérothérapie continue à être nettement insuffisante, les méthodes adjuvantes par contre prennent dans le traitement des méningococcies une importance de plus en plus grande.

ÉTUDE CRITIQUE DE QUELQUES CAS DE MÉNINGITES CÉRÉBRO-SPINALES TRAITÉS PAR LA SÉROTHÉRAPIE

M. Pierre Teissier, dans une de ces cliniques, insista sur la gravité des méningites cérébro-spinales, qui, depuis 1919, avaient été traitées dans son service et sur la mortalité élevée malgré une technique de sérothérapie aussi rigoureuse que possible. Nous ne saurions mieux faire que de la citer :

« La situation n’était plus après la guerre, celle que j'avais constatée à l'Hôpital Claude-Bernard lors de l’épidémie de 1908 et dans les années qui suivirent. Ce n’était plus la proportion de succès qui m'avait permis de louer avec nombre de mes collègues l'efficacité du sérum antiméningococcique. Ce n’était plus les statistiques remarquables témoignant de l’abaissement de la mortalité à 19 %, 13 9%, 11 %, mais le retour aux taux désespérants de la période qui avait précédé toute intervention sérothérapique... Vous comprendrez que, devant un résultat aussi décourageant, j'ai été conduit à me demander en définitive, toutes raisons bien pesées, s’il ne fallait pas cesser de croire à l’activité du

sérum antiméningococcique. »

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L'examen des observations ci-jointes permet en effet de constater le taux élevé de la mortalité et d'expliquer le pessimisme de M. Pierre Teissier. Nous avons pu réunir 69 cas de méningites cérébrospinales soignées à l'Hôpital Claude-Bernard en 1919 ; 47 se sont terminées par la mort. La léthalité s'élève donc à 69 %.

On peut être surpris à juste titre du nombre élevé des décès pour des méningites traitées par sérum. Dans; quelques cas on doîit incriminer le traitement tardif : les malades n'arrivent parfois à l'hôpital que quelques jours après le début de leur maladie ; mais indépendamment de ces faits regrettables,les autres malades sont venus le 2° ou 3° jour de leur méningite, dans les bonnes conditions pour recevoir un traitement précoce. Nous verrons que malgré cela, malgré surtout une thérapeutique intensive (puisque certains malades ont reçu un litre et plus de sérum par voie rachidienne et intraveineuse) des malades atteints de méningite de gravité moyenne en apparence, sont morts plus ou moins rapidement sans que l'on ait pu mettre en évidence une lésion anatomique spéciale ou une infection secondaire. Ce traitement fut parfois poursuivi avec une opiniätreté telle qu’elle put paraître excessive à notre maître, M. Pierre Teissier.

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