ENT PONS
Au début de 1926, il entre aux Mines d’or de Beaune, près Limoges, en qualité d’ouvrier mineur : il travaille à sec à la perforation et au marteau dans des galeries mal aérées et au milieu d’un nuage de poussière.s
Au mois de décembre 1930, se sentant fatigué, il quitte la mine, pour entrer à l’usine du Palais, dans le service d’étirage des métaux, son travail n’est pas trop pénible.
Au mois d'octobre 1932, il est obligé d'interrompre son travail pendant quelques jours, l’essoufflement a augmenté et avec sa bicyclette il ne peut faire que très péniblement les six kilomètres qui séparent son habitation de l’usine, plusieurs arrêts sont indispensables pour lui permettre de respirer.
Le malade maigrit un peu.
La dyspnée augmente toujours et le 16 mars 1l est obligé d'interrompre définitivement son travail et il va à la consultation du dispensaire antitubereuleux de Limoges.
A la suite d’un examen somatique et d’une radiographie, il est dirigé sur le Sanatorium de Crève-Cœur dans lequel il reste neuf mois.
Au cours de son séjour, 1l ne fait Jamais de température, les examens de crachats sont toujours négatifs, il prend huit kilos, un seul syinptôme persiste, la dyspnée.
Le 12 février 1934, le malade vient nous voir, 1l est très dyspnéique, il s'arrête plusieurs fois pour monter au premier étage, 1l tousse un peu, toux qui s'accompagne d’expectoration peu abondante, quatre à cinq crachats le matin au réveil. r ca
Les signes physiques nous donnent peu de renseignements.
A l'inspection : incursion du thorax à peu près normale, avec un peu de tirage sus-claviculaire, surtout marqué à gauche.
La palpation et la percussion sont normales.
À l’auscultation : rudesse de lPinspiration, à gauche.
Cœur : les bruits et rythme sont normaux.
Barrière
LABS
Tube digestif : normal.
Pouls : est à 80 au repos.
Tension : 14/8.
Température : 3607 le matin ; 3702 Le soir.
L'examen répété des crachats est négatif, après homo néisation.
gé-
La radiograp hie : montre une image miliaire disséminée avec taches confluentes à gauche, donnant un aspect pseudo-tumoral.
OBSERVATION No 21
Melis Saz., 43 ans. Ouvrier mineur.
Aucun antécédent suspect.
Il a travaillé dans les Mines d’or, en Guvane Française, jusqu’en 1928. Il revient en France et travaille à partir de 1928 aux Mines d’or de Cnent à la perforatrice et au marteau dans les galeries.
Au début de 1933 apparaît une dyspnée intense, qu l’oblige à interrompre son métier.
Le 5 octobre, il entre dans notre service à l'hôpital.
L'état général est assez bon ; 1l tousse beaucoup le matin et crache environ un demi crachoir par 24 heures. L'examen des crachats fait à ce moment, met en évidence le bacille de Koch.
La dyspnée est intense.
L’inspection montre un peu de tirage sus-claviculaire
Aucun signe audible à l’auscultation. La température se maintient entre 370 et 3705 quand brusquement le 15 novembre elle s’élève à 4005, à la suite d’une poussée aiguë de bacillose avec épanchement pleural.
Il présente des signes d'insuffisance cardiaque.
Après thoracenthèse la température tombe eux environs
de 380,
Le malade s’affaiblit et meurt dans une crise d’asystolie le 6 décembre 1933.
Radiographie : montre une image de miliaire disséminée avec aspect pseudo tumoral de la Raroe moyenne du poumon gauche.
OBSERVATION. No 22
M. Due., 32 ans. Ouvrier mineur.
Entre aux Mines d’or de Beaune près Limoges, au mois de février 1928, en qualité d’ouvrier mineur.
Il mine à sec, pendant quatre ans dans des galeries mal aérées.
En 1930 il fait une bronchite bénigne qui l’immobilise pendant quatre ou cinq Jours.
À parür de juin 1931, il fait son travail péniblement, 1l est essoufllé au moindre effort, 1l maigrit et n’a plus d’appétit.
Le 1er février 1932, il interrompt définitivement son travail, la dyspnée est intense, à cette époque 1l remarque des erachats présentant quelques petits filets de sang, pendant quelques jours seulement.
Le 15 février 1932, il se décide à entrer à l'hôpital.
Antécédents :
Héréditaires : Père 57 ans, mère 61 ans, tous les deux en bonne santé.
Personnels : Aucune maladie jusqu’à ce Jour.
À l’examen, nous trouvons :
1) à l’inspection : un malade amaigri, la respiration est rapide, l’incursion thoracique est diminuée et 1l présente du tirage sus-sternal.
La percussion ne révèle rien.
L’auscultation ne présente rien de particulier, sauf une respiration soufilante au niveau des hiles.
Le cœur présente un rythme fœtal, le maximum des bruits est entendu au niveau de l’appendice xiphoïde.
Le pouls est à 120.
La tension 13/7.
L’expectoration est assez abondante, un demi crachoir de crachats non purulents, broncho-salivaires. Trois examens de crachats sont négatifs après homogénéisation.
La température varie entre 37° le matin et 389 Le soir.
Le 26 mars, il fait une poussée thermique aux environs de 390 sans signes locaux.
L’insuflisance cardiaque augmente êt 1l meurt brusquement le 12 avril 1932.
La radiographie montre une image de miliaire dissémi-. née confluente et donnant un aspect pseudo-tumoral à droite.
Kiowar Giov., 31 ans. Mineur.
Rentré dans le service le 6 janvier 1934.
Pas d’antécédents héréditaires. : :
Antécédents personnels :
Pas de maladie d'enfance.
En 1924, obligé de s’expatrier, il se rend dans les mines le Charleroi (Belgique). Il travaille à 1.000 mètres de profondeur pendant 4 mois à raison de 8 heures par jour : aucun dispositif pour empêcher la production des poussières — lempérature élevée au fond de la mine — Pas de contrôle médical pour visiter les mineurs, une seule disposition hygiénique : Les mineurs sont obligés, au sortir des puits, de se doucher et de changer de vêtements.
Passage en France : travaille dans les mines de charbon de Lens.
Travaille à 350 mètres de profondeur : roule des wagonnets de minerai.
Précautions d'hygiène similaires.
Santé excellente : lappétit est bon. La nourriture est bonne. Pas d’amaigrissement. Pas d’asthénie.
Passage de 9 mois dans les houillères du Pas-de-Calais : à cet endroit, la température du fond est très élevée, les hommes travaillent nus jusqu’à la ceinture.
Le sujet se rend pour travailler à Toussierres, dans des carrières de pierres ;il constate à partir de cette date une légère asthénie et un essoufflement rendant son travail plus pémble que par le passé.
En 1929, Kiovat émigre en Guyane Française pour entrer dans des mines d’or, il travaille 18 mois dans notre colonie. Tous les mineurs sont particulièrement gênés par les poussières considérables que soulèvent les perforatrices automatiques.
En 1932, de retour en France, le malade travaille pendant 4 mots dans les Mines de Cheni (Haute-Vienne).
C’est à partir de cette date que le sujet ressent les premiers symptômes de la maladie, symptômes qui obligent à cesser tout travail en octobre 1932.
Historique de la maladie. — Le début se fait par une asthénie de pius en plus profonde,
par de l’essoufflement, lui interdisant une marche rapide ou la montée d’un escalier .
A ces deux signes se joignent :
De l’anorexie ;
Un amaigrissement régulier ;
Une toux sèche avec expectoration muqueuse.
Mais pas d’hémoptysie.
Examen du malade. — À l'inspection : hypocratisme des doigts, exagération des creux sus et sous-claviculaires ;
FPE NES
Thorax amaigri. Incursion thoracique diminuée, rythme inspiratoiré : 28.
La palpation et la percussion du thorax ne donnent aucun renseignement.
À lauscultation: Pas de signes audibles. Sommet
gauche : respiration soufilante.
Sommet droit : respiration rude.
Base gauche : nombreux râles sous-crépitants.
Base droite : Rudesse respiratoire au niveau du Hile. La température varie entre 3705 et 3805.
L'examen des crachats : Présence de bacilles de Koch.
L'examen du cœur : ne présente aucuns souffles orificiels. rythme accéléré, tension 12/7. Pouls 98.
On conclut à une tuberculose pulmonaire aiguë.
Examen radiologique : À droite: Lobite excavée du sommet. Miliaire à petits grains dans le reste du champ pulmonaire. À gauche : taches confluentes avec cavernes à la partie moyenne.
Le malade meurt subitement, après avoir présenté dans les jours précédents des signes d’insuflisance cardiaque.
CONDITIONS ÉTIOLOGIQUES
Tous nos malades avaient travaillé sensiblement dans les mêmes conditions c’est-à-dire dans une mine de quartz aurifère et la plupart dans la petite mine de Cheni occupant 160 ouvriers dont soixante seulement travaillent au fond. À 150 mètres de profondeur dans de vastes galeries creusées dans le quartz ces ouvriers procèdent à la perforation et à l’exploitation des roches. Jusqu’en 1932 ils effectuaient le travail à sec au moyen du marteau ou de la perforatrice à air comprimé ; ces instruments puissants en broyant la pierre provoquent dans la galerie une poussière de quartz si intense que parfois les mineurs ont peine à voir leur lampe.
Ces ouvriers travaillaient constamment dans une poussière de roches sans cesse renouvelée dont il ne nous a pas été possible de connaître la composition quant au volume des différentes particules, mais l'analyse chimique nous à permis de voir qu’elle était particulièrement riche en silice libre. Voici d’ailleurs la composition exacte de cette poussière :
Perte au Tour HAMMAM ERREUR AURAS Dilice bre, SMS RENE ER RPrE 70,98 % SIC COMMINC EEE EURE ET CEE 16,4%19 Oxyde détente DASUNSS ATUMIN ER ER RS Te D ET Ne LS (PHARES ANVATITERTSÉMIOUXL EP RC CE CFA M ÉD A RS AS Dia Se ER LE OMETROS Oxyde de 2INCIER TON AM Ne DD Oxydes de sodium et potassium ...... LH 565098 SOUPE NANN DE en se ten CNE a MES 05620 OX TeDIOMbe PP EN ER Traces
Combien de temps ces ouvriers peuvent-ils travailler dans une telle atmosphère avant d’éprouver des signes d’incommodation, c’était une question intéressante à éclaireir.
Nos malades avaient effectué un temps de séjour dans la poussière correspondant sensiblement à celui donné par les différents auteurs pour les mines de quartez aurifère (4 à 10 ans) comme susceptible de provoquer des troubles d’origine sihicosique.
En effet nous avons trouvé que le temps de travail dans les galeries était de :
2 ans chez 2? malades 3 ans » 1 »
4 ans » SN 0) JLans » De) 6 ans » (ATEN S ans » 8 »
10 ans » 4 »
A1 ans » { »
143 ans » FPE)
Chiffres polymorphes qui trouveraient sans doute leur explication dans l'influence du type de la respi-
ration et du facteur individuel de plus ou moins grande sensibilité sur lesquelles Poricarn en particulier a déjà attiré notre attention.
Notre enquête personnelle ne nous a malheureusement apporté aucun renseignement précis sur ces deux facteurs chez les malades en question. Quoi qu’il . en soit, après une durée de travail au fond assez variable, ces ouvriers commencèrent donc à présenter des troubles qui les amenèrent à cesser ce genre de travail et à consulter un médecin, troubles qui constuent un tableau chinique discret mais presque identique pour tous nos malades.