HISTORIQUE
Syphilis primaire.
Avant d'examiner la question de la syphilis du col utérin, il convient de jeter un coup d'œil rapide sur le passé et de noter la succession des recherches antérieures. Elles sont très nombreuses : un aperçu chronologique figure, déjà dans les thèses de Schwartz (1873) et de Passenaud (1904. Aussi rappellerons-nous simplement pour mémoire la série des publications inaugurée par Ricord avec ses Mémoires sur quelques faits d’ulcérations vénériennes observées à l'hôpital de Lourcine (1833) ; celles de Gosselin (1843), Bernutz (1855), Sigmund (1863), datant toutes d’une époque où la confusion régnait dans la description des chancres. Alphonse Guérin, en 1864, puis Rollet (1866), D::près. (1870), Courty (1872) semblent s’être montrés plus soucieux d'identifier le chancre induré en le distinguant du chancre mou, mais il faut en arriver à Fournier (1873), pour trouver une première description qui ne laisse plus de doute au sujet de la nature des lésions observées, Son Traité de la Syphilis de la femme, ainsi que la thèse de son élève Schwartz (1873) s'imposent par la richesse de l’observation et le souci de l’exactitude scientifique.
Dès lors, les lésions syphilitiques de l’utérus ayant leur place bien définie dans le cadre nosologique, on s'ata.h à étudier leur fréquence. Klink (1878), Rasumow (1880), Mrazech (1881), Neumann (1896) publient, à cet égard, des,
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statistiques variables, jointes à des études auxquelles nous aurons l’occasion de nous reporter dans la suite.
Mais l'intérêt suscité par l’étude de ces lésions ne se cantonne pas dans les milieux dermathologiques. Les accoucheurs envisagent les conséquences pathologiques de la syphilis primaire utérine au point de vue obstétrical. Blandin (1901), Brindeau (1902), Rudeaux (1904), les thèses de Le Bigot (1899) et de Férouelle (1902) apportent des observations instructives à cet égard.
En 1904, un article de Thibierge et la thèse de Passenaud complètent la description du chancre syvphilitique du col utérin en signalant à côté de la forme classique, papuie-érosive, une forme ulcéreuse dont l'aspect morphologique peut en imposer pour un chancre du col. Justement, Fannée précédente, MM. Rostaine et Druelle, avaient publié deux cas d’ablation de chancres syphilitiques, pris pour des tumeurs malignes.
A la même époque, Rille, étonne le monde médical par sa statistique personnelle de 160 chancres du col observés daus l’espace de 5 ans. Cette publication va-t-elle modifier les opinions anciennes et faire admettre la fréquence beaucoup plus grande du chancre utérin ? Non. C’est ainsi que quelques années plus tard, en 1913, Zomakion n’accuse, sur une importante statistique de 8.500 chancres svphilitiques, que 2 localisations sur le col.
Dans l'intervalle, en dehors de l'Atlas d’'Oppenheim (1908), riche de 12 planches en couleurs et de nombreuses observations, on ne trouve dans la littérature médicale que des observations isolées, que nous avons pu réunir presque au complet. L’Italien Ungaro (1908) en a publié 3 cas intéressants, mais en attribuant à ses compatriotes le princi-
pal rôle dans la mise au point de nos connaissances au sujet de la syphilis utérine, il semble plus soucieux du presüge national que de exactitude historique. Nous citons les autres auteurs suivant un ordre chronologique : Moraller (1908); Ivens (1908); Skutul (1911) auteur d’une importante
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slatistique ; Ozenne et Durœux (1912); Gaucher et Giroux * (1913) ; Zomakion (1913) ; Shillitoé (1914) ; Wile st Senear (1915). Toutes les observation publiées par eux figurent à la fin de ce travail.
En 1916, à la Société Américaine de Gynécologie, Gel- Ihogn et Ehrenfest produisent un rapport très documenté sur «La Syphilis des organes génitaux internes de la femme », qui constitue le travail de synthèse le plus intéressant publié jusqu’à ce jour sur la question.
Enfin, plus près de nous, il importe de mentionner le livre d'Ozenne sur la Syphilis de l'Utérus et de ses Annexes (1920) ; une observation de Belgodère (1921) sur un cas de chancre intracervical ; une autre de Lautuéjoul (1921) qui rapporte un cas de dystocie dû à la présence d’un chancre sur le col utérin d’une femme enceinte ; enfin des articles allemands de Liegner, Mever, Dora Fuchs (1921) qui tous,. semblent destinés à mettre en relief la fréquence de la syphilis utérine,
Suphilis secondaire. “MD
Au sujet de la syphilis secondaire, la littérature médicale est beaucoup plus discrète ; il semble que la pre- ‘mière mention en ait été faite par Dupareque dans son Traité des maladies de la matrice (1836) où il cite quelques cas d’ulcérations secondaires étendues, simulant un cancer.
En 1860, Aran décrit les plaques muqueuses du col utérin comme des condylomes violacés disséminés au pourtour de l’orifice.
Nous retrouvons ensuite les mêmes noms que dans l'histoire de la Syphilis primaire : Fournier, dans ses Lecons sur la syphilis de la femme (1873) et dans son Traité (1896) décrit avec sa maîtrise habituelle les trois formes de lésions secondaires qu’on rencontre ordinairement sur lc col : exosions, papules et ulcérations. Cette classification est encore adoptée aujourd’hui.
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En 1877, le D' de Fourcauld décrit dans sa thèse une forme hypertrophique exulcérative, analogue à l’hypertrophie secondaire des amygdales, qui nous semble en réalité assez peu commune, Quatre ans plus tard paraît une autre thèse de Fouquier sur la syphilis secondaire de l'utérus.
De Luca, en 1889, publie une des rares statistiques de fréquence qu’on trouve dans la littérature. =
Plus près de nous, on peut citer des observations de Gaucher (1904), Ozenne (1905), Guillemot (1907), Pinkus (1906), l’atlas d’'Oppenheim qui renferme à côté de nombreuses planches une description détaillée des lésions ; son souci de classification minutieuse s’y manifeste et nous y trouvons les papules divisées en variétés lenticulaire non érodée, lenticulaire érodée, hypertrophique diphtéroïde et hypertrophique ulcérée!
En 1916, le rapport de Gellhorn et Ehreufest, déjà cité, apporte 8 observations nouvelles. Enfin avec les articles de Norris (1916), de Gellhorn (1918) et le traité d’Ozenne sur la Syphilis de l’'Utérus et ses annexes (1920), s'achève la liste peu importante des travaux consacrés à la syphilis secondaire du col.
Etant donnée la valeur des publications antérieures et l'autorité de ceux qui se sont occupés de la question avant nous, une prétention à la nouveauté ne saurait être admise de notre part. Aussi n’avons-nous pas enfermé notre modeste travail dans le cadre étroit d’une description trop souvent reprise. Le livre de Fournier restera toujours à ce point de vue le modèle du genre et nous n’aurions pu mieux faire que de le copier fidèlement.
Grâce à l’obligeance de M. le Professeur Petges, auquel nous tenons à exprimer notre vive reconnaissance, nous avons pu réunir dans son service de l’hôpital Saint-Jean les éléments d’une statistique importante et étudier la fréquence de la syphilis primaire et secondaire de l'utérus. La plupart des travaux analogues remontent en effet à une