‹ Contribution à l'étude de la stérilisation de la syphilis à la période primaireChapitre 6 sur 36 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Parmi les processus morbides qui enrichissent le domaine de la pathologie, la syphilis fait partie de ceux qui y tiennent la première place.

Inspiré par son importance clinique, par les ravages que cause cette maladie, nous avons voulu consacrer quelque temps à l’étude du traitement de ce terrible fléau.

A l'heure actuelle, où la syphiligraphie a fait tant de progrès, tous les praticiens doivent connaître la conduite à tenir en présence d’un syphilitique.

Comme nous le fait remarquer M. Leredde « traités par le mercure ou l’arsénobenzol, en tous pays, les syphilitiques sont victimes d'un véritable sabotage thérapeutique. Le mercure est employé à doses faibles ou à doses quelconques. Les périodes de traitement sont d’une durée indéterminée, en général courtes, parfois trop longues. Le traitement de la

ES 19 — syphilis est fait sans ordre, sans méthode, sans précision » (1).

Les temps sont passés où on établissait d'avance, d’une façon mathématique, et une fois pour toutes, des équations que les malades devaient suivre.

Aujourd’hui, cette méthode qui a eu ses raisons d’être est encore classique ; cependantles indications peuvent varier d’un individu à l’autre. Fournier luimême, qui aeu la gloïre de poser le premier des règles et d'indiquer une méthode, nous apprend que « les indications thérapeutiques qu’on peut donner, ne sont que des formules générales, applicables tout au plus aux cas d'ordre commun et passibles, à l'infini, d'amendements, d’atténuations, de modifications de tout ordre, et cela suivant des éventualités multiples particulières à chaque cas individuel ».

Maintenant que nous sommes armés pour pouvoir dépister la présence du microbe de la syphilis dans l'organisme, nous pouvons et nous devons juger dans chaque cas de la valeur du traitement employé.

Que ce soit le mercure, l’arsenic, etc., employés comme agents médicamenteux dans le traitement de la syphilis, il est indispensable de suivre une méthode raisonnée.

Nous avons suivi la clinique du D: Leredde et nous y avons pris quelques observations des malades traités par sa méthode, dont nous parlerons à la fin de notre travail ; nous disons dès maintenant qu'elles

1. Bulletin de la Société française de Dermatologie et de Syphiligraphie, 1914.i

sont intéressantes au point de vue clinique et expérimental.

Elles représentent les pièces justificatives et les documents de la méthode que nous allons esquisser succinctement.

Avant d'aborder ce sujet, nous voulons rendre un hommage aux précurseurs dans la microbiologie, dans la sérologie et dans la thérapeutique de la syphilis.

Bordet et Gingou ont entrevu le microbe de la syphilis avant que Schaudinn et Hoffmann l'aient identifié et décrit.

C’est encore à Bordet et Gingou qu'on doit la méthode de fixation du complément.

Dans la thérapeutique, nous voyons d’abord Cadet découvrir, en 1760, la liqueur famante qui porte son nom ; puis, Béchamp l'arsénaniline (atoxyl) en 1863, el enfin le professeur Armand Gautier, par ses remarquables recherches sur la présence de l'arsenic dans certains organes, et par ses études sur les arsineset, en particulier, sur les cacodylates, a fait entrer l’arsenic organique dans Ja thérapeutique.

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