‹ Contribution à l'étude de la Syphilis Cornéenne: Gomme de la cornéeChapitre 18 sur 26 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Cette observation, recueillie par le docteur Lacombe, est relative à la malade Françoise X..., qui a déjà fait le sujet de l’observation VIII.

Cette malade avait complètement guéri, ainsi que nous

Pavons vu, lorsque, le 7 octobre 1878, c’est-à-dire près d’un an après, elle revint à la clinique pour une iritis gommeuse des deux yeux, dont elle est atteinte depuis un mois. Cette iritis présente tous les caractères de l'iritis syphilitique : Les pupilles sont à demi dilatées par l’atropine, et ne présentent que quelques dépôts pigmentaires; l'iris est boursouflé dans tout son bord pupillaire, et présente une teinte jaune cuivré avec une saillie gommeuse très marquée dans l'œil droit. Quant à la cornée, elle conserve sa transparence complète dans les deux yeux, jusque vers le 20 octobre. A cette époque, on voit se développer une kératite interstitielle limitée au segment inférieur des deux cornées. Les douleurs périorbitaires, peu marquées jusque là, atteignent une intensité considérable, et sont bientôt accompagnées de larmoiement et de photophobie.

Lorsque nous revoyons la malade dans les premiers jours de novembre, nous trouvons les yeux larmoyants, les paupières supérieures complètement abaissées; les douleurs sont un peu moins fortes qu’au début. La vision est à peu près nulle, c’est à peine si la malade distingue le jour et la nuit. L’injection périkératique est des plus intenses ; au centre de Pinfiltration interstitielle, qui n’a pas gagné en surface, nous apercevons une tache plus opaque, plus grande à droite, simulant parfaitement un abcès dans l'épaisseur du parenchyme cornéen. ; |

La malade est soumise aux frictions mercurielles, tandis qu’on prescrit comme régime interne le sirop de Gibert. Le

A traitement local consiste dans l’instillation de quatre gouttes d’atropine par jour.

Dans les premiers jours de décembre, on substitue au sirop de Gibert l’iodure de potassium, et la duboisine à l’atropine, qui reste sans effet.

Vers le 15 décembre, un mieux sensible s’est produit, l’injection périkératique a un peu diminué; les pupilles sont dilatées. Les dépôts blanchâtres cornéens se résorbent progressivement. Enfin les symptômes, douleur, photophobie, ont à peu près cessé.

Le 30, la résorption des opacités continue; la malade se trouve beaucoup mieux; elle commente à pouvoir distinguer assez nettement les objets.

RÉFLEXIONS

Ces deux dernières observations, que nous avons à dessein réservées pour la fin, nous paraissent concluantes. Nous avons été frappé, en les lisant, des nombreux points de ressemblance qu’elles présentent avec la nôtre. Dans ces deux cas, comme pour notre malade, la lésion cornéenne se développe chez des sujets syphilitiques et dont la syphilis paraît être à la période tertiaire. Celle de M. L..., date de cinq ou six ans, celle de M"° Françoise X..., remonte à onze ans. De plus, l'affection est précédée des mêmes symptômes d’inflammation subaiguë : douleurs périorbitaires, photophobie, injection périkératique; elle se montre avec les mêmes signes objectifs. Chez la malade Françoise X..., c’est une infiltration interstitielle, au milieu de laquelle on aperçoit une tache plus opaque, simulant parfaitement un abcès, et, circonstance importante, l'affection coïncide avec l'existence

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