OBSERVATION V
(SERGENT, ImBERT, Pior, Presse médicale du 21 avril 1934.)
X..., âgé de 42 ans, vient consulter, le 10 août 1933. le Professeur Sergent, sur le conseil du Docteur Piot. Il ne se souvient pas d'avoir eu une maladie quelconque. Aviateur dans l'armée russe pendant la guerre, il à fait plusieurs chutes, mais aucune d'elles n'a provoqué de lésions thoraciques ni pulmonaires. Ayant quitté
la Russie au début de la Révolution, il est venu en France et a
se
exercé la profession de chauffeur de taxi; il s’est livré à des excès de boisson; il a changé de métier et a pris un emploi sédentaire.
Depuis deux mois, il éprouve une sensation de fatigue générale et a maigri. Son aspect général reste bon cependant, il conserve un bon appétit et n’a pas de troubles digestifs, il n’a pas de fièvre.
Il est grand fumeur et depuis longtemps à un catarrhe trachéobronchique banal.
Son état de fatigue s’accentuant, ainsi que son amaigrissement, il consulte, il y a un mois, un médecin, qui constate des signes de bronchite et conseille de faire un examen radiologique du thorax avec radiographie.
Le Docteur Piot constate à la base droite la présence d’une image arrondie, des dimensions d’une mandarine, qui évoque l’idée d’un kyste hydatique ou d’une tumeur cancéreuse. Le Docteur Piot conseille de faire l’examen des crachats et l'examen du sang.
L'examen des crachats ne montre pas de B. K. L'examen du sang ne montre pas d’éosinophilie, La réaction de Weinberg-Parvu est négative, mais les réactions de B.-W. et de Hecht sont fortement positives.
C'est dans ces conditions que le Professeur Sergent est appelé à examiner le malade; celui-ci quelques jours auparavant, avait consulté un autre médecin, qui avait porté le diagnostic de cancer primitif du poumon.
Malgré l’absence d’antécédents et de stigmates très apparents de syphilis — si ce n’est une paresse du réflexe pupillaire d'accommodation à la lumière — la présomption d’une gomme pulmonaire s'impose; l’image radiologique arrondie rappelle celle des observations recueillies avec Benda. L'accentuation des arborescences bronchiques et l'épaississement des parois bronchiques, nettement visibles dans les régions para-hilaires sur les bronches saisies par les rayons dans le sens de leur axe correspondent à la bronchite syphilitique tertiaire isolée ou associée à la présence de gommes, ainsi que nous l'avons vu avec Benda.
Pour ces raisons, le Professeur Sergent conseille d’instituer le
traitement d’épreuve; il preserit une injection intraveineuse de cya-