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Le terme de syphilis congénitale, qui est très employé, signifie simplement que l'enfant naît couvert de manifestations syphilitiques, mais n’exprime pas le moment précis de l'infection. Cette dénomination a été différemment interprétée ; Boeck de Christiania s’en sert lorsque l'infection vient de la mère qui devient syphilitique pendant la grossesse. Une pareille réserve est faite par le professeur Fournier, qui fait une distinction entre la svphilis héréditaire et la syphilis postconceptionnelle, qui suppose au préalable l'infection du placenta. Ainsi, à ce propos, M. Fournier s'exprime en ces termes : « Elle ne saurait être considérée comme d'ordre héréditaire, la syphilis qui peut être transmise au fœtus postérieurement à la procréation. » |
C'est le cas où la mère a été infectée pendant la grossesse. Cette infection peut se transmettre au produit de la conception par la voie placentaire. Exemple :
« Voici une femme enceinte et saine. Au cours de sa grossesse, elle contracte la syphilis et la transmet à son enfant. La svphilis de cel enfant ne sera pas une syphilis héréditaire. Pourquoi? Parce que la mère de cet enfant n’était pas en état de syphilis au moment même de la fécondation. » (Fournier.)
Cette contamination intra-utérine du fœlus constitue la syplailis héréditaire secondaire de Balzer, ou hérédo-contagion par infeçtion in utero, de Doyon et Besnier. La syphilis transmise ainsi au fœtus est une vraie infection congénitale. Il ne faut pas croire que cette transmission aura lieu dans tous les cas. Plus la contamination de la mère se sera produite à une date avancée de la grossesse et plus les chances seront grandes de la non-infection du fœtus.
Nous avons vu, par sa définition même, que Parrot repousse celte distinction entre la syphilis héréditaire proprement dite et la syphilis post-conceptionnelle. Pour lui, cette différence que
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fait Boeck et avec ce dernier, beaucoup d'auteurs modernes, n'est que théorique, car le plus souvent le processus pathologique est le même dans les deux cas, et il est presque impossible de savoir, en clinique, à quel moment a eu lieu l'infection.
Il nous semble logique d'accepter la doctrine de Bæœck, et nous dirons avee M. Fournier qu'«iln'ya pas d'autre syphilis héréditaire, au sens médical du mot, que la syphilis reçue par l'enfant de parents en état de syphilis au moment même de la fécondation ».
De ce qui précède, il résulte qu'il y a deux principales modalités d’hérédité syphilitique :
1° Celle qui- consisté dans l'infection de l'œuf dès la conception, quand les cellules génératrices de l’un ou de l’autre conjoints sont imprégnées du virus morbide. C'est la syphilis héréditaire proprement dite.
2° Celle qui consiste dans l'infection de l’œuf au cours de la vie intra-utérine. C'est la syphilis post-conceptionnelle, syphilis héréditaire secondaire de Balzer ; c'est en somme la syphilis congénitale.
Il y a trois grandes étapes dans le développement de la syphilis héréditaire :
a) La première comprend toute la vie intra-utérine ; c’est la syphilis héréditaire fœtale.
b) La seconde embrasse les deux premières années après la naissance ; c’est la syphilis héréditaire précoce, celle qui fait l’objet de notre travail et que nous allons préciser plus spécialement.
c) La troisième étape s'étend de la deuxième année à la puberté et au-delà ; c'est la syphilis héréditaire tardive, qui se
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TS manifeste par l'ensemble des stigmates hérédo-syphihtiques, si bien décrits par Hutchinson (1), Parrot et Fournier. Pour sa part, la syphilis congénitale comprend les deux
termes suivants :
a ) SYPHILIS CONGÉNITALE EMBRYONNAIRE, qui consiste dans l’infection in utero de l'embryon dès les premiers moments de la grossesse. L'infection vient directement du père et le produit de la conception est généralement tué avant d'arriver à Ha via-
bilité.
b) SYPHILIS CONGÉNITALE FOETALE. — C'est la transmission de la syphilis maternelle à l’enfant par contagion utéro-placentaire, entre la viabilité du fœtus et le terme normal de la
grossesse.
Nous empruntons le tableau suivant à M. Comby sur la
nature de la syphilis héréditaire, avec quelques légères modifications pour donner un résumé rapide de l’étude qui vient
d’être exposée.
Résumé sur la nature de la syphilis héréditaire
D'après M. ComBy
D Son ne le a) Syphilis embryonnaire
pee b) Syphilis fœtale.
Le MS EN M Le NN FR a) Syphilis héréditaire fœtale ÿ 2° Syphilis A A b) Syphilis qu précoce . proprem FLE bn Le c) Syphilis — tardive
(1) Hutchinson. In the different forms of inflammation of the eye consequent on inberited syphilis.
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À quel âge apparaissent, chez les enfants, les accidents de la syphilis héréditaire précoce ? C’est une question qui s'impose de prime-abord en envisageant cette étude. Voici ce que nons apprennent les statistiques des divers auteurs. Encore en 1785, Doublet (1) avait admis que dans l'immense majorité des cas, la syphilis débute dans les trois premiers mois de la vie. Pour Mahon (2), les accidents syphilitiques ne pouvaient apparaître qu'au cinquième mois. Trousseau et Lasègue indiquent pour limite extrême le septième mois, et Trousseau ne Craignait pas de considérer : « de douteuse authenticité des faits qui échappent à la règle (3) ». Pour Cullerier (4), les manifestations syphilitiques apparaissent le plus tard vers la fin de la première année. Parrot admet l’âge de deux ans, comme limite extrême du début de ces accidents.
Sur 249 cas de syphilis héréditaire, Roger note 32 malades seulement où la limite du troisième mois fut dépassée. La limite extrême a été une fois seize mois et une seule fois deux ans... D'où cette conclusion que, si le médecin n’a point de renseignements sur la source où la syphilis a été puisée, ou s’il doute de l'authenticité de ces renseignements, il pourra, s'en rapportant au caleul des probabilités, décider que la syphilis infantile est héréditaire ou acquise, suivant qu'elle se
(1) Doublet. — Maladie syphilitique chez les nouveau-nés (Journ. de médecine, de chirurgie et de pharmacie, 1785, t. LXIIT).
(2) P.-A.-0. Mahon. — Recherches importantes sur l'existence, la nature et la communication des maladies syphilitiques dans les femmes enceintes, dans les enfants nouveau-nés et dans les nourrices. Paris, 1802.
(3) A. Trousseau. — Clinique médicale de l’Hôtel-Dieu de Paris, 3° édition. Paris, 1868, t. IIT, p. 298.
(4) Bull. de la Société de chirurgie de Paris, 1853-1854, €. IV, p.571.
sera manifesiée avant ou après le troisième mois de la vie (1) ». La statistique du docteur Simas, de Lisbonne, qui vise 216 cas de syphilis héréditaire, est encore plus éloquente :
Dans 27 cas, les accidents ont apparu le 1* mois
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Pour Kassowitz, «la première éruption syphilitique de l’enfant apparaît presque exclusivement dans le cours des trois premiers mois ; sous ce rapport on à 55 °/, pour le premier mois, 32 °/, pour le second, et 15 °/, pour le troisième » (2).
(1) H. Roger. — Etude elinique sur la syphilis infantile. Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paris, 1864, p. 18. (2) Kassowitz. — Die Vererbung der syphilis. Wien, 1876.