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nique pour anorexie, tristesse, l'animal a une température de 39°5. Au bout de deux jours d'observation, une paraplégie se déclare avec incontinence d'urine. Le traitement institué est à base d’injections sous-cutanées de cacodylate de strychnine, depuis un milligramme et demi jusqu’à 3 mmg. 5, en augmentant d'un demi milligramme tous les deux jours. Lors de l’administration de la dose de 3 mmg. 5, une crise d'intoxication se manifeste; un lavement de choral y remédie. L’amélioration, qui était survenue vers les 5 et 6° jours, s’est grandement accentuée et l'animal quitte le chenil 10 jours après son entrée, dans un état sinon parfait, du moins très satisfaisant.
N° 8. — Chienne braque Saint-Germain, 4 ans. Propriétaire, M. Cor, décembre 1926. — L'animal nous est présenté avec les commémoratifs suivants: au cours d’une chasse, l'animal se met à vaciller sur ses membres postérieurs; bientôt il chancelle, tombe, ne peut plus se déplacer. Ce n’est là qu’une impotence passagère, car au bout de quelques instants, tout semble rentrer dans l’ordre; l’animal se remet à marcher. Quelques jours après, une paraplégie se manifeste, qui rend rigoureusement inerte le train postérieur de l’animal. Le traitement institué est le suivant:
Granules de sulfate de strychnine, un demi-milligramme pour 1 granule, n° 50.
Donner le 1* jour et le 2°, 8 granules en 3 fois dans la journée;
Donner les 2? et 3° jours, 4 granules en 3 fois dans la journée;
Fee à
Donner les 5% et 6& jours, 6 granules en 3 fois dans la journée, et continuer à la dose de 6 granules jusqu’à épuisement du médicament. Au bout de 6 jours, l’animal va mieux; vers le 10° jour, tous les troubles locomoteurs ont disparu et depuis cette date, aucune récidive ne s’est manifestée.
N° 9. Chien berger allemand, 7 mois. M. E..., Lyon, mai 1925. — L'animal se tient difficilement sur ses pos- térieurs. La paraplégie s’accentue pendant les deux premiers jours de son hospitalisation. Il reçoit une première injection de 2 mmg. de cacodylate de strychnine et la dose est progressivement augmentée par demi-milligramme jusqu'à 4 mmg. À ce moment, l'animal présente quelques symptômes d'intoxication. La paraplégie s’est améliorée, mais la démarche reste incertaine. Le traitement est interrompu pendant 3 jours. Il est ensuite repris à la dose de deux mmg. Le & jour de cette série d’injections, l'animal quitte les hôpitaux, rigoureusement guéri.
Résultats
Des observations qui précèdent, il résulte que les sels de strychnine donnent les plus heureux résultats dans nombre de paraplégies du chien. Pour que leur action soit efficace, il faut commencer le traitement tout au début de l'affection, avant que les phénomènes scléreux n'aient eu le temps d'évoluer dans les tissus nerveux. Que l'affection soit d'origine traumatique : heurt, com-
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motion, contusions graves; qu'elle soit d’origine infectieuse et résulte de la propagation à la moëlle d’une lésion du voisinage ou d'un foyer infectieux quelconque, situé à distance: affection digestive, cystite; qu’elle soit la localisation primitive de l'affection dite du jeune âge, des succès sont enregistrés dans tous les cas. Souvent, toutefois, ce n’est pas la complète guérison qui est obtenue, mais une amélioration durable qui lui équivaut presque; l'animal redevenu agile et alerte, ne présente plus que par intermittence un léger mouvement d’affaissement. Cette action de la strychnine sur le système nerveux est bien réellement une action tonique et non pas une action excitante.
Pour les excitants nerveux (alcool, kola, café, thé), à la phase d’excitation succède inévitablement une phase de dépression. Au contraire, l’action tonique est celle qui fortifie la cellule sans l’exciter. Elle stimule seulement la nutrition, accélère le métabolisme, incite les éléments à puiser davantage dans le milieu sanguin qui les baigne, les substances dont ils se nourrissent, mais elle n’engendre aucune mise en liberté immédiate d'énergie; partant, elle ne donne lieu à aucun gaspillage de force. Elle fortifie sans irriter, mais elle rend plus irritable. Elle augmente le potentiel et la capacité de travail des centres nerveux dont la nutrition est stimulée. Contrairement à ce qui a été soutenu et ainsi que l’a expliqué M. Bremer, elle n'exerce aucune action perturbatrice dans la production des réflexes; bien au contraire, les observations thérapeutiques montrent qu'elle les régularise et les coordonne. Mendelssohn à pu observer chez la grenouille, que lors-
que l’ordre de successions des réflexes était modifié à la suite de lésions expérimentales, on pouvait le rétablir plus ou moins complètement et plus ou moins facilement, en injectant à.l’animal une faible dose de strychnine. C’est là la manifestation expérimentale de l’action régulatrice. Il a observé de la même façon que la strychnine arrivait à rétablir un mouvement de flexion ou d'extension supprimé préalablement par une lésion expérimentale. Un mouvement de flexion ou d'extension est un mouvement coordonné résultant non seulement de la transformation de l'excitation centripète en excitation centrifuge, mais encore de la coordination des différents centres médullaires qui sont en connexion avec les muscles corespondants. C’est donc la manifestation de l’action coordinatrice.
Les insuccès dans le traitement des paraplégies du chien par la médication strychnique sont enregistrés quand on intervient tardivement, quand chez les jeunes chiens, viennent rapidement s'ajouter tous les symptômes de l'infection du jeune âge généralisée.
En raison de l'empire que possède le système nerveux sur la totalité de notre corps, la strychnine agit encore d’une façon indirecte pour stimuler tous les organes et toutes les fonctions: la digestion, la circulation, les sécrétions, la nutrition de l'organisme. Dans tout traitement à base de cet alcaloïde, il faut respecter les deux propositions suivantes:
4° Agir vite à doses progressives, devenant rapidement intenses. La dose maxima variant avec les sujets, sera déterminée par l'apparition de la réaction physiologique.