‹ Contribution A L'Étude De La Sérothérapie AntituberculeuseChapitre 6 sur 45 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis plus de vingt ans déjà. le;Professeur agrégé

A. JoussET a préconisé l’emploi d’un sérum destiné

à lutter contre certaines formes de la tuberculose. Il est curieux de constater que ce sérum est presque inconnu de la majorité des praticiens, malgré l’abondance de la littérature médicale qui apporte rapidement, et à tous les médecins, les méthodes thérapeutiques récentes, les innovations les plus hasardeuses. A quoi attribuer ce fait ?

Chaque année, on offre au corps médical des remèdes infaillibles contre la tuberculose: chaque promoteur en fait une panacée, garantit la constance des ré-

seultats. D’où bien des désillusions. L'idée d’un traite-

ment de la tuberculose n’a plus aucune faveur: on

généralise, on réfute tout par définition: n'a-t-on pas vu le principe du pneumothorax artificiel attendre vingt ans sa réalisation ?

« Le traitement de la tuberculose, disait JOUSSET, a causé tant de déceptions. trompé tant d’espoirs. que

tout nouvel essai, quand il n'est pas accueilli par un

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haussement d’épaules, provoque ordinairement le plus sceptique des sourires ».

N’était-ce pas l’époque où M. Risr écrivait : « Il n'existe, à l’heure actuelle, aucun médicament qui guérit la tuberculose pulmonaire : c’est un fait sur lequel tous les phtisiologues compétents sont d’accord... L’argent dépensé en médicaments est perdu pour la nourriture saine, perdu pour le logement aéré, perdu pour le séjour bienfaisant au grand air. Le temps gaspillé en thérapeutique médicamenteuse\est perdu tout court. C’est l’occasion de guérir qui a fui pour toujours ». « La preuve, ajoutait M. Jousser, est toujours diffi-

cile à faire en thérapeutique, puisqu'on peut toujours

arguer de la curabilité spontanée des maladies et opposer aux succès les plus éclatants l’argument dit de coïncidence ». Il n’hésitait pourtant pas à affirmer que « l’efficacité de la sérothérapie antibacillaire n’est plus discutable ». Depuis cette époque, la sérothérapie a

conservé ses admirateurs et ses détracteurs.

Grâce à l’obligeance du Docteur Xavier MORDRET, médecin de l'hôpital du Mans, nous avons pu recueillir vingt-huit observations. Ce ne sont pas quelques cas où le traitement s’est montré particulièrement favorable que nous apportons ici, mais tous ceux dans les-

quels il a été utilisé, quels que soient les résultats obtenus.

Nous n'avons pas l’intention cependant d’établir

une statistique, nos observations sont trop peu nombreuses et, d’autre part, nous ne devons pas perdre de vue la très grande diversité de formes que revêt l’infection tuberculeuse, les différences d’évolution et de

gravité existant entre toutes ces formes.

Il nous a paru intéressant, toutefois, de verser ces observations au dossier de « l’arsenal thérapeutique antituberculeux, à la fois trop riche et trop indigent ».

Nous rapporterons brièvement l'historique de Îa question, nous rappelerons en quelques pages les indications, le mode de préparation, la technique du sérum de JOUSSET, les accidents qui lui sont imputables. |

Nous exposerons les observations recueillies, nous les commenterons pour en arriver à la conclusion de

notre thèse.

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