III. — ESSAI DE SYSTEMATISATION
À la lumière des chapitres précédents, nous proposons de distinguer dans nos observations trois périodes évolutives qui sont particulièrement évidentes à l'examen des courbes déjà publiées.
Première période. — Cette période est caractérisée par la coexistence d’une hépatite et d’une néphrite.
L'hépatite se traduit par un syndrome d’hyperhépatie dont les éléments sont :
l’'ictère,
l’azotémie qui s'élève brusquement,
la présence de sels et pigments biliaires dans les urines, |
L’atteinte rénale entraîné :
l’oligurie avec albuminurie légère, l'hypochlorurie, la légère hyperazoturie relative.
Cette première phase comme nous l’avons déjà signalé est toujours accompagnée d’un syndrome infectieux général.
Deuxième période. — I] s'agit d’une période éminemment transitoire, coïncidant avec l’amendement des signes généaux.
À ce moment on note :
une amélioration hépatique.
Il y a, en effet, diminution de l’ictère,
Lie baisse rapide de l’azotémie, disparition des sels et pigments dans les urines, D'autre part une amélioration rénale avec un retour de la diurèse à la normale, une ébauche de crise chlorurique, une élimination azotée importante.
1roisieme période. — Cette période dans nos observations est uniquement marquée par : | une rechute de l'atteinte rénale. En effet, nous trouvons alors :
une oligurie moyenne avec albuminurie légere, une hypochlorurie, une hypoazoturie nette.
Nous insistons sur le fait que dans nos observations il n'y a pas eu de rechute générale au sens clinique du mot et pas de rechute hépatique.
Ceci vient à l’appui de ce que l’on remarqué dans tous lies cas de spi-rochétose, à savoir le parallélisme qui existe entre les signes généraux et les signes d’hyperfonctionnement hépatique puisque, en effet, lorsqu'il y a recrudescence fébrile, s’il n’y a que rarement rechute de l'ictère, il y a toujours reprise de l’hyper-azotémie.
Certains auteurs ont voulu essayer de baser la pathogénie de lPhyperazotémie dans la spirochétose ictéro-hémorra-
gique sur une baisse de la chlorémie. Nous insistons sur le
fait que dans nos observations tous les dosages. du chlore sanguin sont normaux, ou très légèrement augmentés.
Sans nier le rôle que peut jouer la chlorpénie chez certains malades, il semble néanmoins impossible de lui faire jouer le rôle primordial dans l'augmentation de l’urée sanguine.
Etant donnée la constance de l'atteinte hépatique et l'évolution rapide de l’azotémie, on peut penser que c’est à l'hy-
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perhépatie qu'est dû ce syndrome humoral. Le rein lui-méme n’y aurait qu’un rôle secondaire puisque, dans nos observations, la seconde atteinte rénale, en l'absence de participation hépatique, n’entraîne pas de modification du taux de l’azotémie.
Dès lors nous concevons très bien les réserves que certains auteurs ont déjà émises, concernant les nombreuses
dénominations proposées pour désigner flaffection qui.
nous occupe
-— Spirochétose ictéro-hémorragique ? les hémorragies sont rares dans nos pays.
— Ictère à rechute? mais la rechute de lictère lui-même est très rare.
-— Ictère à recrudescence fébrile? celle-ci est loin d’être la règle.
—— Ictère infectieux ? mais on a décrit des formes anictériques.
Il semble donc que le terme de « leptospirose » récemment proposé par les auteurs, par le fait qu’il ne présage en rien du type clinique envisagé, soit actuellement le plus exact.
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